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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 19:05
FUCK AMERICA d'après le roman d'Edgar Hilsenrath
Une production du Réseau (Théâtre) - compagnie conventionnée Drac Ile de France
Adaptation : Vincent Jaspard
Mise en scène collective de Vincent Jaspard, Thomas Carpentier(musique), Bernard Bloch et Corinne Fischer
Lumière : Luc Jenny
 

Lien teaser : https://vimeo.com/66019632
REVUE DE PRESSE DU SPECTACLE


FUCK AMERICA

La Terrasse - Publié le 18 novembre 2013 - N° 214

 
Une mise en scène concise et percutante signée Bernard Bloch, Thomas Carpentier, Corinne Fischer et Vincent Jaspard, mettant en œuvre une remarquable synergie entre écriture et théâtre.  
L'’Amérique, Terre de libertés et Terre promise que de nombreuses familles juives ont voulu rejoindre à la fin des années trente. Comme la famille Bronsky en novembre 1938, qui envoie sa demande de visa au Consul Général des États-Unis d’Amérique : réponse négative, quotas « subtilement calculés » obligent. Le délai  d’attente sera finalement de treize ans. Soit six millions de juifs massacrés plus tard. C’est donc en 1952 que Jacob (le fils) et sa famille aperçoivent enfin la Statue de la Liberté, et Fuck America raconte la difficile adaptation au Nouveau Monde ; Jacob connaît la précarité, et décide d’écrire un roman « basé sur des faits réels ». Dans un style percutant, cru et amer, il évoque le monde du travail, les bars, la cafétéria des émigrants à l’angle de Broadway-86e rue, l’écriture, les femmes, la libido, le sexe : Jacob Bronsky écrit pour laisser affleurer le vivant alors que la mort a tout emporté, jusqu’à ensevelir un monde dévasté sous l’oubli. L’histoire du narrateur est aussi celle de l’auteur juif allemand Edgar Hilsenrath (lire aussi Le Nazi et le Barbier). Jacob fait part de  son projet d’écriture : « Prose économe, concision extrême, mots justes, phrases comme des squelettes, nettoyées, sans chichis, phrases qui tapent dans le mille ». 

Magistrale tenue du jeu théâtral

La grande réussite de la mise en scène proposée par Bernard Bloch, Thomas Carpentier (musicien installé à jardin), Corinne Fischer et Vincent Jaspard consiste à transposer à la scène avec talent cette ambition littéraire. Percutant, concis, ironique, travaillant le décalage dans le détail foudroyant plutôt que dans la profusion : le théâtre est ici un écho formidable à cette écriture décapante et burlesque, qui balaie les bons sentiments et les clichés. Trois comédiens, trois tabourets, un musicien et des lumières : la magistrale et implacable tenue du jeu théâtral, extrêmement net et précis, suffit pour donner vie et corps au monde de Jacob Bronsky. C’est sans bavures, parfois très drôle au cœur des difficultés de Jacob. Ce parti pris radical n’oblige pas les comédiens à extérioriser et à caractériser outre mesure : au contraire, un haussement de sourcil, un sourire carnassier, un regard de biais ou un geste peuvent être révélateurs. Bernard Bloch est époustouflant. Et adapter ainsi Hilsenrath au théâtre rend justice à sa volonté de laisser malgré tout la vie se dresser tant bien que mal, à son humour féroce et à son talent littéraire.

Agnès Santi

 



 

 


 

 

 

LUNDI 8 AVRIL 2013 L'Humanité


 

La chronique  

THEATRE 

DE JEAN-PIERRE LEONARDINI 

 

 

Edgar Hilsenrath (né en Allemagne en 1926), depuis les ghettos durant la guerre 

jusqu’à New York via Israël, a réuni ses expériences dans des romans qui lui ont 

valu une gloire tardive. Parmi ceux-ci, il y a Fuck America.  

Cela permet à Bernard Bloch, Corinne Fischer, Vincent Jaspard (qui signe 

l’adaptation) et Thomas Carpentier au violon, d’offrir une heure et quart de saillies 

tragi-comiques où la question juive – jusqu’en ses plus épouvantables 

conséquences – est abordée de long en large, le plus souvent sous l’angle de 

l’humour vache. Parler cru venu de la rue new-yorkaise, situations scabreuses, 

cinéma permanent de l’obsession sexuelle, humour juif, pour le coup pas piqué des 

vers : les interprètes se régalent à changer de peau en un clin d’œil avec toute pour 

assise un tabouret chacun.  

C’est fortiche et drôle. Terriblement. 

 

 

Du 5 au 29 avril 2013 au Théâtre de la Girandole (Montreuil).  

Rés. : 01 48 57 53 17 – www.girandole.fr 

 

 

 


 

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/fuck-america-134020?var_hasard=122711128251651e2b3902f 

 

mercredi 10 avril 2013 

Fuck America 

 

par Aurélien Péréol 

 

Adaptation théâtrale du roman d’Edgar Hilsenrath par Vincent Jaspard, 

mise en scène et jeu Bernard Bloch, Thomas Carpentier (violoniste), 

Corinne Fischer et Vincent Jaspard. Théâtre de la Girandole, à 

Montreuil, jusqu’au 29 avril. 

Voici un spectacle d’une simplicité biblique, 

si j’ose m’amuser d’entrée de jeu. Trois 

tabourets. Trois comédiens (deux hommes, 

une femme) et une multitude de 

personnages. Jacob Bronsky est fixe : c’est 

son histoire qu’on raconte. Fixe mais double, 

un comédien quand il est jeune, un autre 

quand il est vieux. 

Dès le début, des lettres d’un cynisme 

impossible traitent d’une détresse des plus 

tragiques : un commerçant juif à qui les 

Allemands nazis ont pris le stock, brûlé les 

murs, violé la femme, écrasé les testicules 

demande de l’aide pour fuir le pays vers 

l’Amérique. Le Consul lui répond huit mois 

plus tard dans un langage cru que tous ces juifs qui veulent émigrer en 

Amérique « l’ennuient » profondément, avec d’autres mots que je n’oserais 

écrire. 

Le ton est donné : du burlesque pour ce génocide terrifiant qu’est la shoah. Il 

n’y a pas de pitié, pas de victimes innocentes, ni de bourreaux parfaits, pas 

de peuple comme un seul homme mis à mort froidement. Il y a juste des 

humains sans grâce qui doivent vivre et survivre, coûte que coûte. Dans 

l’effort souffrant et la drôlerie de pantins. Une forme de respect paradoxal. 

Jacob Bronsky gardera des USA un sentiment de rejet fort, sans doute suite 

à ce manque d’accueil. A moins que ce soit le contraire, que son dégoût pour 

l’Amérique lui ai fait écrire ces lettres odieuses. Il se retrouve néanmoins 

exilé à New-York où sa vie est une vie de misère, de petits boulots et de gros 

culots, au milieu des clodos, des putes et des maquereaux. Il répond 

souvent : « je ne sais pas, » ou « ça je le sais, »… avec un air de dire 

« pourquoi vous me parlez de ça ? »… Il n’entame pas souvent la rencontre.  

 

 


Théâtre du Blog

 

Fuck america 

Posté dans 28 novembre, 2012 dans critique. 

Fuck America, d’après le roman d’ Edgar Hilsenrath, adaptation de Vincent Jaspard, mise en espace 

collective de  Corinne Fisher, Bernard  Bloch et Vincent Jaspard. 

C’est l’histoire de son auteur, Edgar Hilsenrath, né en 26 à Leipzig dans une famille juive de commerçants 

aisés, qui n’a pu émigrer aux Etats-Unis qu’en 1953: il avait attendu son visa depuis 39! 

Jakob Bronsky, le narrateur a réussi, comme lui,  à survivre au génocide, après s’être réfugié en Roumanie 

où il avait de la famille, puis en Israël. Ensuite  parti pour New-York, il y survivra de petits boulots. 

Bronsky, est tourmenté par l’envie d’écrire mais  n’y  arrive pas. C’est un peu l’histoire d’Edgar 

Hilsenrath qui eut des difficultés à faire éditer son premier roman La Nuit que nombre de maison 

d’éditions refusèrent à cause de la crudité du texte où il raconte son expérience de survivant du ghetto 

après sa libération en 44 par l’armée soviétique. 

Son deuxième roman Le Nazi et le Barbier fut refusé par plus de soixante éditeurs  allemands! Un petit 

éditeur de Cologne, Helmut Braun, lui  le publia en 77 avec succès  puis le roman  fut édité à 200.000 

exemplaires puis traduit  en  seize  langues… Hilsenrath habite maintenant Berlin. 

  Bronsky, pour achever  Le branleur, un récit de sa vie,  rentre donc  en Allemagne son pays natal, où, 

après une psychanalyse réussie, il arrive enfin  à se faire éditer et à connaître le succès. Trois acteurs se 

partagent une vingtaine de  personnages. Bernard Bloch interprète, avec un accent inimitable, Jacob 

Bronsky devenu vieux, et  des Allemands, Juifs ou non. Vincent Jaspard, lui, joue Bronsky, jeune et 

tourmenté par le sexe. Quant à Corinne Fisher, elle incarne tous  les personnages féminins. 

C’est une  intelligente mise en espace qui augure bien de sa prochaine création et qui permettra de faire 

connaître davantage Hilsenrath. 

Edith Rappoport 

Fuck America se créée au Théâtre de la Girandole  à Montreuil du 5 au 29 avril. 

L’œuvre d’Edgar Hilsenrath est éditée chez Fayard, Albin Michel. Chez Attila pour Nuit et Fuck America, 

et pour Le Nazi et le Barbier. 

 

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Published by capetoile - dans RESEAU THEATRE
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