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3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 07:58
REPORT CLASSE OUVERTE DU 3 DÉCEMBRE

Pour des raisons d'organisation et de disponibilité ( les répétitions de "Montreuil/Blanc Mesnil sur monde" sont dans la dernière ligne droite! cf flyer ), nous reportons la classe ouverte prévue le 3/12 au 10 décembre.

L'ordre du jour en revanche lui ne change pas : nous vous proposons ce soir-là de venir en ayant relu les comptes-rendus des 9 dernières classes, de manière à tirer ensemble les fils de ce qui a été exploré ces derniers mois. A l'issue de la soirée, 3 ou 4 participants proposeront de prendre en charge la séance du 17 décembre.

La séance du 10 sera aussi l'occasion de définir les règles de fonctionnement et le cadre de nos travaux pendant les 3 jours de fin décembre

En ce qui concerne ces 3 jours, suite aux demandes exprimées nous vous proposons les horaires de travail suivants :

Mercredi 19 : 10h- 19h
Jeudi 20 : 10h - 19h
Vendredi 21 : 14h- 23h
MONTREUIL BLANC-MESNIL SUR MONDE

La Compagnie Le Cartel

présente

Montreuil/Blanc-Mesnil sur Monde 3


Création - Théâtre et Image
Mise en scène : Philippe Lanton et Evelyne Pelletier
Mise en image : Dominique Aru
Avec les habitants de Montreuil et du Blanc-Mesnil
Durée : 1h15

Au théâtre Berthelot
6, rue Marcelin Berthelot
93100 Montreuil
Métro : Croix de Chavaux


Le Vendredi 7 et le samedi 8 déc à 20h30
Prix des places : plein 10 euros/réduit 8 euros
Réservation : 01 48 89 12 77


«  Tous les arts contribuent au plus grand de tous les arts, l’art de vivre. » Bertolt Brecht.

En cette année 2007, c’est sur les traces du plus grand dramaturge et homme de théâtre allemand du 20ème siècle que nous sommes allés vagabonder : Bertolt Brecht.

B. Brecht engagea le théâtre dans un tournant décisif quant au regard sur le monde qui l’entoure et la position du spectateur qui le regarde. Son théâtre doit nous apprendre quelque chose de ce monde dans lequel nous vivons, à partager du sens critique et le plaisir de penser.  Et ce que nous y découvrons de nous mêmes doit nous aider à mieux vivre et combattre pour nos valeurs et nos convictions.
Nous vous proposerons donc cette année, avec plus d’une vingtaine d’amateurs habitants des villes de  Montreuil et de Blanc Mesnil , une présentation théâtre et vidéo autour de la pièce de Brecht « Celui qui dit oui, celui qui dit non » et un extrait de « L’importance d’être d’accord ».

Avec

Françoise Bernaud, Marie josé Bloncourt, Jeanine Bonnet,Nassira Boukir, Rachid Boukir,Jeanne Brou,  Mireille Carton, Jean Michel Chérel,Eric Delahaye, Pierre Gandhi, Farid Hamaili, Marie José Legrand, Marie Yvonne Longin, Valérie Perrotet, Dominique Philiponska, Arthur Serres, Maude Soubeyrand, Marianne Tribel

Coproduction : Le Cartel et CAP* avec le soutien  : de la ville de Montreuil , du Conseil Général de la Seine Saint-Denis, de la Région Ile de France, de la Direction régionale des affaires culturelles d’Ile de France, du Ministère de la culture et de la communication.
Avec le soutien de et la participation du Forum Culturel du Blanc-Mesnil et du Théâtre Berthelot.
Pour la troisième année, des habitants de Montreuil et du Blanc-Mesnil ont participé à des ateliers théâtre et vidéo .

Compagnie Le Cartel – 52, avenue du Sergent Bobillot 93100 Montreuil

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26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 00:35
(CAP)*                               prononcer « capétoile »

Classes ouvertes 2006-07           lundi 19 novembre 2007
http://capetoile.over-blog.com/

Pilotes

Dominique Aru Olivier Renouf
dominiquearu@club-internet.fr   ol.renouf@free.fr

Participants

Françoise Retel, Philippe Dormoy, François Lepage, Thierry Garry, Millie Deniset, Morgane Lombard, Sophie Cohen.

Chantier « Nous autres »

La grève, le mois de novembre, le travail et la vie des uns et des autres: la fatigue qui en résulte…
Les corps parlent.
Beaucoup appellent en disant qu'ils ne pourront venir (rhume, lumbago, gastro…).
Nous décidons Olivier et moi de maintenir la séance. A Thierry qui arrive le premier, je dis moi-même (Dominique) que j'irais bien bien dîner et boire un coup . Il est d'accord ; si personne ne vient, c'est ce que nous ferons…
Finalement, petit à petit, malgré la pluie qui s'invite, arrivent Philippe, Sophie, Millie, Françoise, François et Morgane… Et c'est bien.
Olivier est retardé à cause de la grève. Il arrivera vers 20 heures 30.

Le retour sur la séance précédente est écourté dans la mesure où Olivier n'est pas là et où deux personnes seulement, présentes le soir, y avaient participé (Françoise et Philippe).
Françoise dit qu'elle s'est ennuyée dans le parcours répétitif qu'elle faisait. Elle ajoute que quand Bernard, qui avait un cœur à offrir, l'a choisie et l'a emmenée derrière l'écran, elle ne s'attendait pas à être filmée. Elle était gênée par ce qu'elle imaginait qu'il regardait et filmait d'elle (ses rides)…
Nous reparlons de l'animalité qui a surgi dans les cellules et de la solitude nourrie par ce qui a précédé.
J'ai apporté la reproduction d'un tableau de Francis Bacon (Un homme nu et son "double" écrivant dans sa chambre).
Philippe évoque la qualité des écrits (rêves dans la chambre)...

Objet de la séance.

Les thèmes du chantier sont Présence et Virtualité (Vivre par procuration), Silence et Bruit, langage et code.
Le groupe et la cellule (transparence et opacité) mais aussi le rêve et l'écriture (présence et virtualité - vivre par procuration).

A partir des observations que nous avons faites au cours de la séance précédente, Olivier et moi proposons de conserver la structure proposée dans la première séance et de prendre le temps de préciser, d'affiner chaque parcours:

Partie 1 – construction plus précise d'un parcours personnel à l'extérieur (la ville) ponctué de la rencontre avec l'autre.
Partie 2 – construction plus précise d'un parcours personnel à l'intérieur (cellule) où il s'agit de vivre avec le souvenir (dans son corps et dans sa tête) de ce qu'il s'est produit à l'extérieur.
 
PARTIE 1:
On commence par une nourriture mentale: lecture de deux extraits de textes: "Espèces d'Espaces" de Georges Perec (Cette fois, la ville et la rue) et "L'arbre" de Jean Parret.
Les participants sont allongés au sol et Dominique lit les extraits afin de convoquer l'imaginaire. Il s'agit, pour chacun, de créer intérieurement un parcours concret, ressenti ( la géographie de ce parcours mais aussi les matières que le corps va rencontrer en le faisant: béton, arbre, vent, le parfum de l'autre, le corps de l'autre…. Et ce qu'elles vont métamorphoser en lui) pour ensuite le dessiner, le réaliser, le vivre avec son corps, dans l'espace.

Olivier arrive à temps pour un échauffement….
Début d'étirements au sol avec une relevée progressive pour retrouver la station debout.
On commence à se déplacer avec la notion de matière dans les mains, prise de volume :de rondeurs dans les bras, on ramasse l'espace on le pousse ,on le presse on le tire, sur tous les niveaux; haut, bas, milieu.
Tout le corps s'engage. On écrit des lignes, trace des directions. On arpente et dessine. Au fur et à mesure chacun va commencer à écrire son parcours imprégné par cette physicalité. Il en ressort des parcours très physiques, chacun transpose dans son corps les qualités des matières dont il veux rendre compte, et du chemin parcouru.
Les parcours se font dans l'espace commun (plateau entier). Chacun est pourtant d'abord dans son monde. Peu à peu, il est demandé aux participants de s'ouvrir, de prendre en compte les autres.
Des rencontres de hasard se produisent.
Quand tout le monde a sa partition spatiale "écrite", vient le temps du rythme, des rebonds à l'intérieur de sa phrase et aussi avec les autres , parfois tout se fige , se suspend et hop deux repartent pour un duo , soit proche ou lointain , il n'y a pas besoin de musique tant l'écoute est sensible, comme une toile qui se tend et se détend.
Ensuite nous faisons la même expérience sous forme de trios deux hommes une femme; deux femmes un homme, trois femmes. Une personne sort et une autre la remplace.
Françoise ne veut pas rentrer sur la piste, mais on la pousse un peu en lui disant de se servir de son état (elle bougonne…) Elle accepte d'y retourner et tout de suite un autre rapport se crée.
Le tout est assez physique demande de l'énergie, nous faisons une pause et commentons ce que l'on vient de traverser.
Les corps sont fatigués. Françoise évoque sa résistance.
La discussion tourne autour de la densité de présence très forte qui existe, sur le fait de garder un état et réussir à le transposer physiquement, à composer avec lui, à le métamorphoser dans la relation aux autres.
Pas de musique, aucune parole.


PARTIE 2

Expérience de la solitude dans sa cellule et expression de l'intime sachant que les murs sont transparents.
Les corps ne se rencontrent plus mais se voient les uns les autres.
Bribes de souvenirs, traces du vécu à l'extérieur (le parcours personnel, les rencontres avec d'autres).
Ecriture physique pour certains et mentale pour les autres (production de textes) dans l'espace restreint de la cellule
Va et vient entre les deux. On peut écrire en se souvenant dans sa tête, en regardant les autres, mais aussi en repassant par le corps et écrire de nouveau.
Cette fois, des mots surgissent…

La séance se termine par la lecture en cercle des textes écrits. Surprise: derrière la page, une fin de note de "Nous autres" que chacun découvre. La coïncidence est troublante









































Cellule, quartier, angle droit. C’est ma place, c’est mon espace à moi, rien qu’à moi.
Condamné.
Enfermé, j’entends les autres, je les sens.
C’est mon espace et je ne peux aller dans le tien.
Pourtant je ne peux être sans toi, coupé de toi, coupé de moi.
Tu vibres, tu respires, tu cries, tu es magnifique.
Condamné que je suis à ne pas te toucher. Te sentir, te ressentir.
Un chant d ‘amour.
Je te sens, je te ressens, tu m’élastiques, tu me malaxes, tu m’étincelles, tu m’éclaires, d’instinct je suis avec toi.

NOTE de Zamiatine écrite au dos :
« 21- Que se passera t’il demain ? Que deviendrai-je demain ? »

Thierry



Un espace qui roule. Boule   Bille   Bulle   Balle   Bol
Air-   chambre à air  
fendue    
          fondue
                      patiner-   sur place ?   
Frémissements et tâtonnements.
Glisser en roulant, fendre l’air et rebondir- 
re   -
Bonds- Rebonds- bondir - et glisser - guidée par le vent, toute respiration dehors.
Emplir, préserver, protéger l’arrondi et faire corps avec les angles.

Tourner et fendre l’air.
                                          Regarder sans être vue.


22- Qu’aurait-ce été si j’avais été de verre, s’il avait pu
voir que dans trois et quatre heures ?..

Sophie Cohen

 
Remarques de fin de séance / rebonds et pistes

Ph . Dormoy  trouve qu'il reste des traces du plan d'ensemble lorsqu'on est dans la cellule et avait envie de dire des fragments de texte comme si l'espace s'écrivait aussi .
Pour Millie, après avoir rencontré les autres dans le grand parcours, elle avait envie de continuer à communiquer avec eux quand elle était dans la cellule
Pour Sophie, c'était important de partir du corps pour écrire et Morgane fait remarquer la grande liberté dans les mouvements pendant les parcours et comment les corps en sont chargés une fois dans la cellule.
Ph dormoy trouve (dans la cellule) plaisant de sentir chacun autonome, d'avoir la sensation de globalité et par moment des regards fortuits chez l'autre (transparences des cellules).


>>>>>> Important >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>
Le chantier du 3 décembre sera consacré à des rebonds et des propositions concrètes faits par les participants afin de tirer les fils qui leur parlent, et proposer des ateliers et des mises en jeu et en espace pour les 10 et 17 décembre

Classes ouvertes / chantier « Nous autres » / rappel de fonctionnement

Depuis le 21 mai 2007, le groupe travaille à partir d’un matériau commun : Nous autres, un roman d’Eugène Zamiatine. Il ne s’agit ni de mettre en scène ni d’adapter ce roman, mais de s’en inspirer très librement pour écrire ensemble une manifestation publique dont nous ne connaissons encore ni la forme ni les disciplines artistiques qu’elle mettra en jeu, mais dont nous savons qu’elle se donnera en juin 2008.
 
Concrètement, chaque lundi sous le regard et l’écoute de deux des membres fondateurs de (CAP)*, auxquels peuvent se joindre sous forme de « rebonds » des participants de la séance, nous proposons d’explorer des thèmes dégagés du roman « Nous autres » en lien avec la problématique du « Bien commun ». L’acte s’empare indifféremment de tous les supports possibles (texte, images, corps, sons, espaces…), sa validité réside dans ce qui le constitue comme fragment potentiel de l’écriture d’un projet commun. Par la captation vidéo, la prise de notes et de photographies et la rédaction systématique de comptes-rendus, une mémoire de l’atelier se constitue, permettant le travail d’analyse et de critique, puis l’élaboration progressive du projet final.

Les prochains rendez-vous >>>>> attention >>>> nouvel horaire >>> 19h30 > 22h30

Prochains rendez-vous le 26 novembre
Puis les 10, 17 décembre pour préparer les trois journées des 19, 20 et 21 décembre (session trimestrielle)

Rappel

Les classes ouvertes sont ouvertes à qui veut. Il suffit d’avoir seize ans révolus et d’adhérer à l’association (20 € par an). Les séances ont lieu dans la salle Lissenko des Studios Albatros, 52 rue du Sergent Bobillot à Montreuil (Métro Croix de Chavaux) et durent 3h : de 19h30 à 22h30.

Les archives des Classes ouvertes sont consultables sur le blog : http://capetoile.over-blog.com/
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19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 01:31
(CAP)*                               prononcer « capétoile »

Classes ouvertes 2006-07           lundi 12 novembre 2007
http://capetoile.over-blog.com/

Pilotes

Dominique Aru Olivier Renouf
dominiquearu@club-internet.fr   ol.renouf@free.fr

Participants

Françoise Retel, Marie-Hélène Gripkoven, Marie Mainardis, Aurélie Miermont, Nil Dinç, Caroline Misbach, Isabelle Rèbre, Bernard Bloch, Philippe Dormoy, Philippe Lanton, François Duconseille, Chloë Houbart, Caroline Misbach, Marie Mezière, Marie-Dominique Dhelsing.

Chantier « Nous autres »

En préambule…Retour, sur la séance précédente et, plus généralement sur les trois lundis pilotés par Bernard et Philippe et qui étaient centrés sur affect/affectation/désaffectation/
triangle trinité,triangulation,souffrance et Représentation.
Françoise a pris du plaisir à être l'élément d'un groupe et regrette qu'on n’arrive pas à maintenir cette appartenance: L'individu reprend le dessus, atomisation.
Marie Mézière précise qu'en tant que spectatrice dans la 2ième séance, elle a trouvé la prise de relais des m.s et actants très forte car on voyait la trace déposée mais le fil était là malgré tout. Elle ajoute que "des choses s'éclairaient du texte de Zamiatine et que ça passait par les corps et non par le mental".
Marie-Dominique a apprécié de vivre le texte avec le corps, d'être dans une proximité avec les autres, de pouvoir faire un travail d'acteur (sans l'être). Elle ressent cette traversée comme une analyse organique du texte et que la mémoire sensorielle en est très forte.
Philippe souligne que c'est "la logique de la sensation" (cf Deleuze sur Bacon).
Isabelle fait remarquer qu'elle arrive dans un groupe déjà constitué.
Françoise rajoute que l'on récolte les six mois de travail précédents.
Nous partageons cette réflexion.
Marie-Hélène raconte de la perturbation qu'a occasionnée pour elle, l'entrée de Bernard dans le jeu: "On ne savait plus s'il fallait faire comme lui ou ne plus rien faire du tout".
Françoise dit qu'elle retrouve le plaisir de la cour d'école (ses sept ans).
Beaucoup d'autres commentaires arrivent (Chloé et la vision que Zamiatine a des femmes…) mais, nous avançons dans la séance.

Objet de la séance.

Cette fois, les grands thèmes du chantier sont Présence et Virtualité (Vivre par procuration), Silence et Bruit, langage et code.
Dominique revient sur les séances précédentes: travail sur le visage, le texte, le corps et ce qui dans ces dernières mais aussi sur celles qui les ont précédées a permis de poser les pistes de travail. Celles-ci sont les suivantes: travail sur les extrêmes: vision d'ensemble (distance) et détail fragment (rapprochement); le groupe et la cellule (transparence et opacité) mais aussi le rêve et l'écriture (présence et virtualité - vivre par procuration).
 
A) Premier temps
- VUE d'ENSEMBLE (extériorité, collectif et espace public, code et langage du corps)
et DETAIL (intimité; présence, complicité, langage - très gros plan) -
Au fond de la salle l'écran avec un espace éclairé derrière

1. Après un échauffement, préparation:
Les yeux fermés, il s'agit de ressentir le poids du corps au sol et de faire des tentatives pour se relever par l'écoute, puis par l'oreille, d'ouvrir le dos et lentement de remonter à la station debout, de sentir l'intérieur du corps, son volume, telle une caméra qui explorerait le paysage intérieur des pieds à la tête, de commencer à transférer le poids d'un pied sur l'autre, d'initier la marche en gardant la sensation interne intacte.

2. Olivier propose à chacun de visualiser un trajet très précis que l'on a l'habitude de faire, de se le répéter pour qu'il s'inscrive dans le corps et de le reporter dans l'espace de la salle.
Tout le monde est  très concentré, au-dedans de soi. Une fois le parcours écrit, les regards peuvent s'ouvrir aux autres, aux croisements, aux rencontres de hasard qui ont lieu aux mêmes endroits ou non. Les rythmes varient et une circulation parfois chaotique ou harmonieuse s'installe. Il est demandé ensuite de faire attention au détail qui nous attire chez l'autre.

3. Dominique distribue à la moitié du groupe des post-it roses en forme de cœur et entraîne ceux qui ont été choisis derrière l'écran pour leur donner une indication: ils devront inviter une personne de leur choix, rencontrée pendant le parcours et retenir un détail qu'ils auront envie de "capturer" via la caméra derrière l'écran.

4.  Sur une musique répétitive s'ensuit un ballet minimal, de regards, arrêts et interrogations pour chercher à signifier à l'autre l'invitation, ballet de séduction, petites danses parfois, glissades, "on trouve la même personne devant sa porte,sur son chemin" Tour à tour les couples disparaissent derrière le rideau (pour l’heure personnelle du détail), en général la musique change on entend le piano de Scriabine.
On ne sait ce qui se passe derrière, quel fragment a été capturé. Les visages au retour sont souriants, décontractés viennent s’asseoir à l’extérieur, les autres continuent leurs parcours et les invitations, jusqu’à épuisement des couples.

B) Deuxième temps
– ECRITURES mentales et corporelles (individu, solitude, souvenir silence, songe - vivre par procuration, bruit)
Six cellules dessinées avec du scotch au sol

1. Tout le groupe revient au centre et s’allonge pour écouter un extrait d’Aldous Huxley "Dieu et moi" et une citation de "La Tempête" de W. Shakespeare "Nous sommes faits de l'étoffe des rêves" "Le meilleur des mondes" d'Aldous Huxley est inspiré par "Nous Autres"
Dominique lit ensuite deux extraits "d'Espèces d’espaces" de G. Perec afin de nourrir l'imaginaire
Dominique demande à chacun de se remémorer avec tous les détails une chambre dans laquelle il a dormi: espace, emplacements des objets, fenêtres, porte etc…
Temps du souvenir.

2. Restent six personnes qui seront dans les cellules à retranscrire dans le corps ce souvenir, Pour ajouter une strate Olivier propose d’ajouter aussi la mémoire des trajets et aussi  de penser à un espace de vie dans lequel on a ses rituels et ses habitudes, un concentré d’un espace plus grand, le microcosme d’un macrocosme.
À chacun de sentir son espace : intériorisé pour certains, espace d’ennui, chambre d’enfance, quelques paroles ou des cris, des appels :« le trois il va se taire »,  violence de l’enfermement parfois, gestes précis ,activités physiques pour d’autres .

Pendant ce temps, les huit autres écrivent leur chambre et sensations sur une page blanche au bas de laquelle est écrite la dernière phrase des notes du texte de « Nous autres », ils peuvent aussi prendre appui sur ce qu’ils voient ou sentent des corps dans les cellules.

Un couvre-lit blanc.
Des longs poils blancs
Des barreaux.Toi dans mon ventre.
Je t’attends. Une tomate rouge avec des poils ras. Comment pourrais-je mourir un jour.
Je me sens immortelle.
Des livres partout sur le lit. Même plus de place pour moi.Je me sens de plus en plus  grosse. La queue en plastique vert pomme de la tomate. Cette nuit je me suis réveillée à 3  heures.
 De la neige sur l’écran  de la télévision. La fin des programmes.
Des barreaux.J’aime pas poser les pieds sur le sol c’est froid. D’ailleurs un  moment je resterai là, je ne bougerai pas .je veux rester là si c’est là nuit. Je me souviens plus de ce qu’il y avait dans la tomate.dès fois même, je mange ici. Il fait  toujours chaud , même quand il fait froid dehors. Le pied tulipe de la télé, J‘aime bien . Mais maintenant c’est l’été. J’ai réussi mon examen. Je vais quand rester allongée jusqu’à ce que tu arrives. C’est le mois d’août,
tu es arrivée tu as faim. Je te donne la tétée

23 Elle souriait légèrement, joyeusement- et moi de même.La terre était ivre, gaie, légère et flottait…

Marie Mezière

Il fait sombre.
Les rais de lumière passent par les volets.
Lignes rassurantes,
Elles dessinent une réalité .
Les barreaux du lit en osier.
Matière chaleureuse.
Elle donne à mon cœur
Un peu de vie.
Le lit est grand je suis petite
Sept ans
Ma sœur dort quelque part
Dans la chambre je ne me souviens
Pas où
Au niveau de ma tête
Le livre d’Ysangrin : un puit de
 Tristesse.
Mon père me le lit chaque soir
J’aime pas.
À c^té du livre un berceau
Construit par mon grand père
Pour mes poupées.
Plus loin la fenêtre et ses volets
Puis une armoire, pour enfants
Pour moi et ma sœur
Y’a pas assez de place.
Je me rendors

15 Les ténèbres se referment sur nous, traversées par une étincelle : j’ai franchi le parapet.

Chloé Houbart

Une grande chambre claire. Une chambre close, on y sort pas elle est trop confortable.
On s’y blottit comme dans le ventre de sa mère, on s’y cache ;
Elle a l’air de nous protéger, mais ce n’est pas vraiment le cas elle est trop grande pour ça et on s’y perd.
Mais il y a qu’à fermer les yeux pour y avoir l’illusion  de sécurité, pour se sentir…
Comment dire une fatigue intense nous gagne, bercé dans ce cocon, seul mais veillé, indépendant et libre, mais forcé d’accomplir les besognes et rituels.
La solitude me gagne dans cette chambre je suis seule,
Seule , pensez vous que ce soit désagréable?
Non je m’y plait, je suis seule, je suis bien et je ne veux pas vous voire, ni vous entendre, je ne veux plus , je suis fatigué, vous m’épuisez , qu’est ce que vous croyez ? je suis bien . je ne veux pas sortir.

4 Non , je n’y suis pas allé- Mais est -ce ma faute, est -ce ma faute si je suis malade ?

Caroline Misbach

Elle est grande. Blanche.Une grande et haute fenêtre. Un rideau blanc qui lasse passer la lumière.Celle du sud de la France. Elle est nue.Un matelas deux places à même le sol.Un planché usé. Une lampe .A même le sol. Des livres. Une valise ouverte. C’est l’été le jour, le chant des cigales.La nuit, le bruit du vent dans les arbres. Du rideau. Je suis allongée.
Je lis ? je fais l’amour ?je dors.
Je suis les murs.Je suis la lumière.Le vent sur ma peau. Le goût du soleil.

17 C’est extraordinaire que l’on ne puisse pas trouver un moyen de guérir cette maladie du rêve ou de la rendre raisonnable et peut-être même utile.

Marie Mainardis


Il était environ 1 heure. Peut-être plus. La lumière de la lune entrait par la fenêtre sans rideaux. La cour était grise. D’un côté l’ouverture de la fenêtre, de l’autre la lumière du réveil. Il marquait 2h30 quand je suis sortie de sous la couette. Je suis allée jusqu’au salon. Maintenant j’avais froid. J’étais nue. J’ai regardé par la fenêtre : à droite une église, en face le néon rouge du bistrot ; sur le balcon, des restes de plantes aromatiques. J’ai cherché quelque chose à lire dans la bibliothèque : j’ai sorti un livre déjà lu, ouvert à la première page, relu la première ligne. J’avais froid. Suis retournée sous la couette. Trop chaud. Avec un pied à l’extérieur, ça allait mieux. Suis restée longtemps sur le dos, les yeux grands ouverts. Ne regardai rien. Une heure ou deux sont passées. Chaud à nouveau. Hors de la couette, trop froid.
J’y retournai.
Je m’allongeai sur le lit et le sommeil vint m’étouffer, pareil à une bête sauvage.

Isabelle Rèbre

Ce lit est trop large, trop froid et un peu humide. J'ai tellement peur dans cette chambre que ,chaque soir, j'appréhende la fin du jour , l'escalier à gravir, la pièce à traverser avant d'arriver dans cette autre qui m'a été attribuée et qui me plait si peu. La chambre est sombre; j'ai beau ouvrir la lumière, j'ai peur. Il faudrait avoir le courage de regarder sous le lit, vérifier que cette chambre ne renferme aucun danger; mais comment avoir ce courage-là ? J'escalade ce lit trop haut, j'essaie de me blottir en pelote comme un chat et puis j'écarquille les yeux pour découvrit le casque de la guerre de 14 de mon oncle , un casque complètement cabossé par un éclat d'obus. Ah non, c'est trop d'angoisse, trop de solitude, trop, trop...Arrêtons ! Arrêtez !... "Un saut brusque vers le haut"...
on finira par arriver au matin !

François Retel

3. Un à un, ceux qui ont écrit le texte vont dans une cellule de leur choix et commence à lire leur « texte -chambre », Interaction ou pas avec les corps, résonance, d’autres arrivent, les textes se croisent, s’emmêlent… Kaléidoscope de chambre.

Fin du deuxième temps
 
Remarques de fin de séance / rebonds et pistes

Nous nous asseyons en cercle. Isabelle s’est sentie écartelée pour faire la jonction entre la phrase de fin de note et son propre songe.
Marie –Hélène pense qu’il y avait trop de consignes; elle n’est pas la seule
Marie-Dominique trouve troublant la différence entre ce qui est décrit et son état, difficulté à être à deux dans la cellule, peut-être plus intéressant à regarder ? Chloé a enrichi son texte parce qu’il y avait le corps dans la cellule qui lui renvoyait d’autres souvenirs
Bernard a remarqué la qualité des textes, et Dominique ajoute que comme pour Perec plus on est précis, concret plus les souvenirs affluent
C’était intéressant pour Isabelle de rentrer dans l’espace de la cellule de l’autre.
Marie-Dominique était plus dans l’écoute que dans le voir comme si les personnes dans les cellules étaient complètement dans leur monde (virtuel ? mais transparent) 
Philippe retient trois phases :
∑ une mise en jeu ludique par la musique, circulations
∑ la chambre : un vide un silence; d’ailleurs il dit ne pas avoir trouvé le songe de sa  chambre
∑ La cellule comme temps différent de la logique interne une animalité dangereuse,laisser venir ce qui surgit.
Bernard avait le sentiment d’être enfermé (ce qui est un peu vrai) d’être prisonnier( mais heureusement sa cellule était la seule à avoir une fenêtre sur l’extérieur)
Pendant le temps du souvenir de la chambre Philippe Dormoy revoyait pleins de chambres, « elle te reviennent toutes et tu dois choisir » l’espace des cellules lui faisait penser à Dogville de Lars van trier
Dominique remarque qu'aucun ne revient sur le premier temps.
Isabelle dit que c’était assez drôle de croiser les mêmes personnes « tu retrouves quelqu’un devant chez toi, sur ton paillason »; qu'elle ne s'attendait pas à trouver une caméra derrière l’écran.
François dit être resté collé à la consigne dans l'extrême (il a choisi le trajet de chez lui au vide-bouteilles et celui des courses au supermarché) au point qu’à la fin il n’avait plus le temps de faire les courses… (rigolades) et dans sa cellule, il est resté allongé tel l’étudiant frappé de mononucléose (rires)
Marie-Dominique, pendant le parcours, ne voyait plus que les détails de l’autre, et dans la cellule c’était plus qu'un état, une sensation parfois complètement différente de la description faite par les autres.

>>>>>> Important >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>
Le chantier du 3 décembre sera consacré à des rebonds et des propositions concrètes faits par les participants afin de tirer les fils qui leur parlent, et proposer des ateliers et des mises en jeu et en espace pour les 10 et 17 décembre

Classes ouvertes / chantier « Nous autres » / rappel de fonctionnement

Depuis le 21 mai 2007, le groupe travaille à partir d’un matériau commun : Nous autres, un roman d’Eugène Zamiatine. Il ne s’agit ni de mettre en scène ni d’adapter ce roman, mais de s’en inspirer très librement pour écrire ensemble une manifestation publique dont nous ne connaissons encore ni la forme ni les disciplines artistiques qu’elle mettra en jeu, mais dont nous savons qu’elle se donnera en juin 2008.
 
Concrètement, chaque lundi sous le regard et l’écoute de deux des membres fondateurs de (CAP)*, auxquels peuvent se joindre sous forme de « rebonds » des participants de la séance, nous proposons d’explorer des thèmes dégagés du roman « Nous autres » en lien avec la problématique du « Bien commun ». L’acte s’empare indifféremment de tous les supports possibles (texte, images, corps, sons, espaces…), sa validité réside dans ce qui le constitue comme fragment potentiel de l’écriture d’un projet commun. Par la captation vidéo, la prise de notes et de photographies et la rédaction systématique de comptes-rendus, une mémoire de l’atelier se constitue, permettant le travail d’analyse et de critique, puis l’élaboration progressive du projet final.

Les prochains rendez-vous >>>>> attention >>>> nouvel horaire >>> 19h30 > 22h30

Prochains rendez-vous les lundis 19, 26 novembre
Puis 10, 17 décembre pour préparer les trois journées des 19, 20 et 21 décembre (session trimestrielle)

Rappel

Les classes ouvertes sont ouvertes à qui veut. Il suffit d’avoir seize ans révolus et d’adhérer à l’association (20 € par an). Les séances ont lieu dans la salle Lissenko des Studios Albatros, 52 rue du Sergent Bobillot à Montreuil (Métro Croix de Chavaux) et durent 3h : de 19h30 à 22h30.

Les archives des Classes ouvertes sont consultables sur le blog : http://capetoile.over-blog.com/
ANNONCE
nous vous signalons un spectacle auquel participe Antoine de La Morinerie

Centre Culturel Gérard Philipe
54, boulevard du Château - 94500 Champigny-sur-Marne

Vendredi 23 novembre à 20 h 30
(scolaires/lycées : jeudi 22 novembre à 10h30 et vendredi 23 novembre à 14h)

« Eclats de vies »

Compagnie de l’Embuscade



Mosaïques de vies, vies en éclats, éclats de rire, rire du pire, un petit quatrain comme un trait d’union entre nos mémoires exaspérées de trop se souvenir.

Création réalisée dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre les violences à l’égard des femmes.



Avec : Virginie Andrieux, Valérie Arbib, M’Mahawa Camara, Antoine de La Morinerie, Zakaria Djebari, Issa Fissirou, Hichem Gentil, Ibrahima Kanamakasy, Thouraya Mahamoud, Nathalie Meunier, Rodrigue N’Kusu-Nesi, Louise Ternois, Karim Touil.
Chorégraphie et mise en scène : Dorine Arbib
Collaboration artistique : Mylène Arbib
Création musicale, percussions / alto : Frédéric André, Antoine de La Morinerie
Technique : Emmanuel Derlon assisté Nordine Cheurfi, Aly Cissé, Daouda Magassa, Moustafa Mohamed, Nabil Sabahi. Conception statues : Frédéric Haton / Costumes : Thouraya Mahamoud
Secrétariat de production : Constance Reygner assistée de Rahiman Abdul, Sarah Amissah.
Informations : Compagnie de l’Embuscade / 01 48 57 18 13 / cie_lembuscade@yahoo.fr

Tarif plein : 7 euros / tarif réduit : 5 euros
Réservations : 01 48 80 96 28

Comment y aller : RER A : direction Boissy-Saint-Léger, arrêt Champigny
Bus 208a direction Place de la Résistance, arrêt Rond point du Château.   
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27 octobre 2007 6 27 /10 /octobre /2007 00:03
(CAP)*                               prononcer « capétoile »

Classes ouvertes 2006-07             lundi 22 octobre 2007
http://capetoile.over-blog.com/

Pilotes

Bernard Bloch, Philippe Lanton. 
mails : ber.bloch@club-internet.fr, lecartel@tiscali.fr

Participants

Françoise Retel, Régis Bonvillain, Sophie Cohen, Marie-Hélène Gripkoven, Nil Dinç, Caroline Misbach, Dominique Aru, François Duconseille, Chloë Houbart, Caroline Misbach, Marie Mézière, Marie-Dominique Dhelsing, Paule Uzan, François Lepage, Nicolas Gonzalès.

Chantier « Nous autres »

En préambule…Retour sur la séance précédente :

> Dominique insiste sur la richesse produite par le regard que les participants devaient avoir les uns sur les autres. Comme nous devions tous rentrer dans les traces laissées par ceux qui nous précédaient, nous étions entièrement nourris par les gestes et les sensations des autres. Ce qui nous amenaient à une intense attention à “ l’autre ”, une fois sur le plateau. Il s’agit de reprendre la trace, la sensation de ce que l’autre éprouve.
> Bernard redit la richesse inouïe qu’a produite le fait de se passer le relais de la mise en scène entre Philippe L. et lui. Les deux univers, les deux imaginaires s’enrichissaient l’un l’autre.
> Philippe L. insiste sur l’intérêt présenté par la diversité des pratiques. Acteurs, non acteurs, plasticiens, cinéastes, danseurs…Les pratiques de chacun éclairent celle des autres. On va bien au-delà d’une simple juxtaposition.
> Marie-Hélène dont on loue l’apport “ d’actrice ” dans son interprétation du tremblement désirant de D 503, dit qu’en fait, elle se trouvait exactement en tant qu’ “ actante ” dans la même sensation que celle que devait éprouver D lors de cette première rencontre amoureuse avec I 330. Elle dit avoir redécouvert en étant dirigée, le texte avec la même intensité que quand elle l’a lu seule.
> Sophie était surprise par l’homogénéité, la continuité des cinq interprétations de la note 10. Alors qu’elle était jouée par cinq trios différents et dirigée par deux metteurs en scène, on ne sentait pas de fragmentation. Il est fait référence à quelque chose comme de la métamorphose.    

Objet de la séance.
Philippe et Bernard ont choisi pour cette troisième et dernière séance de leur cycle de travailler sur la note 11 (entre R 13 et D 503), puis sur les notes 13 (entre D et I) et 14 (entre D et O 90). Commence alors un échauffement préparatoire.
L’espace est partagé en deux “ camps ” par une bande de scotch le séparant au milieu dans le sens de la profondeur. Deux groupes de sept et six personnes s’échauffent d’abord individuellement, puis en groupe, sans jamais que les deux groupes ne se mélangent. Il s’agit de trouver la force physique et vocale de chaque groupe, de se préparer au combat contre l’autre groupe. Il est fait référence au Haka des All Blacks (l’équipe de rugby néo-zélandaise), rituel pratiqué avant chaque match. 

Mise en place du premier dispositif proposé.
Premier Dispositif, note 13 :
Bernard lit la note 13 alors que l’échauffement se termine, puis il distribue le texte du dialogue entre D et R de la note 13. Bernard et Philippe désignent dans chacun des groupes un coryphée qui sera chargé de dire le texte et deviennent chacun coach : Bernard du groupe des R, Philippe du groupe des D. Une pièce de Mauricio Kagel (Vox humana) est diffusée dans les baffles. Deux promontoires sont installés en fond de scène pour chacun des camps. C’est de ces promontoires que les Coryphées liront le texte du dialogue entre D et R.
  • Dialogue note 11
  • R : Je compose quelque chose pour votre Intégral.
  •       Vous savez, la vieille légende du paradis, c’est nous, c’est tout à fait actuel. Vous allez voir. Les deux habitants du paradis se virent proposer le choix : le bonheur sans liberté ou la liberté sans bonheur, pas d’autre solution. Ces idiots-là ont choisi la liberté et, naturellement, ils ont soupiré après des chaînes pendant des siècles. Voilà en quoi consistait la misère humaine : on aspirait aux chaînes. Nous venons de trouver la façon de rendre le bonheur au monde…Vous allez voir. Le vieux Dieu et nous, nous sommes à la même table, côte à côte. Oui, nous avons aidé Dieu à vaincre définitivement le diable ; c’est le diable qui avait poussé les hommes à violer la défense divine et à goûter à cette liberté maudite ; c’est lui, le serpent rusé. Mais nous l’avons écrasé d’un petit coup de talon : “ crac ”. Et le paradis est revenu, nous sommes redevenus simples et innocents comme Adam et Eve. Toute cette complication autour du bien et du mal a disparu ; tout est très simple, paradisiaque, enfantin. Le Bienfaiteur, le Cube, la Machine, la Cloche Pneumatique, les Gardiens, tout est bon, tout est grandiose, magnifique, noble, élevé, d’une pureté de cristal. Car cela protège notre contrainte, c’est-à-dire notre bonheur. Les anciens, à notre place, se mettraient à raisonner, à comparer et à se casser la tête : “ Est-ce moral, est-ce immoral… ? ”
  • Un assez long temps
  •       Après-demain…Non : dans deux jours, O aura une petite fiche rose pour vous. Alors, vous continuez comme avant ? Vous voulez qu’elle…
  • D : Mais oui, c’est clair !
  • R : Alors, je vais vous dire ça moi-même, parce qu’elle, voyez-vous, elle est gênée. Je vais vous expliquer. Avec moi, elle se place sur le terrain officiel, elle le fait à cause du billet rose, mais avec vous…Et vous n’êtes même pas venu dire qu’une quatrième s’était introduite dans notre triangle. Qui est-ce ? Dites-le !
  • D : Avez-vous jamais eu l’occasion de goûter à l’alcool ou à la nicotine ?
  • R : Eh bien…À proprement parler, non. Mais je connaissais une femme…
  • D il crie : I !
  • R : Comment… ? Vous êtes aussi avec elle ?
  • D : Quoi “ aussi ” ? Que veut dire cet “ aussi ” ? J’exige…Il s’arrête brusquement, un temps Je vous demande pardon, au nom du Bienfaiteur. Je suis tout à fait malade, je ne dors plus. Je ne comprends pas ce qui m’arrive…
  • R les lèvres ricanantes : Oui, oui, je comprends parfaitement. Je sais tout…pour le moins théoriquement. Au revoir !
  • D resté seul : Pourquoi donc avons-nous vécu si amicalement pendant trois années entières : moi, R et O, pour que maintenant un seul mot sur cette I…J’irai chez R pour lui expliquer que…Un temps Non, je n’irai pas, ni demain, ni après-demain. Je n’irai plus. Je ne peux plus, je ne veux plus voir cet être-là. C’est fini, notre triangle s’est disloqué.

Les deux groupes (l’un incarnant R à cour, l’autre D à jardin) se font face. Ils incarnent chacun la force de leurs personnages respectifs, stimulés par la voix de leur Coryphée. Il y aura trois affrontements. Une ligne sépare les deux groupes. Est-elle infranchissable ? Souvent les guerres commencent sur cette question…
Le texte de ce dialogue est présenté comme étant l’énoncé par R 13 de la Loi Fondamentale de l’Etat Unique (choisir l’égalité au détriment de la liberté) à D 503 qui en plein trouble dû à la découverte du tremblement amoureux pour I 330. 

1er affrontement : Les deux groupes, alors que les deux Coryphées profèrent lentement le texte du dialogue, se rapprochent frontalement des deux côtés de la frontière de leurs camps, puis s’écartent et créent chacun un mouvement collectif singulier influencé par le déroulement du dialogue. Le groupe des D provoque celui des R en faisant devant lui des mouvements très sexualisés.Ce mouvement de rapprochement-éloignement se répète plusieurs fois. Des cris se font jour, accompagnés par la musique de Kagel qui semble tout à fait appropriée à l’univers de Zamiatine.
Pause, au cours de laquelle les deux mes coachent chacun leur groupe (Bernard pour les R et Philippe L. pour les D), pour les préparer à un deuxième affrontement.








2ème affrontement : Changement de Coryphées. Les deux groupes se font face dos au mur. Les R provoquent agressivement les D qui restent immobiles. Les D entament une contre-offensive au moment de la réplique de D “ Avez-vous jamais eu l’occasion de goûter à l’alcool… ” et surtout quand il est question de I et de sa relation passée avec R. Les D tentent d’attraper les R qui résistent. La ligne Maginot est allègrement franchie.Dom, membre des R, est capturée, mais parvient à s’échapper et à rejoindre son camp. Les D font des raids dans le camp adverse et tentent de corrompre les R, puis, ils regagnent leur territoire. Le tout se passe dans un style de plus en plus expressionniste.
Pause. Les deux coachs réunissent leurs troupes.

3ème affrontement : Les coachs y participent. Changement de Coryphées. Les textes sont lus de manière bien plus excessive, presque chantée, les mots étant étirés, martelés, parfois hurlés. Les R mènent l’offensive, provocateurs, drôles, légers, débridés. On pense à des satyres, à des gravures de Jérôme Bosch. Les D sont déstabilisés par ces excès. C’est le camp de la Loi qui exprime paradoxalement sa transgression. Les D contre attaquent. Face à la perversité des R, ils sont portés par la force de leur désir subversif parce que libre. C’est au tour des R d’être déstabilisés. Leur Coryphée est même déchu de son promontoire, les D s’empare de leur socle (le socle de la Loi ?).
Apaisement au moment où D dit qu’il n’ira plus chez R, que “ …le triangle (D-O-R) s’est disloqué ”. Tout le monde se retrouve au sol, cadavres, corps pétrifiés…








Fin des affrontements suivi par un débriefing “ d’après match ” :
> Bernard constate que la théâtralisation du texte de Zamiatine conduit souvent à un style de jeu tirant vers l’expressionnisme. Comme si le combat du bien (le bonheur obligatoire et éternel) et du mal (le tremblement du désir indomptable), qui traverse tous les protagonistes de Nous autres, s’exprimait forcément par un jeu excessif, que ce jeu soit intériorisé ou extériorisé. L’invention en Europe du “ bonheur obligatoire ” et des totalitarismes date finalement, tout comme l’expressionnisme, de la guerre de 14-18 – à ce propos, Philippe L. remarque que la pertinence de la musique de Kagel sur ce texte datant de 1920, n’est pas due au hasard -. Les tentatives de mise en théâtre du texte lui font penser à des films comme Le golem ou M le maudit. Des mises en formes de nos démons, cauchemars et fantasmes.
Bernard évoque aussi une interview d’Elisabeth Roudinesco entendue récemment sur France Culture. Elle évoquait cette obsession triste dans nos sociétés qui consiste à éradiquer à tout prix toutes formes de perversions, de vouloir gérer scientifiquement l’ingérable désir. Elle démontre dans un texte récent que cette obsession, cette traque permanente de la déviance, ne peut que produire, à force de dénier l’indomptabilité du désir, encore plus de perversions et de les rendre bien plus dangereuses.
> Chloé évoque un incident lointain avec un chien qu’elle avait réussi à oublier. Mais, le fait d’entendre parler de façon de plus en plus alarmiste de la moindre morsure, finit par la replonger dans sa phobie.
> Dominique évoque les cantines scolaires où l’on vérifie l’identité des enfants en contrôlant leurs empreintes ! Encore heureux qu’avant un certain âge, les empreintes ne soient pas encore formées et qu’il ait fallu renoncer à ce type de contrôle. À quand les tests ADN à l’entrée des écoles…?
> Marie-Dominique a eu le sentiment, pendant le 3ème affrontement, d’être entraînée dans une sorte de bacchante orgiaque, en tout cas en ce qui concerne le groupe des R.
> Philippe L. dit que les R offraient à ce moment-là une sorte de miroir à ce que traversaient les D.
> Pour Dominique, c’est précisément cette posture d’attente, de sidération des D par rapport au R qui l’a surprise : le Désir sidéré par la Loi !
> Paule, qui avoue n’avoir toujours pas lu Nous autres parle de 1984 et de l’hypocrisie de puissants qui édictent des lois qu’ils enfreignent allègrement.
> Philippe L. évoque Les damnés de Visconti : il y a la Loi et il y a le réel qui inévitablement la contredit.
> Bernard évoque l’ambiance ubuesque dans laquelle nous baignons avec l’importance politique démesurée que prennent des aberrations comme le divorce des Sarkozy, la séparation du couple Hollande-Royal ou, en Pologne justement comme le Père Ubu, la gémellité des frères Kaczinsky…
> Marie-Dominique pense qu’aujourd’hui, les hommes et femmes politiques rêvent d’être - et finissent par prendre - la place des stars d’antan.

Deuxième dispositif : à partir des notes 13 et 14.

“ Remettez-vous chacun dans les camps ”, dit Philippe L. aux participants…

Formation de trois groupes : un groupe de D (constitué de trois hommes), un groupe de I (constitué de 5 femmes) et un groupe de O (constitué de 5 femmes). On distribue les courts extraits dialogués des notes 13 et 14. Bernard lit aux participants la note 13 et Philippe L. la note 14.
  • Dialogue note 13
  • I : Allô ! Vous êtes chez vous ?... Parfait. Attendez-moi au coin de la rue. Nous irons ensuite…vous verrez bien où.
  • D : Vous savez parfaitement que je vais maintenant à mon travail.
  • I : Vous savez parfaitement que vous ferez comme je vous dis.
  • Vingt minutes plus tard, trop tard…
  • I : Je crois vous avoir fait attendre. Dans tous les cas, cela ne fait rien, l’heure est passée pour vous.
  • Un temps doux et long
  • D : Il y a beaucoup de brouillard.
  • I : Tu aimes le brouillard ?
  • D : Je déteste le brouillard…J’en ai peur.
  • I : Donc, tu l’aimes. Tu en as peur parce qu’il est plus fort que toi, tu le détestes parce que tu en as peur et tu l’aimes parce que tu ne peux le soumettre à ta volonté. On ne peut aimer que l’indomptable.
  • Dialogue note 14
  • O : Qu’est-ce que vous avez ?
  • D : Oui, je…je suis malade.
  • O : Vous n’êtes plus comme avant, vous n’êtes plus mien.
  • D doucement, pour lui-même : Tien…je n’ai jamais été
  • O : Je pensais vous rencontrer aujourd’hui à la promenade. J’ai tellement de choses à vous dire.
  • Quelques minutes et une impossibilité de caresse plus tard
  • D à peine audible : Comprenez donc, je ne voulais pas… De toutes mes forces, j’ai…
  • O : Allez-vous en !
Un dispositif se met en place : un triangle à trois sommets, (O, I et D) ; chaque sommet rassemblant plusieurs représentants de ces trois personnages. Les D sont représentés par les trois hommes. Les I et les O par cinq femmes chacun.       
Deux tentatives de mise en scène de ces deux dialogues sont réalisées. L’une par Philippe L., l’autre par Bernard.

- Chez Philippe, le texte de D, de I et de O n’est pris en charge que par un des participants. Les autres membres des trois groupes étant des corps indépendants respectivement de D, de I et de O. Les I, dans la note 13 envahissent l’espace des D. Ceux-ci se sont attachés les uns aux autres comme trois Ulysse attachés au mât d’un anavire pour résister au chant des Sirènes. Les femmes  les encerclent et finissent par les faire tomber, les corps des I recouvrant, s’emmêlant avec ceux des trois D : les hommes D sont enveloppés, mangés par celui des femmes I. Quand on en vient à la note 14, entre D et O, quand D s’avère incapable d’honorer O, incapable d’être sien, c’est de la séparation des corps qu’il s’agit : quand O dit “ Allez-vous en ” à D, ce sont les corps des femmes O qui s’en vont, qui s’explosent. Ensuite, sans paroles, ce sont les deux groupes de femmes (D et I) qui se jaugent, se frôlent, s’observent et se provoquent.

- Bernard propose que chacun des trois groupes ne forme qu’un seul corps. Les corps de chaque groupe ne se décollent jamais. Ils se déplacent ensemble, trois bêtes à 3 (les D) ou 5 têtes (les I et les O). Le texte, en revanche, peut être dit par plusieurs participants dans chaque groupe.

 





Dans ces deux tentatives, plus formelles que les affrontements de la première partie de la soirée, on pense plus à la tragédie grecque qu’à l’expressionnisme allemand ou russe. Les images nous viennent de la mythologie grecque que des brumes d’Europe Centrale. On pense aux hydres aux têtes multiples, au Léviathan, aux Chœurs tragiques, Ulysse et l’Odyssée…

Fin de l’expérimentation théâtrale et fin du cycle Bloch-Lanton.
 
Remarques de fin de séance / rebonds et pistes

> Marie Mézière s’est trouvée enfermée dans la proposition de Bernard : l’hydre à cinq têtes.
> Marie-Dominique pense au contraire que cette contrainte était particulièrement productrice de jeu et de sensations.
> Bernard pense que pour que cette contrainte soit effectivement productive, cela nécessiterait plus de temps de réglage technique, tant sur le plan des corps que des voix.
> Philippe L. constate que seuls les groupes de femmes (D et O) ont formé des hydres à plusieurs têtes. Les trois hommes (groupe D) sont restés indépendants.
> Marie-Dominique remarque que l’intimité est redoublée par la mise en commun des corps et des voix. Que mêmes les contacts D/I et D/O sont plus intenses.
> Philippe L. remarque avec amusement que les sommets du triangle DOI s’éclatent puis fusionnent alternativement qu’ils s’affectent et se désaffectent.
> Chloé nous révèle qu’en Allemagne, en ce moment, on donne dans les lycées des cours de bonheur. On ne connaît hélas pas les contenus de ces cours… !
> Marie Mézière et Bernard parlent du plaisir à relire Nous autres. Ce texte est si riche et si complexe par sa simplicité même, qu’il ne s’imprime pas, qu’il faut relire parfois deux ou trois fois la même note et qu’elle toujours neuve.
> Philippe L. pense qu’avec ce texte, ni le figuratif, ni le narratif ne sont pertinents pour en rendre compte : il faut forcément être dans une logique de la sensation…

Classes ouvertes / chantier « Nous autres » / rappel de fonctionnement

Depuis le 21 mai 2007, le groupe travaille à partir d’un matériau commun : Nous autres, un roman d’Eugène Zamiatine. Il ne s’agit ni de mettre en scène ni d’adapter ce roman, mais de s’en inspirer très librement pour écrire ensemble une manifestation publique dont nous ne connaissons encore ni la forme ni les disciplines artistiques qu’elle mettra en jeu, mais dont nous savons qu’elle se donnera en juin 2008.
 
Concrètement, chaque lundi sous le regard et l’écoute de deux des membres fondateurs de (CAP)*, auxquels peuvent se joindre sous forme de « rebonds » des participants de la séance, nous proposons d’explorer des thèmes dégagés du roman « Nous autres » en lien avec la problématique du « Bien commun ». L’acte s’empare indifféremment de tous les supports possibles (texte, images, corps, sons, espaces…), sa validité réside dans ce qui le constitue comme fragment potentiel de l’écriture d’un projet commun. Par la captation vidéo, la prise de notes et de photographies et la rédaction systématique de comptes-rendus, une mémoire de l’atelier se constitue, permettant le travail d’analyse et de critique, puis l’élaboration progressive du projet final.

Les prochains rendez-vous >>>>> attention >>>> nouvel horaire >>> 19h30 > 22h30

Attention : le chantier Nous autres s’interrompt pendant les vacances de la toussaint.
Prochains rendez-vous les lundis 12, 19, 26 novembre
Puis 10, 17 décembre pour préparer les trois journées des 19, 20 et 21 décembre (session trimestrielle)
A ce propos, il est demandé à tous ceux qui peuvent participer à ces trois journées complètes de préciser les jours où ils pourront être présents ainsi que leur préférence quant aux horaires (10h-18h30 ou 14h-22h30).

Rappel

Les classes ouvertes sont ouvertes à qui veut. Il suffit d’avoir seize ans révolus et d’adhérer à l’association (20 € par an). Les séances ont lieu dans la salle Lissenko des Studios Albatros, 52 rue du Sergent Bobillot à Montreuil (Métro Croix de Chavaux) et durent 3h : de 19h30 à 22h30.

Les archives des Classes ouvertes sont consultables sur le blog : http://capetoile.over-blog.com/

ANNONCES

spectacle

voici un message pour vous convier à la création de la version théâtrale de "Pourquoi pas, pourquoi pas, pourquoi pas, pourquoi pas", jusqu'ici  petite forme jouée dans les bibliothèques et autres lieux.
 

Nous jouerons les vendredi 16 et samedi 17 novembre à 20h30, le dimanche 18 novembre à 17h00 au LOCAL, 18 rue de l'orillon dans le 11ème, métro belleville.

Les tarifs: 10 euros pour les adultes et 5 euros pour les enfants.

tel réservation: 01 46 36 11 89
www.le-local.net

n'hésitez pas  à venir avec vos enfants, petits enfants, neveux, petits neveux,  amis ..et  grands parents!
Bref, c'est du tout public, de 6 à 126 ans.
On sera ravies de vous y voir!

Sophie Cohen




















Exposition

jusqu'au 4 novembre
à l'Espace 1789, 2/4 rue Alexandre Bachelet, Saint-Ouen
tel 0140115023
du lundi au vendredi de 10h à 12h et de 14h à 17h30
samedi et dimanche de 14h30 à 18h

 
DESIRREALITES
artistes contemporains d'Afrique du Sud
 
PIETER BADENHORST, ROGER BALLEN, LIEN BOTHA, WILLIAM KENTRIDGE, MOSHEKWA LANGA, THANDO MAMA, SAM NHLENGETHWA, PENNY SIOPIS, ANDREW TSHABANGU, NONTSIKELELO «LOLO» VELEKO, , SUE WILLIAMSON



























Dans le cadre de la Coupe du Monde de Rugby et de l'accueil des Springboks en Seine-Saint-Denis,
le Conseil général est à l'initiative avec ses partenaires d'une saison culturelle aux couleurs de l'Afrique du Sud et de sa création contemporaine, qui se déploie sur tout le territoire. C'est ainsi que l'association l'Oeil en Cascade a organisé cette exposition de plasticiens sud-africains en partenariat avec le Conseil général, la Ville de Saint-Ouen et l'Espace 1789.
 
commissariat : l'Oeil en Cascade - scénographie : François Duconseille
exposition réalisée avec l'aide du Conseil général de la Seine-Saint-Denis
et avec le concours de la Ville de Saint-Ouen, l'Espace 1789,
l'Institut Français d'Afrique du Sud (IFAS),
la Goodman Gallery (Johannesburg), the Photography Gallery (Cape Town),
Momo Gallery (Johannesburg), Afronova (Johannesburg) et Art and paper Gallery (Johannesburg), Cadrex (Paris), Toros Lab (Paris)

Exposition

notre amie Françoise Retel expose

jusqu'au 20 décembre

NFL 6 rue Beauregard 75002
ouvert en semaine de 10h à 19h, fermé samedi et dimanche






















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18 octobre 2007 4 18 /10 /octobre /2007 01:17
(CAP)*                               prononcer « capétoile »

Classes ouvertes 2006-07             lundi 15 octobre 2007
http://capetoile.over-blog.com/

Pilotes

Bernard Bloch, Philippe Lanton. 
mails : ber.bloch@club-internet.fr, lecartel@tiscali.fr

Participants

Françoise Retel, Régis Bonvillain, Sophie Cohen, Marie-Hélène Gripkoven, Aurélie Miermont, Caroline Misbach , Dominique Aru, Philippe Dormoy, Paule Uzan, Isabelle Rèbre, Morgane Lombard, Olivier Renouf, Marie Mainardis, François Duconseille, Millie Deniret, Marie Mézière, Marie-Dominique Dhelsing.

Chantier « Nous autres »

1) En préambule…(court) retour sur la séance précédente : Les quelques participants qui n’étaient pas là le 8, disent le mal qu’ils ont eu à se représenter ce qui a été traversé par les présents à la lecture du compte rendu. Cela tient à la nature de la séance précédente fondée précisément sur le ressenti de l’intérieur dont il est difficile de rendre compte par la narration, la description. Il s’agissait de vivre des sensations de l’intérieur, d’être les acteurs/actants d’une traversée d’extraits du texte de Zamiatine dans le dispositif préparé par les deux metteurs en scènes et sous leur regard. Plus que des manipulateurs, les metteurs en scènes ont plutôt été ressentis comme des (anges ?) gardiens qui guidaient les actants à partir de leurs propositions.   

2) Echauffement proposé successivement par Philippe Lanton et Bernard Bloch. Les trios de la dernière séance sont recomposés ou, si les présents du 8/10 manquent, d’autres trios sont reconstitués avec les nouveaux participants.
Philippe L. propose un échauffement des corps par des massages, étirements et assouplissements trois par trois ; puis les trios se déplacent conjointement en cherchant  des traces des sensations de la séance du 8 ; les mouvements s’amplifient pour aller vers une danse simultanée des cinq trios de plus en plus ample, de plus en plus rapide. On retrouve quelque chose des sensations de la séance du 8.
Ensuite Bernard prend le relais en amenant chaque groupe à produire des sons, il circule entre les trios comme un chef d’orchestre qui dirige une partition sonore. Après être passés par un niveau sonore élevé, un cri à la fois harmonieux et dyonisiaque, les groupes diminuent progressivement leurs émissions jusqu’au silence. Les sons s’éloignent, les corps s’apaisent, puis se couchent.

3) Pendant que les corps sont allongés au sol :
- Bernard lit à haute voix le début de la note 10 de « Nous autres »
- Philippe L. pose au sol ou sur les corps des feuilles, il s’agit d’un montage de la suite de la note lue 10, le dialogue entre I 330 et D 503 quand I l’invité chez elle pour la première fois. Le dialogue est entrecoupé des réflexions du narrateur qui n’est autre que D 503 racontant « par après » cette première rencontre amoureuse.

Dialogue note 10

D : Est-ce que vraiment, est-ce qu’elle… un temps Voilà… il lui tend un billet rose J’ai reçu ce papier aujourd’hui et je suis venu.
I : Comme vous êtes exact ! Vous pouvez attendre une minute ? Asseyez-vous, j’ai fini à l’instant. Un temps assez long Vous n’êtes tout de même pas allé au Bureau des Gardiens !
D : J’étais…j’étais malade, je n’ai pas pu
I : Oui ? C’est bien ce que j’avais pensé : quelque chose devait vous en empêcher, peu importe quoi.
D narrateur : Elle se leva et s’étira paresseusement. Elle pressa un bouton et les rideaux tombèrent. J’étais séparé du monde, seul à seul avec elle. Elle se trouvait alors quelque part derrière mon dos, près de l’armoire. Son unif bruissait ; puis il tomba. J’écoutais tout. Je me souviens…
Des boutons-pressions firent « clic » sur son cou, sur sa poitrine, plus bas. La soie artificielle bruissait sur ses épaules, sur ses genoux, sur le parquet. Je sentis – j’en étais plus sûr que si je l’avais vu – un pied se poser sur le tas de soie, puis un autre. Le lit allait grincer…
J’entendis la porte de l’armoire, un bruit de couvercle et, ensuite, la soie, la soie…
I : Eh bien, je vous en prie !
Dn : Je me retournai. Elle portait une robe de chambre légère, safran, qui ressemblait à une robe d’autrefois. Mais c’était pire que si elle n’avait rien eu.
I remplissant une petit verre du contenu d’un flacon :  C’est délicieux, en voulez-vous ?
D : Ecoutez, vous savez pourtant que l’Etat Unique est impitoyable pour tous ceux qui s’empoisonnent avec de la nicotine et surtout avec de l’alcool…
I : L’essentiel, c’est que je suis tout à fait tranquille avec vous. Vous êtes tellement gentil ! Je suis sûre qu’il ne vous viendrait pas à l’idée d’aller raconter au Bureau que je bois des liqueurs et fume. Vous serez toujours, ou malade, ou occupé, ou que sais-je encore ? Et puis, vous allez boire avec moi un peu de ce poison enchanteur…
Dn : Elle absorba tout le poison vert qu’elle s’était versé, se leva et fit quelques pas pour s’arrêter derrière mon fauteuil. Le rose de sa peau apparaissait sous sa robe jaune. Je sentis ses bras autour de mon cou, ses lèvres contre les miennes ; elles entrèrent profondément, c’était affreux…Je jure que je ne m’y attendais absolument pas, peut-être parce que…Je ne pouvais décemment pas – je m’en rends très bien compte maintenant. – Je ne pouvais pas désirer…
 J’étais double. Il y avait d’abord ce que j’étais auparavant, D-503, le numéro D-503, et puis, il y en avait un autre…Autrefois, ce dernier ne laissait voir ses pattes velues hors de sa coquille que de temps en temps, mais en ce moment il se montrait tout entier, sa coquille craquait…
D : Où vous êtes-vous procuré ce…ce poison ?
I : Oh, c’est un médecin de mes…
D : De mes… ? De mes quoi ?
Dn : Et l’autre bondit et hurla.
D : Je ne le permets pas ! Je ne veux personne avec moi, je tuerai celui qui..Parce que je suis tout…tout…
Dn : Je vis qu’il la saisissait brutalement de ses pattes velues et déchirait la soie fine qui cachait sa poitrine, dans laquelle il enfonça les dents…
Je me rappelle que j’étais sur le plancher, lui tenant les jambes et lui baisant les genoux. Je la suppliais.
D : Tout de suite…Maintenant…Tout de suite.
Dn : Je vis qu’il était 22h25. Sans lui dire au revoir, ni regarder derrière moi, je me précipitai hors de la chambre.Je courais à toute vitesse et entendais le vent siffler dans mes oreilles. Quand je m’arrêtai sur le seuil de ma maison, il était 22h29.
La nuit me fut une torture
D : La nuit, le numéro doit dormir, c’est aussi obligatoire que de travailler le jour. Ne pas dormir la nuit est un crime…Et malgré tout, je ne pouvais pas.    


- Puis Bernard et Philippe L. installent un canapé et une table basse au centre de l’aire de jeu.
- Les participants lisent d’abord seuls, puis ensemble et à haute voix les dialogues et les narrations de Dn
- Alors qu’un premier trio s’installe dans l’espace de jeu les 4 autres trios se disposent à la périphérie de l’espace et observent attentivement le trio qui est en jeu. Chaque trio est constitué d’une I 330, d’un(e) D 503 et d’un(e) narrateur(rice)

 








- Bernard et Philippe L. mettent en scène successivement chacun des trios. Le texte de la note 10 a été préalablement distribué dans chaque trio. Ils les dirigent pendant dix à vingt minutes chacun. C’est Bernard qui commence. Il parcourt avec le premier trio les premières répliques du texte. Philippe L. le relaie avec un autre trio. Il reprend au début et avance un peu plus loin dans le dialogue en reprenant les traces laissées par la mise en scène de Bernard. Ils se relayent ainsi jusqu’à ce que les cinq trios soient passés et jusqu’à ce que l’intégralité du dialogue ait été mis en scène. Chaque trio remettant ses pas dans ceux du trio précédent : mêmes déplacements, mêmes intentions mais incarnations radicalement autres…. Cela forme une sorte de « cadavre exquis théâtral »
- Avec le dernier trio, la scène est jouée dans son intégralité

Fin du processus expérimental

L’effet produit est assez saisissant. La traversée d’un même texte par quinze (5 fois 3) actants différents (corps et voix) et sous la direction de deux metteurs en scène différents, produit un objet théâtral étonnant, fait de sensations, de styles et de sens multiples. Et pourtant, le fait de se forcer à rebondir sur la proposition du trio et du metteur en scène précédents construit une cohérence riche de l’apport des 17 participants (15 act + 2 mes).


Remarques de fin de séance / rebonds et pistes

> Dominique trouve que ce fut très intéressant de voir comment chacun garde la trace de ce que l’autre  a fait parce que c’est un autre. Elle dit aussi qu’elle a eu envie à certain moment d’un dédoublement des scènes, que les scènes soient jouées simultanément par 3 D, 3 I et 3 Dn par exemple. Elle remarque aussi la complémentarité des regards des deux mes. L’un proposant un travail plus intérieur, l’autre plus extérieur.

> Bernard aurait eu envie, si le temps l’avait permis, que chaque groupe rejoue l’ensemble de la séquence ; cela aurait été une façon de mieux saisir les différences d’interprétation d’une même histoire (de la pure comédie fantasmagorique au tragique)

> Françoise : le sens produit était très différent pour chaque trio, plusieurs vérités s’en dégageaient, mais qui n’étaient pas contradictoires.

> Pour Millie, l’ensemble restait très cohérent

> Philippe L. a été surpris de constater la multiplicité des champs possibles, cela ouvre un gouffre dans la lecture de Zamiatine perçue trop rapidement comme homogène, monolithique, tragique. Le comique, l’humour de ce texte semblant assez absent lors d’une simple lecture.  Il remarque aussi combien le fait de marcher sur les traces de l’autre constituait en fait une contrainte très productive.

> Pour Bernard, ce fut vertigineux de se passer ainsi le relais entre 2 metteurs en scène. De fonder son imagination sur celle de l’autre.

> Dominique note l’approche très différente de chacun d’eux : rapidement, le corps pour l’un, l’intériorité pour l’autre.

> Marie-Dominique note l’intérêt qu’elle trouva à regarder les 2 metteurs en scène agir, la façon dont ils entraient en scène, travaillaient. Elle s’interroge sur la possibilité de « mettre en scène la mise en scène ».

> Bernard met en garde sur la difficulté, voire sur l’impossibilité de mettre en scène la mise en scène. Il est quasiment impossible de préserver la spontanéité de ce travail dès qu’un public non impliqué dans la création est présent… « il faudrait être Kantor », dit quelqu’un. Mais Kantor ne parlait pas !

> Marie-Dominique se demande si un travail de captation (caméra) ne pourrait pas être, là, envisagé

> Philippe Dormoy parle de ce qui lui semble essentiel dans le roman, qui est la façon dont D retrouve le « frémissement du désir » qu’il avait perdu dans cette société sous contrôle. Il se demande si le fait d’aller vers de la mise en scène de ce moment n’est pas perdre l’occasion de faire apparaître ce frémissement. Un temps plus long, moins dirigé aurait peut-être permis l’émergence de cette profondeur. Il lui semble important de ne pas passer au-delà de cela.

> Bernard l’a retrouvé avec le dernier groupe, ce frémissement ; qui est effectivement au centre du secret de ce texte : sa « racine de –1 ». Mais comment montrer au théâtre ce frémissement qui est, par nature, secret ? Sans doute faut-il déplacer la question. C’est un peu ce qui s’est passé, par exemple
    - avec Marie-Hélène (yeux fermés, main droite tremblante),     -
    - avec Régis, Isabelle et Morgane au moment du Fantasme cauchemardesque que procure la naissance du désir de D pour I, et l’alcool + cigarettes proposés par I - qui faisait penser aux extraits de L’heure du loup de Bergman montrés par Isabelle lors d’une séance précédente
    - avec Dominique, quand, jouant le rôle de D 503, elle ne peut s’empêcher d’ingurgiter verres sur verres la liqueur de I 330…

> Mais cela demande du temps, dit Philippe Dormoy, plus de temps, pour accéder au silence, à la profondeur, aux regards, à l’endroit du frémissement

> Dominique l’a trouvé, ce frémissement, par fragments, à différents moments pour chaque trio : il se déplace. Dans les yeux fermés de Marie-Hélène, dans l’addiction à l’alcool de Dominique, dans la lenteur presque ralentie de Marie Mainardis, dans la timidité extrème et burlesque d’Olivier, par exemple…

> Bernard remarque combien cette note 10, par exemple, est faite pour être mise en théâtre

> Philippe Lanton insisite sur le fait que c’est la séance précédente qui a préparé celle-ci, qui l’a rendue possible. Tout comme les deux échauffements du début ont rendu possible la liberté des relations physiques entre les actants. Pour en revenir à la « Logique de la sensation » de Deleuze et Bacon, il constate qu’une mémoire matière s’est constituée à l’intérieur de chaque trio, qui les a amené au delà de l’interprétation.

> Dominique trouve que les groupes (trios + mes) étaient en travail, en écoute et en regard, qu’ils s’appropriaient la scène et en cela n’étaient pas « manipulés »

> Marie Mézière parle de « gardiens » (anges-gardiens ?) pour les metteurs en scène plutôt que de « manipulateurs »

> Marie Mainardis constate qu’après avoir manqué 2 séances, elle retrouve la même sensation que dans le travail sur l’image du 24 septembre

> Bernard remarque et déplore le paradoxe suivant : on va plus loin quand on dépasse l’ego du comédien . La possessivité des acteurs par rapport au rôle qui leur est dévolu est souvent un frein pour dépasser l’interprétation. On obtient plus de richesse de jeu quand on sort du « moi-je » (moi-jeu-joue)

> Philippe Dormoy se dit que cela dépend de la façon dont on conçoit le dispositif de répétition. Le travers étant celui d’une fausse dépossession durant le travail puis d’une attribution autoritaire de rôle (Mnouchkine).

> Philippe Lanton a trouvé les non-acteurs très justes et que, du coup, ils recentraient en un sens les acteurs sur leur propre authenticité

> Philippe Dormoy nomme son désir d’échapper à une posture d’acteur, désir d’être dirigé autrement par les metteurs en scène

> Bernard :  « Qu’on dise quoi ? »

> Philippe D « il y a de la répétition classique, c’est la multiplicité et le duo qui font la différence »

> Morgane évoque son expérience de remplacement d’une actrice, d’une reprise de rôle. Quand on absorbe travail de l’autre, qu’on se laisse envahir par son incarnation et qu’on essaie de la régurgiter.

Fin de la discussion et de la séance

Classes ouvertes / chantier « Nous autres » / rappel de fonctionnement

Depuis le 21 mai 2007, le groupe travaille à partir d’un matériau commun : Nous autres, un roman d’Eugène Zamiatine. Il ne s’agit ni de mettre en scène ni d’adapter ce roman, mais de s’en inspirer très librement pour écrire ensemble une manifestation publique dont nous ne connaissons encore ni la forme ni les disciplines artistiques qu’elle mettra en jeu, mais dont nous savons qu’elle se donnera en juin 2008.
 
Concrètement, chaque lundi sous le regard et l’écoute de deux des membres fondateurs de (CAP)*, auxquels peuvent se joindre sous forme de « rebonds » des participants de la séance, nous proposons d’explorer des thèmes dégagés du roman « Nous autres » en lien avec la problématique du « Bien commun ». L’acte s’empare indifféremment de tous les supports possibles (texte, images, corps, sons, espaces…), sa validité réside dans ce qui le constitue comme fragment potentiel de l’écriture d’un projet commun. Par la captation vidéo, la prise de notes et de photographies et la rédaction systématique de comptes-rendus, une mémoire de l’atelier se constitue, permettant le travail d’analyse et de critique, puis l’élaboration progressive du projet final.

Les prochains rendez-vous >>>>> attention >>>> nouvel horaire >>> 19h30 > 22h30

22 octobre
12, 19, 26 novembre
10, 17 décembre + 19, 20, 21 décembre (session trimestrielle)

Rappel

Les classes ouvertes sont ouvertes à qui veut. Il suffit d’avoir seize ans révolus et d’adhérer à l’association (20 € par an). Les séances ont lieu dans la salle Lissenko des Studios Albatros, 52 rue du Sergent Bobillot à Montreuil (Métro Croix de Chavaux) et durent 3h : de 19h30 à 22h30.

Les archives des Classes ouvertes sont consultables sur le blog : http://capetoile.over-blog.com/

ANNONCES

jusqu'au 4 novembre
à l'Espace 1789, 2/4 rue Alexandre Bachelet, Saint-Ouen
tel 0140115023
du lundi au vendredi de 10h à 12h et de 14h à 17h30
samedi et dimanche de 14h30 à 18h

 
DESIRREALITES
artistes contemporains d'Afrique du Sud
 
PIETER BADENHORST, ROGER BALLEN, LIEN BOTHA, WILLIAM KENTRIDGE, MOSHEKWA LANGA, THANDO MAMA, SAM NHLENGETHWA, PENNY SIOPIS, ANDREW TSHABANGU, NONTSIKELELO «LOLO» VELEKO, , SUE WILLIAMSON



























Dans le cadre de la Coupe du Monde de Rugby et de l'accueil des Springboks en Seine-Saint-Denis,
le Conseil général est à l'initiative avec ses partenaires d'une saison culturelle aux couleurs de l'Afrique du Sud et de sa création contemporaine, qui se déploie sur tout le territoire. C'est ainsi que l'association l'Oeil en Cascade a organisé cette exposition de plasticiens sud-africains en partenariat avec le Conseil général, la Ville de Saint-Ouen et l'Espace 1789.
 
commissariat : l'Oeil en Cascade - scénographie : François Duconseille
exposition réalisée avec l'aide du Conseil général de la Seine-Saint-Denis
et avec le concours de la Ville de Saint-Ouen, l'Espace 1789,
l'Institut Français d'Afrique du Sud (IFAS),
la Goodman Gallery (Johannesburg), the Photography Gallery (Cape Town),
Momo Gallery (Johannesburg), Afronova (Johannesburg) et Art and paper Gallery (Johannesburg), Cadrex (Paris), Toros Lab (Paris)

Nomad
présente du 10 au 21 octobre 2007 
SILENCES
au Théâtre du Lierre 22 rue du chevaleret 75013 Paris.
mercredi, vendredi, samedi 20h30, jeudi 19h30, dim 15h
relâche lundi et mardi, 
réservation : 01 45 86 55 83




























composition musicale, livret : Valérie Joly
mise en scène : Philippe Dormoy
Interprètes :
Landy Andriamboavonjy, Valérie Joly, Francine Romain (voix),
Kaori suzuki (danse).
Scénographie: Yves Collet
Lumières : Laïs Foulc et Gildas Plais
Bande sonore : Laurent Sellier
Régie son : Maxime Fabre
 traduction des landays : André Velter
 poème "au silence va le chant" : Michel Thion

« Silences » tire son inspiration de poésies chantées collectées en Afghanistan (le suicide et le chant, S. B Majrouh, gallimard).
Bouleversée par cette écriture de l’oralité et de la résistance,
Valérie Joly a écrit en forme d’écho un long poème chanté croisant l’épique et le contemporain . Une partition mêlant différentes vocalités, composée pour trois voix de femmes dont les diverses nationalités d’origine ouvrent l’imaginaire de la scène. Un rituel contemporain est inventé ici pour interroger et convoquer les figures masculines afin de recomposer un nouveau lien.
Le chant, vif et rebelle, comme une parole offerte, un dévoilement, devient acte social et sonne comme un éclat de rire .« Silences » n’est pas une plainte, c’est un magnifique chant d’espoir, celui de la bouche qui ne se ferme pas, celui du silence qui parle : paroles de femmes qui s’envolent pour ne pas mourir muettes.

Production et diffusion : NOMAD  01 48 51 71 10
Producteur délégué pour la sonorisation : la Muse en Circuit
Coproductions : Scène nationale de Vandoeuvre les Nancy, Centre André Malraux, La Muse en circuit
Avec le soutien de l’ADAMI et de la SPEDIDAM, la ville de Montreuil, le Grain Théâtre de la Voix.
Création le 30 Novembre 2005 au festival des 38° rugissants (Grenoble-St Egrève)
  

Renseignements
Chargée de diffusion : Laurence Dune
 Tél : 01 43 60 72 05 - Fax : 01 43 60 70 12 - ldune@free.fr
NOMAD
Contact Valérie Joly Tél. 01 48 51 71 10 - val.m.joly@wanadoo.fr
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12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 23:49
(CAP)*                               prononcer « capétoile »

Classes ouvertes 2006-07             lundi 8 octobre 2007
http://capetoile.over-blog.com/

Pilotes

Bernard Bloch, Philippe Lanton. 
mails : ber.bloch@club-internet.fr, lecartel@tiscali.fr

Participants

Françoise Retel, Thierry Gary, Régis Bonvillain, Sophie Cohen, Marie-Hélène Gripkoven, Aurélie Miermont, Nil Dinç, Caroline Misbach , Dominique Aru, Isabelle Rèbre, Olivier Renouf, Philippe Pommier, François Duconseille, Sandra Aliberti, Chloë Houbart, Antoine de la Morinerie, Françoise Gendreau, Millie Deniret, François Sardi, Caroline Misbach, Marie Mézière, Marie-Dominique Dhelsing.

Chantier « Nous autres »

En préambule…Retour sur la séance précédente et, plus généralement sur les trois premiers lundis pilotés par Isabelle et François et qui étaient centrés sur Masque et visage – Transparence et opacité. Nombreux sont les participants qui expriment leur satisfaction à propos de ce travail…

Objet de la séance.
Philippe et Bernard ont choisi pour la première des trois séances, de recentrer la recherche sur le texte même de Zamiatine. Ils vont donc proposer une traversée condensée du premier tiers de Nous autres, les treize premières notes. 
Bernard et Philippe commencent par lire deux pages de « Logique de la Sensation », tirées du livre sur l’œuvre de Francis Bacon commentée par Gilles Deleuze. Ces deux pages, qui s’appuient beaucoup sur une évocation de La recherche… de Proust, s’articulent autour de la mémoire imaginaire, du relation passé - présent et de la figure en littérature et en peinture chez Proust et Bacon. Elles sont extraites du chapitre : Couples/triptyques.

Ce texte de Logique de la Sensation de Gilles Deleuze / Francis Bacon qui évoque les concepts de : Figure, Figures accouplées, Triptyque sont mises en relation avec l’objet de la recherche des trois séances à venir :   Affect/ Affectation/ Désaffection/
                                    Triangle, Trinité, Triangulation
                                    Souffrance et Représentation.

« Il appartient donc à la sensation de passer par différents niveaux, sous l’action de forces. » Gilles Deleuze

Mise en place du dispositif imaginé.

1. Les 21 participants font un échauffement. Marche désordonnée dans l’espace à différentes vitesses, sans s’arrêter, en se frôlant, sans s’attarder sur les visages des autres, en s’attachant à sentir la présence de l’autre plutôt que de la penser. Cette promenade qui fait référence aux Heures personnelles de Zamiatine est, par la suite, perturbée par des chutes et évanouissements des corps sur signal de Philippe.

2. Les 21 se divisent alors en trois vagues de 7, assises sur trois rangées face au plateau. La première est constituée de personnes en shorts et T-shirts ( jambes et bras nus ) : ce sont les CORPUS. La 2eme vague est constituée de SCRIBES. La 3eme vague, de LECTEURS.
Pendant les explications concernant la première vague, données par Philippe, Bernard place au sol sur le plateau les premières phrases des 13 premières notes de Nous autres – une feuille par note. La longueur des extraits choisis variant entre cinq lignes (note 10) et 25 (note 13)

3. Une musique robot ive, techno, répétitive, envahit l’espace sonore. Les Corpus, eux, envahissent le plateau, commençant une ballade solitaire sans but évoquant les heures personnelles de Zamiatine. Les corpus lisent silencieusement les treize notes déposées au sol…Chacun des 7 corpus choisit alors la note qui lui parle le plus et la garde en main tout en continuant la ballade.

4. Musique. Les scribes envahissent à leur tour le plateau. Ils croisent, frôlent, lors d’une nouvelle ballade les corpus, puis finissent chacun par choisir son corpus, formant alors un couple corpus/scribe. Les scribes lisent alors la note choisie par leur corpus, en extraient une phrase qui leur convient et, avec un feutre, l’écrivent sur le corps –jambes, bras, cou- du corpus. Pendant l’écriture sur les corps se crée une relation, un mouvement, souvent une tendre amicalité. L’écriture en mouvement sur le corps du corpus évoque irrésistiblement la caresse/lutte amoureuse qu’évoque Deleuze dans son texte sur Bacon. On a un peu le sentiment que chacun trouve son chat… On pense à la relation entre D 503 et O 90 pendant leur Heure sexuelle du début du roman. 









5. Musique. Les lecteurs  à leur tour envahissent le plateau, croisent successivement les couples ou figures accouplées qui se baladent ( corpus + scribes ). La ballade en duo devient alors petit à petit une danse. Chaque duo a son propre rythme, sa singularité. Les scribes, en côtoyant les duos  en profitent pour essayer d’entendre, de capter la phrase choisie par le scribe qu’il chuchote lors de chaque rencontre avec un lecteur. Les lecteurs peuvent aussi essayer de déchiffrer cette phrase sur le corps des corpus. Ensuite chacun des lecteurs choisit un duo et s’y « intègre. », faisant ainsi évoluer la ballade des heures personnelles des figures accouplées (duos) vers des triptyques (trios.) Une nouvelle ballade s’organise, le lecteur a pu entre temps lire, pour lui tout seul, la note choisie au préalable par le corpus.

6. Le choix des duos par les lecteurs sera long et difficile. Mais une fois ce choix accompli, cette longue séquence donnera des ballades, accouplements, triangulations très singulières et très différentes pour chaque triptyque : travail dans l’espace, portées des corps, travail au sol, trios fragmentés ou au contraire fusionnels, différences rythmiques etc…Le tout donnant une forte impression d’harmonie joyeuse et désordonnée.

7. Musique. Maintenant il s’agit de sonner la fin de la récré, le temps de la singularité est passé, il s’agit de revenir à la Norme, à l’organisation…Sur un signal de Philippe et Bernard – qui jouent ici un peu le rôle de S, l’ange gardien du roman -, les trios sont convoqués à tourner en cercle par ligne de 3 dans l’espace. Sur un claquement de main du S Philippe, chaque lecteur d’un trio lit à haute voix le texte complet de chaque note. Puis, à la fin du texte, les trois membres du trio chutent, s’évanouissent au sol. Dès qu’un trio s’effondre les « autres » se remettent en marche jusqu’à épuisement du stock.
Il est remarquable que, alors que les trios ont chacun trouvé une grâce, une homogénéité dans leur danse, une connivence, la lecture progressive des textes et les écroulements successifs produisent un sentiment d’épuisement, d’écrasement même. Toute cette liberté conquise semble anéantie par la force du texte, par la coercition exercée par les deux S. Une image surgit, celle de trios errant au milieu des cadavres d’une explosion atomique.

8. Musique. Bernard choisit un trio au sol, et l’invite à sortir de la salle avec lui. Les autres trios restent au sol. Une fois dehors, Bernard lira à chaque trio, à tour de rôle, la note 40, ultime note du texte de Zamiatine. Lorsqu’un trio revient dans la salle il s’assoit dans le public et un autre trio sort et ainsi de suite. A chaque fois, le texte est lu dans une intention différente par le S Bernard. Rappelons que la note 40 raconte l’écrasement de la rébellion et la victoire totale sur la dissidence. Elle raconte aussi la camisole chimique, le décervelage dans lequel on a définitivement enfermé l’auteur des notes : D 503 ainsi que tous les numéros récalcitrants. Durant tout ce temps Philippe est devenu un S ( surveillant ) dont l’ombre balaye les corps au sol…Tout est rentré dans l’ordre. Chacun baigne à nouveau dans un bonheur uniforme. Plus rien n’arrive !

Fin du processus expérimental

Remarques de fin de séance / rebonds et pistes

Nous nous asseyons en cercle. Tout le monde semble assez troublé par l’expérience que nous avons tentée. Ni Philippe ni moi n’ont eu la présence d’esprit de prendre des notes. Ce qui fait que le compte rendu des « rebonds » sera très parcellaire.
Dominique est la première à prendre la parole pour dire qu’elle avait trouvé tout cela fort agréable. Ce qui est loin d’être le point de vue de tous. François évoque une traversée cauchemardesque. L’impression d’avoir été forcé de ressentir, d’avoir subi l’injonction : RESSENS ! Peut-être est-ce de l’ambiance du monde parfait, total de Nous autres qu’il parle.
Il y avait en effet quelque chose de l’ordre de la manipulation dans tout cela. Mais il s’agissait une manipulation qui incluait les « manipulateurs » dans la manip, dans l’histoire. « Comme si, petit à petit, sans l’avoir prévu, nous étions effectivement devenus, Philippe et moi, deux S, deux gardiens comme dans le roman » (deux S, ça fait SS, remarque François… !)
Quant à Thierry, il a vécu l’expérience comme une tentative, réussie selon lui, de rendre compte de la substance du roman de Zamiatine.

> Il est fait référence à la grande diversité de ce que proposaient les duos, puis les trios. A leurs singularités. Aucun trio ne ressemblait à un autre et ils avaient tous une très forte personnalité.
> La façon dont les trios étaient sexuellement constitués, même si les différences étaient très sensibles pour les spectateurs, n’enlevait rien à la force d’évocation de chacun des trios.
> Plusieurs d’entre nous évoquent le grand plaisir ressenti aussi bien pour le corpus que pour le scribe, au moment de l’écriture de la phrase choisie, sur le corps. Sensualité, danse amoureuse, chorégraphie de la caresse.
> On regrette ici et là que les différentes phases de l’expérience n’aient pas été plus longues. Il fallait en effet du temps pour que les duos, puis les trios se forment, se ressentent.
> Certains regrettent que la musique ait été trop présente, même si tout le monde convient qu’elle a été essentielle pour la mise en place de l’Humeur commune, du bien commun…
> Puis, une fois les trios formés, ce sentiment assez général que chaque trio oubliait complètement les autres. Les trios se suffisant à eux-mêmes, personne ne gênait personne, mais personne ne se souciait des autres trios. Tout était complet (total ?) dans chaque triangle. Il y avait pour le coup une affectation/affection parfaite à l’intérieur de chacun des trios. Chaque trio/triptyque évoluant à côté les uns des autres, sans s’affecter mutuellement.
> C’est peut-être au moment où les trios ont été priés de sortir pour subir la lecture de la note 40 que la desaffectation/desaffection a eu lieu. Comme un réveil brutal à la dure réalité totalitaire, comme une chute.
Encore que certains ont vécu la révélation de la note 40 comme la suite logique de ce qui a précédé…

Pour finir enfin, cette proposition de rebond de Chloë :
Le propos de Zamiatine, la sensation du travail de lundi (la manipulation)me donne envie de travailler avec des marionnettes (grandeur nature ou même un peu plus grandes que nous), ou bien nos corps à nous que les uns et les autres manipulent à vue…

Classes ouvertes / chantier « Nous autres » / rappel de fonctionnement

Depuis le 21 mai 2007, le groupe travaille à partir d’un matériau commun : Nous autres, un roman d’Eugène Zamiatine. Il ne s’agit ni de mettre en scène ni d’adapter ce roman, mais de s’en inspirer très librement pour écrire ensemble une manifestation publique dont nous ne connaissons encore ni la forme ni les disciplines artistiques qu’elle mettra en jeu, mais dont nous savons qu’elle se donnera en juin 2008.
 
Concrètement, chaque lundi sous le regard et l’écoute de deux des membres fondateurs de (CAP)*, auxquels peuvent se joindre sous forme de « rebonds » des participants de la séance, nous proposons d’explorer des thèmes dégagés du roman « Nous autres » en lien avec la problématique du « Bien commun ». L’acte s’empare indifféremment de tous les supports possibles (texte, images, corps, sons, espaces…), sa validité réside dans ce qui le constitue comme fragment potentiel de l’écriture d’un projet commun. Par la captation vidéo, la prise de notes et de photographies et la rédaction systématique de comptes-rendus, une mémoire de l’atelier se constitue, permettant le travail d’analyse et de critique, puis l’élaboration progressive du projet final.

Les prochains rendez-vous >>>>> attention >>>> nouvel horaire >>> 19h30 > 22h30

15, 22 octobre
12, 19, 26 novembre
10, 17 décembre + 19, 20, 21 décembre (session trimestrielle)

Rappel

Les classes ouvertes sont ouvertes à qui veut. Il suffit d’avoir seize ans révolus et d’adhérer à l’association (20 € par an). Les séances ont lieu dans la salle Lissenko des Studios Albatros, 52 rue du Sergent Bobillot à Montreuil (Métro Croix de Chavaux) et durent 3h : de 19h30 à 22h30.

Les archives des Classes ouvertes sont consultables sur le blog : http://capetoile.over-blog.com/

ANNONCES

à l'Espace 1789, 2/4 rue Alexandre Bachelet, Saint-Ouen
tel 0140115023
du lundi au vendredi de 10h à 12h et de 14h à 17h30
samedi et dimanche de 14h30 à 18h

 
DESIRREALITES
artistes contemporains d'Afrique du Sud
 
PIETER BADENHORST, ROGER BALLEN, LIEN BOTHA, WILLIAM KENTRIDGE, MOSHEKWA LANGA, THANDO MAMA, SAM NHLENGETHWA, PENNY SIOPIS, ANDREW TSHABANGU, NONTSIKELELO «LOLO» VELEKO, , SUE WILLIAMSON



























Dans le cadre de la Coupe du Monde de Rugby et de l'accueil des Springboks en Seine-Saint-Denis,
le Conseil général est à l'initiative avec ses partenaires d'une saison culturelle
aux couleurs de l'Afrique du Sud et de sa création contemporaine, qui se déploie sur tout le territoire. C'est ainsi que l'association l'Oeil en Cascade a organisé cette exposition de plasticiens sud-africains en partenariat avec le Conseil général, la Ville de Saint-Ouen et l'Espace 1789.
 
commissariat : l'Oeil en Cascade - scénographie : François Duconseille
exposition réalisée avec l'aide du Conseil général de la Seine-Saint-Denis
et avec le concours de la Ville de Saint-Ouen, l'Espace 1789,
l'Institut Français d'Afrique du Sud (IFAS),
la Goodman Gallery (Johannesburg), the Photography Gallery (Cape Town),
Momo Gallery (Johannesburg), Afronova (Johannesburg) et Art and paper Gallery (Johannesburg), Cadrex (Paris), Toros Lab (Paris)

Nomad
présente du 10 au 21 octobre 2007 
SILENCES
au Théâtre du Lierre 22 rue du chevaleret 75013 Paris.
mercredi, vendredi, samedi 20h30, jeudi 19h30, dim 15h
relâche lundi et mardi, 
réservation : 01 45 86 55 83




























composition musicale, livret : Valérie Joly
mise en scène : Philippe Dormoy
Interprètes :
Landy Andriamboavonjy, Valérie Joly, Francine Romain (voix),
Kaori suzuki (danse).
Scénographie: Yves Collet
Lumières : Laïs Foulc et Gildas Plais
Bande sonore : Laurent Sellier
Régie son : Maxime Fabre
 traduction des landays : André Velter
 poème "au silence va le chant" : Michel Thion

« Silences » tire son inspiration de poésies chantées collectées en Afghanistan (le suicide et le chant, S. B Majrouh, gallimard).
Bouleversée par cette écriture de l’oralité et de la résistance,
Valérie Joly a écrit en forme d’écho un long poème chanté croisant l’épique et le contemporain . Une partition mêlant différentes vocalités, composée pour trois voix de femmes dont les diverses nationalités d’origine ouvrent l’imaginaire de la scène. Un rituel contemporain est inventé ici pour interroger et convoquer les figures masculines afin de recomposer un nouveau lien.
Le chant, vif et rebelle, comme une parole offerte, un dévoilement, devient acte social et sonne comme un éclat de rire .« Silences » n’est pas une plainte, c’est un magnifique chant d’espoir, celui de la bouche qui ne se ferme pas, celui du silence qui parle : paroles de femmes qui s’envolent pour ne pas mourir muettes.

Production et diffusion : NOMAD  01 48 51 71 10
Producteur délégué pour la sonorisation : la Muse en Circuit
Coproductions : Scène nationale de Vandoeuvre les Nancy, Centre André Malraux, La Muse en circuit
Avec le soutien de l’ADAMI et de la SPEDIDAM, la ville de Montreuil, le Grain Théâtre de la Voix.
Création le 30 Novembre 2005 au festival des 38° rugissants (Grenoble-St Egrève)
  

Renseignements
Chargée de diffusion : Laurence Dune
 Tél : 01 43 60 72 05 - Fax : 01 43 60 70 12 - ldune@free.fr
NOMAD
Contact Valérie Joly Tél. 01 48 51 71 10 - val.m.joly@wanadoo.fr
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6 octobre 2007 6 06 /10 /octobre /2007 16:06
(CAP)*                               prononcer « capétoile »

Classes ouvertes 2006-07           lundi 1er octobre 2007
http://capetoile.over-blog.com/

Attention pour la prochaine séance du lundi 8 il est demandé d’apporter un short et un maillot

Pilotes

François Duconseille et Isabelle Rèbre
Mails : f.duconseille@cegetel.net, irebre@club-internet.fr

Participants

Karen Ramage, Bernard Bloch, Caroline Misbach, Régis Bonvillain, Marie Hélène Gripekoven, Raphaëlle Gitlis, Maie-Dominique Dhelsing, Morgane Lombard, Antoine de La Morinerie, Nicolas Gonzales, Dominique Aru, Chloé Houbart, Millie Deniset, Marie Mézière, Françoise Gendreau Marbleu, Françoise Retel.

Chantier « Nous autres »

1) tour de table sur la séance précédente
> Françoise M. qui vient depuis 2 lundis dit qu’elle ne comprend pas « où ça va ».Elle ne comprend pas le terme de « bien commun » et encore moins son rapport avec « nous autres » le roman de Zamiatine qu’elle a lu il y a plusieurs années.  Elle a lu quelques comptes rendus, mais elle ne comprend pas. Elle connaît le « mal commun » mais « le bien commun » est une notion totalement inconnue. C’est justement cette notion inconnue que nous explorons et interrogeons depuis plusieurs mois : y a t-il un commun, un nous possible ? il semblerait que par exemple ici le lundi, il y a du « nous ». On lui précise que l’idée est partie de la notion de communisme proposée par Bernard l’année dernière. Antoine précise qu’il faut entendre « bien » non pas en opposition au « mal » mais comme ce que nous possédons tous : par exemple la terre est un « bien commun ». Chacun donne des éléments de réponse. Dominique parle de Zamiatine où le corps des femmes est considéré comme un « bien commun » puisque la société en dispose pour la procréation. Il s’agit bien sûr d’interroger cette notion et non de la défendre, la revendiquer etc... A la question « où nous allons », plusieurs personnes disent qu’elles n’en ont aucune idée et Bernard rajoute que pour lui le « bien commun » est d’abord ce temps que nous nous accordons chaque lundi ensemble, à travailler sans savoir où cela va nous mener, sans obligation de résultat.
Il y a donc bien des définitions possibles du « bien commun » et nous nous arrêtons là pour l’énumération ( pour en savoir d’avantage, voir les réponses dépliées dans les comptes rendus 06/07 autour du laboratoire du « bien commun »).

> Nous reparlons ensuite de la précédente classe. Marie Dominique a aimé la variété dans la production des textes : curieusement les textes  descriptifs produisaient beaucoup d’émotion. La même personne pourrait produire 10 textes sur le même visage. Ce qui est intéressant c’est la variété des regards. A travers cet exercice, on voit le mouvement de la pensée face à un visage/paysage. Ce qui reste d’habitude secret a été partagé, mis en commun.
La question de la position du « regardeur » est à nouveau soulevée : Dominique demande s’il ne faudrait pas donner la possibilité dans les classes de ne pas participer à l’exercice mais se situer en position d’observateur. Plusieurs personnes ( Antoine, Marie Dominique) disent leur désaccord : venir dans les classes c’est jouer le jeu. Bernard pense que nous ne sommes pas assez avancés dans le travail pour construire déjà des regards extérieurs. La question reste ouverte.

2) Chloé propose un échauffement puis on enchaîne sur un moment de « promenade obligatoire » ; la consigne est de s’arrêter face au visage d’un autre et d’essayer de décripter les variations sur le visage de l’autre. Peut-on identifier à quel moment, par quelle modification infime l’autre se construit un « masque » ?

3) François expose le sujet du jour : persona, masque et visage
Il relit un extrait de la note 2 dans Zamiatine : « Le ciel magnifiquement bleu, les minuscules soleils dans chacune de nos plaques, les visages non obscurcis par la démence des pensées, tout semblait fait d'une seule matière lumineuse et souriante ». Dans Zamiatine, le visage est dépourvu d’émotion, c’est un visage totalitaire.
Il propose de travailler sur cette notion de « construction de visage de soi » ; mais d’abord, exploration du terme persona :
Persona est le nom du masque dans la Grèce Antique que portaient les acteurs pour représenter leur personnage et cacher leur visage.
Chez Jung, Persona désigne la façon dont on se construit une personnalité pour la société.
Persona est aussi un film de Bergman : l’idée lui est venue lorsqu’il a été frappé par la ressemblance de deux actrices. Il a construit ce film (assez expérimental) autour d’elles, mettant en scène une relation entre deux femmes dans fusion/confusion. Un plan montre un visage en gros plan composé de la moitié de chaque visage. Dominique raconte que lorsque les comédiennes ont vu ce visage, elles ont chacune reconnu l’autre.
Enfin, persona est un terme marketing : c’est une personne fictive qui représente un groupe cible.

4) L ‘expérience proposée : une cabine de maquillage a été mise en place. A l’intérieur, un ordinateur à l’écran/miroir, muni d’une webcam reliée au vidéo projecteur qui projette l’image sur un grand écran dans l’angle de la salle. Le public est assis de manière à ne pas voir ce qui se passe dans la cabine.


 








La consigne est la suivante : chacun son tour va s’installer dans la cabine et prend de son visage une première photo qui va s’afficher en bas de l’écran, un peu à la manière d’un photomaton. Il se façonne ensuite un « masque social » à l’aide du maquillage, perruques, postiches et autres accessoires mis à sa disposition, ou simplement par l’expression. Grâce au reflet que lui renvoie l’écran/miroir, il se construit progressivement un visage. Ce peut être presque rien ou aller jusqu’au travestissement total. Il prend une deuxième photo une fois ce visage trouvé. Enfin, il procède au démaquillage : il se retrouve face à son visage dégrimé : troisième photo.

Nous nous arrêtons à 22h30 pour les rebonds : tout le monde n’a pas pu passer dans la cabine.



Durant l’expérience Chloé a écrit en voyant les visages se transformer, nous vous livrons ci-dessous en regard des photos de visages ses textes.
 
MARIE DOMINIQUE
Gaspar Hauser
Sylvie Guillerm
Emilie Cohen
Amélie Richardson
Lou Magimel
ConstancePrudente
Affliction Soudaine
Liza Minelli
Edouard Bauer
Prince-Grace Minelli
Luce Pivoine
Benedict Lambert
Amélie Poulain
Victorine Schmurt
Mélanie Belmont












MARIE HELENE
Prunelle Belmont
Greese Ortinia
Françoise Abdique
Luce Rizière
Paquerette Renommée
Aglaée Patouche
Cunégonde Renommée
Marcelle Duchamps
Marie Dunord


















MILLY
Elise A
Victorine De la Motte Grand Genou
Faustine Perdrix
Violette Duchemin
Hugette Parmentier
Paola- Nijinski
Amadeus Mozart
Ludivine Seignier
Grace Kelly
Mistinguette
Amandine Touteseule
Amandine Solastenski
Mika Vostok














BERNARD BLOCH
Bernard Bernard Bloc
Paul Beucher
Grocho
Sylphide
Edouard de la Moulinière
Deus
Arrivée
Béjart
Antonnin Artaud
Capitaine Crochet
Eléonare La Riche
Oncle Sam
Béjart
Béjart
Boris Elstine
Milorevitch
Redinos Advil
Somastin Blaireaux
Pedro Le Crochu
Pierre Le Rustre
Valdimir Nabokov
Querelle de Brest
Anastase
Constant Lemoine-Claudius
Ismael-Ribot
                                   Claude Ribot
                                   Bernard Block
                                   Mémé


MORGANE
Sylvie Testud
Miss Eléonare
Léonard Absent
Gringo
Max Léonard
Emmanuel Tournedos
Paul Ferran
Monsieur Martin
Jack
Edouard Dérailleur
Gringo
Laure Pierredon
Paul Emmanuel
Le Pierre
Le Paul
Francis Cabrel
Claudine Lenontre
Mistinguette
Marie-Hélène








CAROLINE
Lucille
Gros Nez
Edith Piaf
Madame Lenoir
Moraine La Peste
Greta Garbo
Madame Poisson
Madame Chat
Perette O’Lait
Justine Poder
Madame Murmure
Fantaisio Andillon
Nana
Mère Courage
Grease
Madame Marechael
Mademoiselle Zaza
Perdurine Entière
Claudette
Claude Riche
Mère Attente
Lucille Tourisque
M’Zelle Silence
Stéphanie Ardan
Pauline Lemestre
                                   Virgine Ledoyen


ANTOINE
Antoine Shumareur
Pierre Ledoyen
Charlie Chapline
Nicolas Moulineux
Jodorovski
Virgine Ledoyen
Vergès
Le chinotok
Françoise Havrel
Monsieur Longnez
Gérard Depardieu
Antoine
Bernard Block
Gérard Dugenoux
Monsieur De la Moulinière
Monsieur Duchemin
Monsieur Perdu
Jeannette
Bernard Duconseil









FRANCOISE
Millymêtre
Jeanne D’Arc
Marie-Hélène
Mimi Matti
Madame Cat
Grom
Dulestre
Max
Rosa
Rominette
Ursule Jasmin
Fleur d’Antan















Remarques de fin de séance / rebonds et pistes

> Françoise R. est frappée par la beauté des visages « après» maquillage, quel bonheur e retrouver le visage après le grimage.

> Dominique dit que la remarque n’est pas vrai pour tous : certains sont contents de retrouver leur visage ; d’autres sont tristes de quitter le personnage qu’ils ont construits. Elle souligne que le masque n’est pas là où on croit : « la vérité » du visage apparaît par moment, fugacement et ce peut être avec ou sans maquillage. D’où l’intérêt du mouvement.  En tant que spectateur, il n’y a pas un moment d’ennui. Plusieurs personnes remarquent que les photos figent des poses alors qu’il est plus intéressant de saisir le processus de transformation des visages dans le mouvement: Karen se demande si le masque n’est pas précisément dans ces photos posées.

> Marie Dominique n’aime pas ce terme de « masque social », elle ne le trouve pas clair.
Dom évoque « L’inquiétante étrangeté » de Freud.

> Françoise M. évoque la fin de « La recherche du temps perdu » où le narrateur a l’impression que tout le monde a un masque  alors qu’en fait c’est le temps qui a passé.
> Chloé lit une énumération qui lui est venue en voyant les visages : elle nous en lit un extrait (lire ci-dessus)

Point de vue des porteurs de séance

L’idée était de traverser différents états du visage par rapport à cette question du masque (et aussi opacité / transparence). C’est le mouvement, l’ensemble du processus qui se révèle intéressant, plus que les photos. La succession de visages, d’identités, qui est venue à Chloé dans l’écriture ouvre une piste du côté de l’écriture, à la fois dans l’idée du visage multiple déjà évoqué lors de la précédente séance par la pluralité des regards, et aussi l’idée de l’énumération qui évoque aussi une idée de mouvement. Si on utilise ce dispositif plus tard, il est important que l’intérieur de la  cabine ne soit pas « à vue » pour les spectateurs (peut-être même en dehors du plateau ?).

Rebonds et pistes

> multiplier des points de vue différents sur un même visage ( ce qui s’est produit involontairement lors de la séance où 3 personnes ont écrits sur un même visage)

> pousser plus loin ce dispositif mais en travaillant à mettre en lumière le regard du regardeur pour souligner la réciprocité du regard ( Philippe)

> déplacer légèrement le vidéoproj pour conserver l’ombre du corps de l’un sur le visage projeté de l’autre. ( Marie-Dom)

> si on renouvelle le dispositif, comment garder la découverte provoqué par la découverte du texte écrit sur soi ? en écrivant à chaque fois de nouveaux textes

> Thierry souligne l’opposition intéressante entre la vie qui se dégage du visage en gros plan découvrant son portrait énoncé et la marche un peu formelle, très lente du regardeur.

> les visages en gros plans apparaissent comme des masques, séparés du corps. Sensation de ne pas reconnaître les autres que l’ont connaît, comme si leur visage se mettait à exister de façon autonome.(Bernard)

Classes ouvertes / chantier « Nous autres » / rappel de fonctionnement

Depuis le 21 mai 2007, le groupe travaille à partir d’un matériau commun : Nous autres, un roman d’Eugène Zamiatine. Il ne s’agit ni de mettre en scène ni d’adapter ce roman, mais de s’en inspirer très librement pour écrire ensemble une manifestation publique dont nous ne connaissons encore ni la forme ni les disciplines artistiques qu’elle mettra en jeu, mais dont nous savons qu’elle se donnera en juin 2008.
 
Concrètement, chaque lundi sous le regard et l’écoute de deux des membres fondateurs de (CAP)*, auxquels peuvent se joindre sous forme de « rebonds » des participants de la séance, nous proposons d’explorer des thèmes dégagés du roman « Nous autres » en lien avec la problématique du « Bien commun ». L’acte s’empare indifféremment de tous les supports possibles (texte, images, corps, sons, espaces…), sa validité réside dans ce qui le constitue comme fragment potentiel de l’écriture d’un projet commun. Par la captation vidéo, la prise de notes et de photographies et la rédaction systématique de comptes-rendus, une mémoire de l’atelier se constitue, permettant le travail d’analyse et de critique, puis l’élaboration progressive du projet final.

Les prochains rendez-vous >>>>> attention >>>> nouvel horaire >>> 19h30 > 22h30

8 (avec short et maillot), 15, 22 octobre
12, 19, 26 novembre
10, 17 décembre + 19, 20, 21 décembre (session trimestrielle)

Rappel

Les classes ouvertes sont ouvertes à qui veut. Il suffit d’avoir seize ans révolus et d’adhérer à l’association (20 € par an). Les séances ont lieu dans la salle Lissenko des Studios Albatros, 52 rue du Sergent Bobillot à Montreuil (Métro Croix de Chavaux) et durent 3h : de 19h30 à 22h30.

Les archives des Classes ouvertes sont consultables sur le blog : http://capetoile.over-blog.com/

ANNONCES

à l'Espace 1789, 2/4 rue Alexandre Bachelet, Saint-Ouen
tel 0140115023
du lundi au vendredi de 10h à 12h et de 14h à 17h30
samedi et dimanche de 14h30 à 18h

 
DESIRREALITES
artistes contemporains d'Afrique du Sud
 
PIETER BADENHORST, ROGER BALLEN, LIEN BOTHA, WILLIAM KENTRIDGE, MOSHEKWA LANGA, THANDO MAMA, SAM NHLENGETHWA, PENNY SIOPIS, ANDREW TSHABANGU, NONTSIKELELO «LOLO» VELEKO, , SUE WILLIAMSON



























Dans le cadre de la Coupe du Monde de Rugby et de l'accueil des Springboks en Seine-Saint-Denis,
le Conseil général est à l'initiative avec ses partenaires d'une saison culturelle
aux couleurs de l'Afrique du Sud et de sa création contemporaine, qui se déploie sur tout le territoire. C'est ainsi que l'association l'Oeil en Cascade a organisé cette exposition de plasticiens sud-africains en partenariat avec le Conseil général, la Ville de Saint-Ouen et l'Espace 1789.
 
commissariat : l'Oeil en Cascade - scénographie : François Duconseille
exposition réalisée avec l'aide du Conseil général de la Seine-Saint-Denis
et avec le concours de la Ville de Saint-Ouen, l'Espace 1789,
l'Institut Français d'Afrique du Sud (IFAS),
la Goodman Gallery (Johannesburg), the Photography Gallery (Cape Town),
Momo Gallery (Johannesburg), Afronova (Johannesburg) et Art and paper Gallery (Johannesburg), Cadrex (Paris), Toros Lab (Paris)

Nomad
présente du 10 au 21 octobre 2007 
SILENCES
au Théâtre du Lierre 22 rue du chevaleret 75013 Paris.
mercredi, vendredi, samedi 20h30, jeudi 19h30, dim 15h
relâche lundi et mardi, 
réservation : 01 45 86 55 83




























composition musicale, livret : Valérie Joly
mise en scène : Philippe Dormoy
Interprètes :
Landy Andriamboavonjy, Valérie Joly, Francine Romain (voix),
Kaori suzuki (danse).
Scénographie: Yves Collet
Lumières : Laïs Foulc et Gildas Plais
Bande sonore : Laurent Sellier
Régie son : Maxime Fabre
 traduction des landays : André Velter
 poème "au silence va le chant" : Michel Thion

« Silences » tire son inspiration de poésies chantées collectées en Afghanistan (le suicide et le chant, S. B Majrouh, gallimard).
Bouleversée par cette écriture de l’oralité et de la résistance,
Valérie Joly a écrit en forme d’écho un long poème chanté croisant l’épique et le contemporain . Une partition mêlant différentes vocalités, composée pour trois voix de femmes dont les diverses nationalités d’origine ouvrent l’imaginaire de la scène. Un rituel contemporain est inventé ici pour interroger et convoquer les figures masculines afin de recomposer un nouveau lien.
Le chant, vif et rebelle, comme une parole offerte, un dévoilement, devient acte social et sonne comme un éclat de rire .« Silences » n’est pas une plainte, c’est un magnifique chant d’espoir, celui de la bouche qui ne se ferme pas, celui du silence qui parle : paroles de femmes qui s’envolent pour ne pas mourir muettes.

Production et diffusion : NOMAD  01 48 51 71 10
Producteur délégué pour la sonorisation : la Muse en Circuit
Coproductions : Scène nationale de Vandoeuvre les Nancy, Centre André Malraux, La Muse en circuit
Avec le soutien de l’ADAMI et de la SPEDIDAM, la ville de Montreuil, le Grain Théâtre de la Voix.
Création le 30 Novembre 2005 au festival des 38° rugissants (Grenoble-St Egrève)
  

Renseignements
Chargée de diffusion : Laurence Dune
 Tél : 01 43 60 72 05 - Fax : 01 43 60 70 12 - ldune@free.fr
NOMAD
Contact Valérie Joly Tél. 01 48 51 71 10 - val.m.joly@wanadoo.fr
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25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 22:03
(CAP)*                               prononcer « capétoile »

Classes ouvertes 2006-07           lundi 24 septembre 2007
http://capetoile.over-blog.com/

Pilotes

François Duconseille et Isabelle Rèbre
Mails : f.duconseille@cegetel.net, irebre@club-internet.fr

Participants

Françoise Retel, Sophie Cohen, Marie-Hélène Gripekoven, Morgane Lombard, Dominique Aru, Bernard Bloch, Laure Pierredon, Chloé Houbart, Philippe Dormoy, Marie Mézière, Caroline Misbach, Marie Mainardis, Paule Uzan, Antoine de La Morinerie, Thierry Gary, Régis Bonvillain, Marie-Dominique Dhelsing, Philippe Lanton, Cybèle Calvat, Karen Ramage, Sandra Aliberti, Nicolas Gonzales, Millie Deniset

Chantier « Nous autres »

1) tour de table sur la séance précédente
> Chloé trouve que le projet est en train changé que les règles en sont différentes. Elle questionne le caractère collectif de la création. Elle s’est sentie écrasée.

> Marie-Hélène exprime sa difficulté récente dans le projet, qu’elle sent trop précis, mal à l’aise dans un dispositif de jeu, elle qui n’est pas actrice. Elle regrette que les choses soient trop calées à l’avance.

> Thierry intervient pour dire que le cadrage est nécessaire et souhaitable à cette étape, car il y a autant de projets que d’individus. Il l’apprécie par rapport à quelque chose qui “ allait dans tous les sens ” l’année dernière

> Antoine remarque que des éléments de la première séance avaient en partie déjà été travaillés précédemment et qu’il n’y avait pas là un tel bouleversement, pas matière à se sentir oppressé

> Dominique rappelle que la séance du 17 était la première d’un nouveau temps de travail allant vers une présentation publique. Nous sommes à la recherche d’un équilibre.

> Philippe L. dit que ce que nous cherchons à faire est extrêmement difficile, nous allons être confrontés à des vérités multiples et constate que de “ l’en commun ” existe dans ce qui se partage dans les classes ouvertes. C’est pour lui cette expérience du partage des vérités multiples, qu’il n’y a pas une vérité (harmonie ?)  et c’est le cœur de la recherche. Peut-être au bout du compte  serons-nous tous “ frustrés ” de n’avoir pu développer ce que nous pensons être notre propre vérité.

> Marie-Dominique trouve qu’il est essentiel que le point de vue des porteurs de séances soit mis en commun, énoncé pour que chacun se situe dans le cadre du projet. Ils ont la responsabilité du regard, de l’analyse de la séance. Pour elle il n’y a pas d’inquiétude à avoir pour juin, tant la matière explorée est dense et riche.

> Bernard évoque ses découvertes de la séance du 17
        - le sens produit par le passage de la frontalité de la ligne à 4 à une disposition
        plus compacte et plus complexe des personnages (avec circulation de « S » à l’arrière)
        - le sens produit par le décollement du texte de l’acteur (voix off)
        Il continue son intervention en disant que la matière sur laquelle on travaille pour inventer cette             écriture commune c’est « nous ». Que la question alors n’est pas celle de la performance, il nous             faut sortir de la pensée de la performance.

> Morgane dit combien cette séance l’a nourri durant la semaine et que des liens se sont créés notamment par à la vue de documentaires rendant hommage au mime Marceau.

> Paule évoque le « Portrait de Dorian Gray » qu’elle a à l’occasion relu.

> Isabelle lit l’interview imaginaire entre Bergman et Antonioni sur le gros plan de visage. Et évoque au regard de la dernière séance ce qui lui semble une piste intéressante à creuser : le tableau vivant et le travail sur la lenteur

2) lecture de l’entretien entre Emmanuel Lévinas et Nemo sur le visage (in “ Éthique et infinie ”) : pour Lévinas, le visage est lié à l’éthique. Il s’impose à nous comme un “ tu ne tueras point ”.

3) échauffement dirigé par Laure puis reprise de l’exercice de la séance du 17 « marche / aimantation / regards / visages » cette fois-ci sans consigne, laissant chacun prendre le temps de la découverte de l'autre à sa façon

4) reprise de la marche et de l’exercice précédent en demandant aux participants de former des couples. Après la rencontre et l’observation du visage de l’autre, chacun écrit ce qu’il a ressenti de "l'apparition du visage de l'autre", de "la trace que le visage laisse en vous après la rencontre". Ecriture du souvenir, de l’après rencontre.





















6) restitution de ces textes dans le dispositif
- le visage décrit face caméra filmée en gros plan > l'image projetée sur l'écran
- celui qui a vu le visage face spectateur devant l'écran, puis marchant de profil
- texte décrivant le visage à l’écran lu par une voix off
















 

Remarques de fin de séance

> il a été apprécié de prendre le temps d’aller au bout d’une seule question. Dominique dit que l’impression de malaise, de pression vient souvent de ne pas avoir le temps d’aller au bout d’un exercice.

> richesse des points de vue très différents
        - description
        - regard plus pénétrant
        - plusieurs regards sur un même visage

> on remarque que la position du voyeur/spectateur s’estompe au fur et à mesure. La gêne laisse place à autre chose, on découvre un autre rapport au visage

> importance de la découverte du texte en direct par celui qui est regardé. Ce qui transforme un dispositif formel en un moment d’émotion que l’on ne peut reproduire, le film le conserve (un travail de postsynchronisation des textes permettrait d’en faire un documents exploitable)

> Les visages connus se transforment, deviennent comme des masques différents, des paysages dans lesquels on circule. La matière que l’on observe se détache de notre connaissance de ces visages

> Bernard y a vu la galerie de portraits de « Nous autres »

> Le son du texte lu était trop faible, il faudrait qu’il soit amplifié pour être à l’échelle
du gros plan projeté sur l’écran.

> Antoine signale la définition accessible (site gallica de la bnf) du mot « visage » dans le grand Larousse du XIXème à la page 1110 > http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2053661/f1112.chemindefer
il recommande aussi à ceux qui possède le Littré de s’y référer.
Visage – ( vi-za-je -- le vieux français vis, encore conservé dans l’expression vis-à-vis, face à face, tête à tête, représente le latin visus, vue, action de voir, qui, au moyen âge, peut-être sous l’influence de l’allemand gesicht, visage, de sehen, voir, a pris la valeur du latin vultus)…

Point de vue des porteurs de séance

Comme tout le monde l’a souligné à la fin de la séance, ce travail sur le portrait /gros plan dans sa durée et sa multiplicité est une porte possible pour  rentrer dans le sujet de Nous autres. Il fait apparaître une humanité, une diversité qui fonctionne grâce à la variété des visages. et des regards.
Isabelle est restée à cette phrase de Lévinas lu en début de séance où le visage s’impose comme un “  tu ne tueras point ”. Mais comment travailler cela ?  Ce qui est venu aussi du même coup associée à cette phrase, c’est l’image, celle du visage mourant , le gros plan de la Jeanne d’Arc de Dreyer. Peut-être une piste pour le chantier « souffrance et représentation de la souffrance » ?
Le choix du dispositif alliant jeu en direct et image du visage projeté était pour nous une façon de capter l’émotion de la rencontre en 2 individus, comme une expérience scientifique sur du vivant, d’où la contrainte forte, trop forte pour certains. Ce dispositif a, à notre sens, très bien fonctionné et a permis ce travail sur les micros mouvements du visage pris par l’émotion. Nous souhaitions travailler sur cet infime, pari difficile pouvant engendrer des frustrations d’acteurs. Le résultat obtenu nous semble probant et dégage de vraies pistes exploitables (dispositif jeu+images de la séance du 17 et film de la séance du 24)

Rebonds et pistes

> multiplier des points de vue différents sur un même visage ( ce qui s’est produit involontairement lors de la séance où 3 personnes ont écrits sur un même visage)

> pousser plus loin ce dispositif mais en travaillant à mettre en lumière le regard du regardeur pour souligner la réciprocité du regard ( Philippe)

> déplacer légèrement le vidéoproj pour conserver l’ombre du corps de l’un sur le visage projeté de l’autre. ( Marie-Dom)

> si on renouvelle le dispositif, comment garder la découverte provoqué par la découverte du texte écrit sur soi ? en écrivant à chaque fois de nouveaux textes

> Thierry souligne l’opposition intéressante entre la vie qui se dégage du visage en gros plan découvrant son portrait énoncé et la marche un peu formelle, très lente du regardeur.

> les visages en gros plans apparaissent comme des masques, séparés du corps. Sensation de ne pas reconnaître les autres que l’ont connaît, comme si leur visage se mettait à exister de façon autonome.(Bernard)

Classes ouvertes / chantier « Nous autres » / rappel de fonctionnement

Depuis le 21 mai 2007, le groupe travaille à partir d’un matériau commun : Nous autres, un roman d’Eugène Zamiatine. Il ne s’agit ni de mettre en scène ni d’adapter ce roman, mais de s’en inspirer très librement pour écrire ensemble une manifestation publique dont nous ne connaissons encore ni la forme ni les disciplines artistiques qu’elle mettra en jeu, mais dont nous savons qu’elle se donnera en juin 2008.
 
Concrètement, chaque lundi sous le regard et l’écoute de deux des membres fondateurs de (CAP)*, auxquels peuvent se joindre sous forme de « rebonds » des participants de la séance, nous proposons d’explorer des thèmes dégagés du roman « Nous autres » en lien avec la problématique du « Bien commun ». L’acte s’empare indifféremment de tous les supports possibles (texte, images, corps, sons, espaces…), sa validité réside dans ce qui le constitue comme fragment potentiel de l’écriture d’un projet commun. Par la captation vidéo, la prise de notes et de photographies et la rédaction systématique de comptes-rendus, une mémoire de l’atelier se constitue, permettant le travail d’analyse et de critique, puis l’élaboration progressive du projet final.

Les prochains rendez-vous >>>>> attention >>>> nouvel horaire >>> 19h30 > 22h30

1, 8, 15, 22 octobre
12, 19, 26 novembre
10, 17 décembre + 19, 20, 21 décembre (session trimestrielle)

Rappel

Les classes ouvertes sont ouvertes à qui veut. Il suffit d’avoir seize ans révolus et d’adhérer à l’association (20 € par an). Les séances ont lieu dans la salle Lissenko des Studios Albatros, 52 rue du Sergent Bobillot à Montreuil (Métro Croix de Chavaux) et durent 3h : de 19h30 à 22h30.

Les archives des Classes ouvertes sont consultables sur le blog : http://capetoile.over-blog.com/

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18 septembre 2007 2 18 /09 /septembre /2007 18:45
(CAP)*                               prononcer « capétoile »

Classes ouvertes 2006-07           lundi 17 septembre 2007
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Pilotes

François Duconseille et Isabelle Rèbre

Participants

Françoise Retel, Sophie Cohen, Marie-Hélène Gripkoven, Morgane Lombard, Aurélie Miermont, Nil Dinç, Dominique Aru, Bernard Bloch, Laure Pierredon, Chloé Houbart, Philippe Dormoy, Christine Gagnepain, Marie Mézière, Caroline Misbach, Françoise Gendreau, Marie Mainardis, Paule Uzan, Antoine de La Morinière, Thierry Gary, Régis Bonvillain, Marie-Dominique Dhelsing, Philippe Lanton

Chantier « Nous autres »

1) rapide tour de table sur les classes ouvertes de l'année et leur objectif, redire et préciser ce que l'on a présenté et discuté lors de l’AG du 10

2) présentation du thème et de ses interprétations
    - TRANSPARENCE ET OPACITÉ
        - masque et visage
        - malentendu - transmission et brouillage
    > rappel des expérimentations déjà réalisées proches du thème
- imaginer l'identité d'une personne à partir de sa photographie
o classes des 12-03-07 et 25-06-07
- raconter une histoire à partir d'une série de photographies
o classe du 19-03-07

3) présentation de peintures d'E. Munch en lien avec la question du visage et de la façon dont Ingmar Bergman filme les visages

4) Lecture de la note 2 de « Nous autres »

4) échauffement > marche + arrêts sur regards > regarder le visage de l’autre qui vous regarde. Face à face par deux. On prend le temps de regarder le visage de l’autre, de le détailler : la forme des yeux, de la bouche, du nez, etc…Description méticuleuse du visage de l’autre pour soi. Changement de visage. L’exercice se poursuit avec pour consigne d’exprimer un sentiment, une émotion (la joie, la crainte, l’étonnement)








5) distribution d’un condensé de la note 2 écrit par Isabelle, il s’agit du moment de la rencontre entre D503 et I 330 et présentation du dispositif, espace-captation-projection
Le dialogue se concentre sur la rencontre du visage de l’autre et la découverte de sa différence : nous ne sommes pas tous pareils…

D  marche aux côtés de 0. O a une bouche rose qui ressemble a un O. Elle lui fait des sourires roses. D entend un rire : il tourne la tête et voit des dents pointues, extraordinairement blanches. C’est le visage d’une inconnue. Elle a dans les yeux et les sourcils un X irritant et insaisissable qu’il n’arrive pas à mettre en équation.
Il est troublé

D 503 - Personne n’est “ un ” mais “ un parmi ”, “ un de ” ; nous sommes tellement semblables.

I 330 – Vous en êtes sûr ?

D aperçoit ses sourcils relevés vers les tempes qui forment un angle aigu. Il se trouble encore, jette un coup d’œil à droite, à gauche, et…A sa droite, I  fine, tranchante, souple comme une cravache ; à sa gauche 0, tout à fait différente, tout en rondeurs. A l’autre extrémité un numéro mâle, ressemblant à la lettre S et comme replié sur lui-même. I voit le regard troublé de D et dit :

I330 – oui hélas…Même les nez…

D 503 – Même les nez…J’ai un nez qui ressemble à un bouton, un autre a un nez qui ressemble…

I 330 – J’admets que votre nez est même un peu classique. Mais vos mains…Montrez moi un peu vos mains ?

D 330 – ce sont des mains de singe.

I330 – Non cela forme un accord  tout a fait curieux.

0 90 – Il s’est inscrit pour moi !

D 503 fait une grimace.

I s’éloigne avec le numéro mâle en forme de S.  D 503 reste seul avec 0. Continuent bras dessus bras dessous

O – J’aurais tellement voulu vous voir aujourd’hui et baisser les rideaux…

D regarde ses yeux ronds et les embrasse deux fois, non trois.


6) expérimentations > Des groupes de 4 (D503, I330, O, S) accompagnés d’un narrateur (didascalies) extérieur se succèdent dans le dispositif. Après un court mouvement de marche en rang de 4 le groupe s’immobilise face à la caméra qui filmera les personnages en gros plans. La captation est retransmise en direct sur un écran disposé de façon perpendiculaire au groupe. Les spectateurs se disposent en L : soit face à l’action jouée, soit face à l’écran.





















Dans un premier temps, les personnages disent leurs courts dialogues ; puis ces textes sont dits par des participants extérieurs. Les voix se superposent à une action muette. Les quatre personnages sont disposés de manière frontale par rapport à la caméra : sur l’écran, la scène compose “ un tableau ” de visages qu’on voit évoluer au cours de la scène. Chaque quatuor compose un autre “ tableau ” bien particulier : à l’avant-plan 0, derrière lui côte à côte I et D ; en arrière plan, circulant telle une ombre, S.



















8) présentation d’extraits de films de Bergman, "l'Heure du loup" et "Jeux d'été" où il s’agit à la fois d’un travail sur le gros plan, le regard caméra mais aussi utilisation du maquillage et du masque . Comment à notre tour nous emparer du masque ou du maquillage pour arriver au dévoilement/dénuement du visage

Remarques de fin de séance

L’exercice d’échauffement sur le visage et le regard a été un moment fort de la séance. Cet échange prolongé de regard dévisageant étant très inhabituel. Ce temps fut pour certaines personnes trop court, elles auraient souhaité être plus longtemps dans l’état que procurait cet échange. Les consignes distillées (peur, gêne…) durant l’exercice ont été ressenties comme une contrainte qui entravait la libre découverte du visage de l’autre, l’imposition de ces sentiments créait un « masque » recouvrant la complexité des sentiments à l’œuvre dans la rencontre. On constate que le fait de regarder aussi intensément l’autre le sort de l’image dans laquelle on a tendance à l’enfermer ; on passe alors de l’image à la présence (cf . E. Levinas)

Pour ce qui est du travail sur l’extrait de la note 2 on constate aussi que le jeu a souvent recouvert l’expérience vécu, peut-être aurait-il fallut aussi prendre plus de temps (ce que l’on a fait progressivement)

Einsenstein > au cinéma, la perception de l’expression d’un même visage dépend de ce qui est montré avant et après (effet Kouletchov)

Rebonds et pistes

Rappel de fonctionnement : nous tenons compte des rebonds énoncés pour préparer les séances suivantes durant lesquelles ces propositions seront explorées.

> à partir des extraits visionné des films de Bergman, travailler sur le visage maquillé, sur le masque et la façon dont il tombe
> partir du maquillage pour aller vers la nudité
> projeter ce qui a été filmé en supprimant le son
> séparer la parole du jeu, la parole fonctionnant comme un masque
o voix pour un corps muet
o voix pour une image
> Portrait et "Portrait robot"
o dessiner de mémoire un visage vu très rapidement (image projetée)
o décrire de mémoire un visage vu très rapidement  (image projetée)
o confronter l'image projetée aux descriptions de la mémoire

Classes ouvertes / chantier « Nous autres » / rappel de fonctionnement

Depuis le 21 mai 2007, le groupe travaille à partir d’un matériau commun : Nous autres, un roman d’Eugène Zamiatine. Il ne s’agit ni de mettre en scène ni d’adapter ce roman, mais de s’en inspirer très librement pour écrire ensemble une manifestation publique dont nous ne connaissons encore ni la forme ni les disciplines artistiques qu’elle mettra en jeu, mais dont nous savons qu’elle se donnera au cours du printemps 2008.
 
Concrètement, chaque lundi sous le regard et l’écoute de deux des membres fondateurs de (CAP)*, puis, dès la rentrée, d’un membre fondateur associé à un membre du « premier cercle » chacun des participants de la séance vient proposer un « acte » aux autres participants, qui eux-mêmes peuvent (ou non) rebondir sur la proposition.  L’acte s’empare indifféremment de tous les supports possibles (texte, images, corps, sons, espaces…), sa validité réside dans ce qui le constitue comme fragment potentiel de l’écriture d’un projet commun désormais inspiré par Nous Autres. Par la captation vidéo, la prise de notes et de photographies et la rédaction systématique de comptes-rendus, une mémoire de l’atelier se constitue, permettant le travail d’analyse et de critique, puis l’élaboration progressive du projet final.

Les prochains rendez-vous >>>>> attention >>>> nouvel horaire >>> 19h30 > 22h30

24 septembre, 1, 8, 15, 22 octobre
12, 19, 26 novembre
10, 17 décembre + 19, 20, 21 décembre (session trimestrielle)

Rappel

Les classes ouvertes sont ouvertes à qui veut. Il suffit d’avoir seize ans révolus et d’adhérer à l’association (20 € par an). Les séances ont lieu dans la salle Lissenko des Studios Albatros, 52 rue du Sergent Bobillot à Montreuil (Métro Croix de Chavaux) et durent 3h : de 19h30 à 22h30.

Les archives des Classes ouvertes sont consultables sur le blog : http://capetoile.over-blog.com/

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11 juillet 2007 3 11 /07 /juillet /2007 01:04
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Classes ouvertes 2006-07                 lundi 25 juin 2007
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Modérateurs

François Duconseille prise de notes Olivier Renouf

Participants

Françoise Retel, Sophie Cohen, Marie-Hélène Gripkoven, Morgane Lombard, Aurélie Miermont, Nil Dinç, Dominique Aru, Isabelle Rèbre, Olivier Renouf, Isabelle Rébre, Bernard Bloch, Laure Pierredon, Chloé Houbart, Raphaëlle Gitlis 

Le laboratoire du « bien commun ? »

En préambule…

Nous parlons de la séance précédente et la revisitons rapidement pour les absents. Plusieurs personnes ont trouvé que le jeu de la voix-off permet une distance entre ceux,  qui sont dans le corps et ceux qui portent la parole. Donc l'envie d'aller plus loin aussi par improvisation avec tous les jeux possibles.
Isabelle trouvait plus intéressant quand le contact se faisait en un point afin de se confronter plus à l'étrangeté du contact, plutôt que d'être dans un contact trop "danse".
Sophie à la sensation que la séance s'est arrêtée parce que c'était l'heure, mais que nous étions au début de quelque chose.
Morgane trouve qu'il y a un  rapport à la fuite dans les différentes ébauches que nous avons fait les dernières classes qui correspond à une certaine fuite aussi dans le texte.
L'approche aussi c'est fait progressivement cellule/écran/dos à dos .
Marie-Hélène a remarqué la détente et l’apaisement des visages lors des contacts.

François commence la séance du jour, il précise qu'il est plasticien et qu'il travaille plutôt avec les yeux qu'avec le corps.
Il reprend un exercice proposé par Marie-Hélène lors des séances de cet hiver: écrire à partir d'un portrait anonyme.
François dispose des portraits par terre, ils ont tous la particularité de s'appeler Steven (prélèvement, d’une série de Steven sur google image)
Il demande d’écrire un hommage à la personne choisie.
Après l'écriture, nous lisons la note 9 : « La liturgie. les ïambes et les tronchées. La main de fonte ».

Ensuite François présente le dispositif avec
- supplicié
- poète
- bienfaiteur
- manipulateur


D'abord le poète fait l'éloge d'un Steven à l'aide d'un mégaphone rudimentaire

Une caméra prend le gros plan d'un visage ( le bienfaiteur) qui est projeté sur l'écran
Derrière l'écran une personne représentant le supplicié apparaît en ombre chinoise.
 
Plus loin, un rétroprojecteur sur lequel un manipulateur intervient avec pâtes, semoule, spaghettis... , provoquant des jeux de matières sur la toile en interaction avec la présence du supplicié, et l’image projetée en gros plan du visage du bienfaiteur

Après la lecture la sentence peut s'exercer ...
ils s'ensuit un double, triple, quadruple jeu de superpositions entre le visage la silhouette du supplicié, les matières . Et l'inversion des rôles.

Il faut un temps pour que chacun comprenne comment fonctionne l'ensemble mais le résultat est troublant. François insiste sur la mise en tension qu'il doit y avoir par matière et écran interposé.

Les potentialités de l’espace ne sont qu’effleurées, l'idéal étant de circuler comme si nous participions tous à l'action qui est en train de se faire, sans s’attribuer de place prédéterminée.
 




















Malheureusement nous n'avons pas le temps de tous passer, et nous nous séparons pour la période "dites" estivale.

Rendez vous donc en septembre, bon été.

Les prochains lundis

Les classes ouvertes reprendront après l’été et s’appelleront « Ateliers Nous autres »
La reprise aura lieu le lundi 3 septembre, présentation du projet de l’année et assemblée générale de l’association. Les rendez-vous suivants seront les 10 et 17


Le laboratoire du “ bien commun ? ” est un temps d’expérimentations conçu comme un jeu collectif.
L’expérience de chacun est proposée au groupe, premier public, premier critique ; elle se construit pour et par ces premiers regards, ces premières paroles. La succession des rencontres constitue une communauté de création existant aussi bien dans les actions singulières de chacun de ses membres, que dans la mise en œuvre de/d’un projet(s) commun(s). La seule règle  étant : “ Expérimenter avant de dire ”. C’est à partir de ce qui se met en jeu que se construit la rencontre et s’élaborent les projets.

Depuis le 21 mai 2007, cependant, la règle du jeu s’est quelque peu enrichie. Désormais, le groupe travaille à partir d’un matériau commun : Nous autres, un roman d’Eugène Zamiatine. Il ne s’agit ni de mettre en scène ni d’adapter ce roman, mais de s’en inspirer très librement pour écrire ensemble une manifestation publique dont nous ne connaissons encore ni la forme ni les disciplines artistiques qu’elle mettra en jeu, mais dont nous savons qu’elle se donnera au cours du printemps 2008. 

Concrètement, chaque lundi sous le regard et l’écoute de deux des membres fondateurs de (CAP)*, puis, dès la rentrée, d’un membre fondateur associé à un membre du “ premier cercle ” chacun des participants de la séance vient proposer un “ acte ” aux autres participants, qui eux-mêmes peuvent (ou non) rebondir sur la proposition.  L’acte s’empare indifféremment de tous les supports possibles (texte, images, corps, sons, espaces…), sa validité réside dans ce qui le constitue comme fragment potentiel de l’écriture d’un projet commun désormais inspiré par Nous Autres. Les actions menées dans le laboratoire sont systématiquement captées sur un support audiovisuel ou textuel. Une mémoire de l’atelier se constitue, permettant le travail d’analyse et de critique, puis l’élaboration progressive du projet final.

Les classes ouvertes sont ouvertes à qui veut. Il suffit d’avoir seize ans révolus, d’adhérer à l’association des Amis de (CAP)*(15 € par an) et de s’acquitter d’une participation de 3 € par séances. Les séances ont lieu dans la salle Lissenko des Studios Albatros, 52 rue du Sergent Bobillot à Montreuil (Métro Croix de Chavaux) et durent 3h : de 20h00 à 23h00.
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