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5 décembre 2006 2 05 /12 /décembre /2006 23:22
(CAP)*                                                           prononcer « capétoile »
Classes ouvertes 2006-07                               lundi 4 décembre 2006
 
Modérateurs
Bernard Bloch et François Duconseille
 
Participants

Jehanne Gaucher, Françoise Retel, Chloé Houbart, Marie-Hélène Gripekoven, Sophie Cohen, Béatrice Duport, Michèle Cirès Brigand, Thierry Gary, Antoine de La Morinerie, Bernard Bloch, François Duconseille

 
Pratique

- Le blog du « bien commun? » pour consulter les comptes-rendus, les documents ou apporter un commentaire : http://capetoile.over-blog.com/

 

- un classeur est disponible pour recueillir les textes et documents que vous souhaitez mettre en partage, pensez à faire des photocopies.

 
Le laboratoire du « bien commun ? »

- le rappel de la séance précédente commence par une discussion sur Forêt de Wajdi Mouawad (spectacle « bien-commun » de la saison théâtrale 06/07 puisqu’il semble faire la quasi unanimité), « un spectacle de théâtre contemporain qui raconte une histoire (de famille)»

 

- les histoires en général et les histoires de famille en particulier avec ce qu’elles portent de traumas communs seraient un de nos biens communs. Le succès millénaire des tragédies grecques, des pièces de Shakespeare, des sagas familiales dans la littérature de haute volée (Thomas Mann), comme dans les sagas de TF1 attestent de cet engouement des « gens » pour les histoires. Et ce ici en occident comme ailleurs (Indes, griots d’Afrique etc…).

 

- les mythes sont le bien commun d’une civilisation et ils sont bien souvent des romans familiaux.

 

- l’universalité de l’écriture de Shakespeare ne tient-elle pas au fait que ses pièces sont écrites à partir de mythes (souvent familiaux), de textes anciens et de légendes. Peter Brook montant ses pièces en Afrique en démontra l’universalité (in Points de suspension de Peter Brook – ed Points-essais)

 

- le griot africain comme porteur-passeur d’histoires communes

 

- Les contes traversent les continents, les 3 oranges deviennent ailleurs les 3 citrons

 

- Il est intéressant de noter que l’écriture de ces textes fondateurs ne sont jamais le fait d’un seul. Brecht se décrivait comme chef dramaturge. Ses textes comme ceux de Shakespeare ou de Molière sont le produit du travail collectif d’un groupe d’artistes (acteurs, dramaturges) et ils sont souvent issus de sujets anciens déjà maintes fois traités.

 

- la notion d’outils comme bien commun de l’humanité (même s’ils ne sont pas, par leur nature et les usages qu’ils créent, uniformément répartis entre les hommes)

 

- autre notion commune ; la tradition, les rites et rituels, et par extension le masque et le maquillage

 

- une question délicate : l’armée est-elle un bien commun ? En référence au fait que quand notre petit groupe cherche à « marcher ensemble », il en vient presque immanquablement à marcher au pas.

 

- évocation du documentaire Corpus Christi de Jérôme Prieur et Gérard Mordillat(ARTE ) http://www.arte.tv/christianisme Jésus comme corps commun, comme rêve commun que l’on peut vaincre la mort, ce bien/mal commun.

 

- Bernard relate la façon dont le fils d’amis, un enfant de 9 ans pensait que Bernard était mort, parce qu’il l’avait vu jouer dans un film à la télévision. La télévision étant pour cet enfant le lieu des personnes mortes.---- une certaine similitude avec le récit de L’invention de Morel  de Bioy Casarès (ed 10/18), dans lequel des personnes dont la vie a été enregistrée sont condamnées à une mort certaine

 

- la question de la télévision et du simulacre de communauté qu’elle crée renvoie aux écrits de Marie-José Mondzain, comme notamment L’image peut-elle tuer ? (ed Bayard)

 

- Béatrice diffuse un article du Monde (11 nov) écrit par Michel Guérin sur le photographe canadien Jeff Wall, et évoque l’importance des situations et des espaces communs dans son travail

 
 

- après une discussion animée et riche en références variées, Bernard propose de tenter une séance de « Rêve commun » ; allongés en cercle, les pieds au centre de l’espace en se tenant la main, il s’agit de tenter de partager un état de rêve éveillé…Chose étonnante, quelque chose comme une histoire commune, une expérience commune se partage.

 

- étrange coïncidence Jehanne avait prévu de nous parler d’une expérience similaire de rêve commun

 

- revient aussi Façons d’endormis – façons d’éveillés d’Henri Michaux (éd. l’Imaginaire Gallimard), texte présenté par David G. lors de la séance du 6 nov

 

- rapidement évoqué en lien avec le rêve et le travail d’Henri Michaux, les peintures aborigènes

 

- en associant le travail de Jeff Wall et le produit (une histoire) de notre « rêve » collectif nous réalisons une séance de prises de vue photographiques reproduisant les différentes phases du récit du « rêve »

 

- la discussion reprend après, Michèle présente le « Bien public » journal de la région Bourgogne dont elle a relevé 2 articles ; 1) l’origine du langage chez les bébés ; 2) les soins palliatifs en gérontologie et l’accroissement de la solitude des personnes en fin de vie.

 

- Chloé évoque le spectacle Un bloque de Francisco Ruiz de Infante et Loïc Touzé présenté en 1997 à la Ferme du Buisson

 

- revient la question de la perte des traditions dans nos sociétés contemporaines

 

- et pour finir Antoine parle du changement d’orientation des enfants dans les poussettes (regarder l’adulte ou le monde)

 
Commentaires

La séance de « rêve commun » a été unanimement appréciée. L’intérêt suscité par cette pratique fait qu’elle mérite d’être reproduite, et peut-être devenir un rendez-vous régulier des classes ouvertes. Cet exercice permet de révéler un inconscient collectif. Last but not least, cette production de rêve commun a été ludique et drôle. Même si, submergés que nous sommes sans doute par des images de catastrophes, notre rêve, lui aussi, s’est révélé plus proche d’un cauchemar drolatique que d’un phantasme paradisiaque.

 

Tentatives de définitions du « bien commun ? » (à compléter au fur et à mesure)

- l’énergie qui circule entre les corps (cf proposition Olivier du 6) - la « fête » en arrière fond

- l’autre comme une partie de soi-même

- une densité de présence des corps

- ce qui nous appartient et que l’on partage
- à quoi peut bien ressembler un rêve commun 
- le temps passé ensemble
- la discussion collective
- aider chacun à assouvir ses désirs
- le désir qui passe dans le groupe
- les histoires de famille
- la mort bien et/ou mal commun
 
Le lexique du « bien commun ? » (à compléter au fur et à mesure)

Un bien, le bien, bene, un lieu commun, un lieu public, la place, le forum, la ville, la chaise, la commune, les communs, le commun des mortels, commun, la communale, l’école, la classe (morte, cf. T. Kantor), la table, les bains-douches (le bain commun), le bitume, le trottoir, les chaussures, l’enfance, le langage, la mort (le lot commun), la pluie, la gravité (universelle), ce qui « est à tout le monde », les transports en commun, ce (ceux) qui s’oppose(nt) à la société (le diable, la pollution, les délinquants), l’écriture, la discussion, le temps, le rêve, le rire, la famille, les histoires, les mythes, les traditions, les contes, l’outils, l’armée?, le sel….

 
Bibliographie et documentation
Eureka street de Robert Mc Liam Wilson (1996)
Un enfant de Thomas Bernhard

Façons d’endormis – façons d’éveillés d’Henri Michaux (éd. l’Imaginaire Gallimard)

La classe morte de Tadeusz Kantor

Mal vu, mal dit de Samuel Beckett (éd. De Minuit)

Le design d’exclusion – photos de Marc Pataut
La bible

L’histoire du communisme raconté aux malades mentaux de Mattei Visniec

Les villes invisibles d’Italo Calvino

La ville, la rue et le commencement de la politique. Le monde rêvé de Chloé par Michel Agier

Le maître fou de Jean Rouch

L’enfant criminel de Jean Genet

Peines de mort – histoire et technique des exécutions capitales de Martin Monestier

Raphael, dernier jour de Gregory Mac Donald

Paul Virilio, livres et expositon « ce qui arrive » Fondation Cartier en 2003 http://www.onoci.net/virilio/index.php

la complexité du vivant rencontre avec Claude Régy et Jean-Claude Ameisen, Lundi 13 octobre 2003 au Théâtre de la Colline - http://www.colline.fr

Forêt de Wajdi Mouawad

La sculpture du Vivant de Jean-Claude Ameisen

Les photographies de Jeff Wall – http://en.wikipedia.org/wiki/Jeff_Wall

Le spectacle Un bloque, Francisco Ruiz de Infante - Loïc Touzé - La ferme du buisson 1997

L’invention de Morel de Bioy Casarès (ed 10/18)

Corpus Christi documentaire de Jérôme Prieur et Gérard Mordillat(ARTE ) http://www.arte.tv/christianisme

L’image peut-elle tuer de Marie-José Mondzain (ed Bayard)

Rêves  de Kurosawa

Les peintures aborigènes

Saleté de Robert Schneider - http://www.mrax.be/article.php3?id_article=436

Points de suspension de Peter Brook (ed Points-essais)

 

Mémoire – traces

- François (enregistrements sonores + photos), Jehanne (photos n&b)

 
Règle du jeu (rappel)

Le laboratoire du « bien commun ? » est un temps d’expérimentations conçu comme un jeu collectif. L’expérience de chacun est proposée au groupe, premier public, premier critique ; elle se construit pour et par ces premiers regards, ces premières paroles. La succession des rencontres constitue une communauté de création existant aussi bien dans les actions singulières de chacun de ses membres, que dans la mise en œuvre de/d’un projet(s) commun(s). La seule règle  étant : “ Expérimenter avant de dire ”. C’est à partir de ce qui se met en jeu que se construit la rencontre et s’élaborent les projets.

Concrètement, chaque lundi sous le regard et l’écoute de deux des membres fondateurs de (CAP)*, chacun des participants de la séance vient proposer un « acte » aux autres participants, qui eux-mêmes peuvent (ou non) rebondir sur la proposition. L’acte s’empare indifféremment de tous les supports possibles (texte, images, corps, sons, espaces…), sa validité réside dans ce qui le constitue comme fragment potentiel de l’écriture d’un projet commun. Les actions menées dans le laboratoire sont systématiquement captées sur un support audiovisuel ou textuel. Une mémoire de l’atelier se constitue, permettant le travail d’analyse et de critique, puis l’élaboration progressive du projet final.

 

Il est possible d’utiliser de la vidéo ou du son, sous réserve de nous prévenir à l’avance pour que l’on prévoie le matériel nécessaire.

 

Les prochains lundis :11 et 18 décembre

Nous continuerons à accumuler des matériaux jusqu’aux vacances scolaires de février. La dernière séance avant ces vacances, le 12 février, sera consacrée à faire une recension et une sorte de bilan des séances qui auront eu lieu depuis début novembre, dans le but de commencer à approfondir le matériau rassemblé.

Les classes ouvertes sont ouvertes à qui veut. Il suffit d’avoir seize ans révolus, d’adhérer à l’association des Amis de (CAP)*(15 € par an) et de s’acquitter d’une participation de 3 € par séances. Les séances ont lieu dans la salle Lissenko des Studios Albatros, 52 rue du Sergent Bobillot à Montreuil (Métro Croix de Chavaux) et durent 3h : de 20h00 à 23h00.

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Published by François Duconseille - dans CLASSES OUVERTES
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27 novembre 2006 1 27 /11 /novembre /2006 20:45

(CAP)*                                        prononcer « capétoile »

Classes ouvertes 2006-07                                    lundi 20 novembre 2006

http://capetoile.over-blog.com/

 

pas de classe ouverte lundi 27 ---------prochain rendez-vous le 4 décembre

 

Modérateurs

François Duconseille et Isabelle Rèbre

 

Participants

Dominique Aru, Jehanne Gaucher, Régis Bonvillain, Philippe Dormoy, Paule Uzan, Françoise Retel, Chloé Houbart, Laure Pierredon, Marie-Hélène Verkoven, Sophie Cohen,

 

Pratique

- Le blog du « bien commun? » pour consulter les compte-rendus, les documents ou apporter un commentaire : http://capetoile.over-blog.com/

 

- un classeur est disponible pour recueillir les textes et documents que vous souhaitez mettre en partage, pensez à faire des photocopies.

 

Le laboratoire du « bien commun ? »

- Rappel et discussion sur la séance du 13 ; on constate que la séance a eu une tonalité plutôt sombre (L’enfant criminel de Jean Genet, Peines de mort – histoire et technique des exécutions capitales, Rafael, dernier jour de Gregory Mac Donald), est-ce une conséquence de l’expérience Eureka street du 6? La relecture de ce texte en fin de séance, en permettant de faire le point sur lui (hors actions physiques) permit d’en percevoir le caractère abrupte et violent. On note l’indissociable entre le bien et le mal présents dans ce texte et d’une façon plus générale dans notre condition humaine, ce qui en fait un texte fort.

 

- Pour Philippe D, la volupté des corps et la destruction sont indissociables, comme le bien et le mal sont indissociés. Ca a à voir avec le “ très humain ”. L’autodestruction de l’humanité peut être perçue comme une vitalité extrême détournée. Il y a destruction comme pour dire : ” la vie n’est pas là, dans le progrès ”.

 

Question : Cette autodestruction est-elle porteuse de sens ?

Référence aux travaux de Paul Virilio sur la catastrophe

cf. exposition “  Ce qui arrive ” à la Fondation Cartier en 2003

http://www.onoci.net/virilio/index.php

http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Virilio

 

- Chloé évoque les travaux de Jean-Claude Ameisen sur la mémoire cellulaire

(cf . la complexité du vivant rencontre avec Claude Régy et Jean-Claude Ameisen, Lundi 13 octobre 2003 au Théâtre de la Colline)

Jean-Claude Ameisen est médecin et chercheur, professeur d’immunologie à l’université Paris VII et au centre hospitalier Bichat. Ses travaux font de lui l’un des meilleurs spécialistes de la “mort cellulaire programmée”. Il est l’auteur du livre La sculpture du Vivant Seuil, 1999. Réédition seuil, coll. Points Sciences, 2003

http://www.colline.fr

 

- Philippe D. propose un aparté sur la “ maladie ” de la documentation systématique de ce qui existe

 

- Dominique A. “ Documenter (filmer, photographier) n’est pas un geste anodin ”, cela pose la question de savoir ce qui est fait de cette documentation, “ qu’est-ce que je fais de l’image de l’autre ” et de comment elle est faite (hors ou dans la relation ?)

 

- François présente le film réalisé en fin de l’improvisation Eureka street de la séance du 6, un film qui est une anti-documentation en ce qu’il informe peu, mais restitue par contre l’étrangeté des sentiments de ce moment, le film d’un coma.

 

- On remarque que les temps de travail avec Olivier s’étendent sur un temps longs : on prend le temps. Quand on parle, on le prend moins, on va plus vite. Pourrait-on essayer de reprendre ce temps dans les autres activités .

souvent soucis de continuité alors que tout est discontinu.

 

- revient la question : “ peut-on rêver en commun ? ” - l’invention du cinéma comme tentative de produire un rêve collectif

 

- Philippe D propose d’écrire à partir de 4 images énigmatiques (photographies aériennes de cyclones). Image paradoxale du cyclone : c’est le centre, l’œil (zone de calme) qui effraye alors que le panache de la spirale (force destructrice) attire. Le cyclone porte dans sa structure l’indissociable accord du bien et du mal.