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26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 00:35
(CAP)*                               prononcer « capétoile »

Classes ouvertes 2006-07           lundi 19 novembre 2007
http://capetoile.over-blog.com/

Pilotes

Dominique Aru Olivier Renouf
dominiquearu@club-internet.fr   ol.renouf@free.fr

Participants

Françoise Retel, Philippe Dormoy, François Lepage, Thierry Garry, Millie Deniset, Morgane Lombard, Sophie Cohen.

Chantier « Nous autres »

La grève, le mois de novembre, le travail et la vie des uns et des autres: la fatigue qui en résulte…
Les corps parlent.
Beaucoup appellent en disant qu'ils ne pourront venir (rhume, lumbago, gastro…).
Nous décidons Olivier et moi de maintenir la séance. A Thierry qui arrive le premier, je dis moi-même (Dominique) que j'irais bien bien dîner et boire un coup . Il est d'accord ; si personne ne vient, c'est ce que nous ferons…
Finalement, petit à petit, malgré la pluie qui s'invite, arrivent Philippe, Sophie, Millie, Françoise, François et Morgane… Et c'est bien.
Olivier est retardé à cause de la grève. Il arrivera vers 20 heures 30.

Le retour sur la séance précédente est écourté dans la mesure où Olivier n'est pas là et où deux personnes seulement, présentes le soir, y avaient participé (Françoise et Philippe).
Françoise dit qu'elle s'est ennuyée dans le parcours répétitif qu'elle faisait. Elle ajoute que quand Bernard, qui avait un cœur à offrir, l'a choisie et l'a emmenée derrière l'écran, elle ne s'attendait pas à être filmée. Elle était gênée par ce qu'elle imaginait qu'il regardait et filmait d'elle (ses rides)…
Nous reparlons de l'animalité qui a surgi dans les cellules et de la solitude nourrie par ce qui a précédé.
J'ai apporté la reproduction d'un tableau de Francis Bacon (Un homme nu et son "double" écrivant dans sa chambre).
Philippe évoque la qualité des écrits (rêves dans la chambre)...

Objet de la séance.

Les thèmes du chantier sont Présence et Virtualité (Vivre par procuration), Silence et Bruit, langage et code.
Le groupe et la cellule (transparence et opacité) mais aussi le rêve et l'écriture (présence et virtualité - vivre par procuration).

A partir des observations que nous avons faites au cours de la séance précédente, Olivier et moi proposons de conserver la structure proposée dans la première séance et de prendre le temps de préciser, d'affiner chaque parcours:

Partie 1 – construction plus précise d'un parcours personnel à l'extérieur (la ville) ponctué de la rencontre avec l'autre.
Partie 2 – construction plus précise d'un parcours personnel à l'intérieur (cellule) où il s'agit de vivre avec le souvenir (dans son corps et dans sa tête) de ce qu'il s'est produit à l'extérieur.
 
PARTIE 1:
On commence par une nourriture mentale: lecture de deux extraits de textes: "Espèces d'Espaces" de Georges Perec (Cette fois, la ville et la rue) et "L'arbre" de Jean Parret.
Les participants sont allongés au sol et Dominique lit les extraits afin de convoquer l'imaginaire. Il s'agit, pour chacun, de créer intérieurement un parcours concret, ressenti ( la géographie de ce parcours mais aussi les matières que le corps va rencontrer en le faisant: béton, arbre, vent, le parfum de l'autre, le corps de l'autre…. Et ce qu'elles vont métamorphoser en lui) pour ensuite le dessiner, le réaliser, le vivre avec son corps, dans l'espace.

Olivier arrive à temps pour un échauffement….
Début d'étirements au sol avec une relevée progressive pour retrouver la station debout.
On commence à se déplacer avec la notion de matière dans les mains, prise de volume :de rondeurs dans les bras, on ramasse l'espace on le pousse ,on le presse on le tire, sur tous les niveaux; haut, bas, milieu.
Tout le corps s'engage. On écrit des lignes, trace des directions. On arpente et dessine. Au fur et à mesure chacun va commencer à écrire son parcours imprégné par cette physicalité. Il en ressort des parcours très physiques, chacun transpose dans son corps les qualités des matières dont il veux rendre compte, et du chemin parcouru.
Les parcours se font dans l'espace commun (plateau entier). Chacun est pourtant d'abord dans son monde. Peu à peu, il est demandé aux participants de s'ouvrir, de prendre en compte les autres.
Des rencontres de hasard se produisent.
Quand tout le monde a sa partition spatiale "écrite", vient le temps du rythme, des rebonds à l'intérieur de sa phrase et aussi avec les autres , parfois tout se fige , se suspend et hop deux repartent pour un duo , soit proche ou lointain , il n'y a pas besoin de musique tant l'écoute est sensible, comme une toile qui se tend et se détend.
Ensuite nous faisons la même expérience sous forme de trios deux hommes une femme; deux femmes un homme, trois femmes. Une personne sort et une autre la remplace.
Françoise ne veut pas rentrer sur la piste, mais on la pousse un peu en lui disant de se servir de son état (elle bougonne…) Elle accepte d'y retourner et tout de suite un autre rapport se crée.
Le tout est assez physique demande de l'énergie, nous faisons une pause et commentons ce que l'on vient de traverser.
Les corps sont fatigués. Françoise évoque sa résistance.
La discussion tourne autour de la densité de présence très forte qui existe, sur le fait de garder un état et réussir à le transposer physiquement, à composer avec lui, à le métamorphoser dans la relation aux autres.
Pas de musique, aucune parole.


PARTIE 2

Expérience de la solitude dans sa cellule et expression de l'intime sachant que les murs sont transparents.
Les corps ne se rencontrent plus mais se voient les uns les autres.
Bribes de souvenirs, traces du vécu à l'extérieur (le parcours personnel, les rencontres avec d'autres).
Ecriture physique pour certains et mentale pour les autres (production de textes) dans l'espace restreint de la cellule
Va et vient entre les deux. On peut écrire en se souvenant dans sa tête, en regardant les autres, mais aussi en repassant par le corps et écrire de nouveau.
Cette fois, des mots surgissent…

La séance se termine par la lecture en cercle des textes écrits. Surprise: derrière la page, une fin de note de "Nous autres" que chacun découvre. La coïncidence est troublante









































Cellule, quartier, angle droit. C’est ma place, c’est mon espace à moi, rien qu’à moi.
Condamné.
Enfermé, j’entends les autres, je les sens.
C’est mon espace et je ne peux aller dans le tien.
Pourtant je ne peux être sans toi, coupé de toi, coupé de moi.
Tu vibres, tu respires, tu cries, tu es magnifique.
Condamné que je suis à ne pas te toucher. Te sentir, te ressentir.
Un chant d ‘amour.
Je te sens, je te ressens, tu m’élastiques, tu me malaxes, tu m’étincelles, tu m’éclaires, d’instinct je suis avec toi.

NOTE de Zamiatine écrite au dos :
« 21- Que se passera t’il demain ? Que deviendrai-je demain ? »

Thierry



Un espace qui roule. Boule   Bille   Bulle   Balle   Bol
Air-   chambre à air  
fendue    
          fondue
                      patiner-   sur place ?   
Frémissements et tâtonnements.
Glisser en roulant, fendre l’air et rebondir- 
re   -
Bonds- Rebonds- bondir - et glisser - guidée par le vent, toute respiration dehors.
Emplir, préserver, protéger l’arrondi et faire corps avec les angles.

Tourner et fendre l’air.
                                          Regarder sans être vue.


22- Qu’aurait-ce été si j’avais été de verre, s’il avait pu
voir que dans trois et quatre heures ?..

Sophie Cohen

 
Remarques de fin de séance / rebonds et pistes

Ph . Dormoy  trouve qu'il reste des traces du plan d'ensemble lorsqu'on est dans la cellule et avait envie de dire des fragments de texte comme si l'espace s'écrivait aussi .
Pour Millie, après avoir rencontré les autres dans le grand parcours, elle avait envie de continuer à communiquer avec eux quand elle était dans la cellule
Pour Sophie, c'était important de partir du corps pour écrire et Morgane fait remarquer la grande liberté dans les mouvements pendant les parcours et comment les corps en sont chargés une fois dans la cellule.
Ph dormoy trouve (dans la cellule) plaisant de sentir chacun autonome, d'avoir la sensation de globalité et par moment des regards fortuits chez l'autre (transparences des cellules).


>>>>>> Important >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>
Le chantier du 3 décembre sera consacré à des rebonds et des propositions concrètes faits par les participants afin de tirer les fils qui leur parlent, et proposer des ateliers et des mises en jeu et en espace pour les 10 et 17 décembre

Classes ouvertes / chantier « Nous autres » / rappel de fonctionnement

Depuis le 21 mai 2007, le groupe travaille à partir d’un matériau commun : Nous autres, un roman d’Eugène Zamiatine. Il ne s’agit ni de mettre en scène ni d’adapter ce roman, mais de s’en inspirer très librement pour écrire ensemble une manifestation publique dont nous ne connaissons encore ni la forme ni les disciplines artistiques qu’elle mettra en jeu, mais dont nous savons qu’elle se donnera en juin 2008.
 
Concrètement, chaque lundi sous le regard et l’écoute de deux des membres fondateurs de (CAP)*, auxquels peuvent se joindre sous forme de « rebonds » des participants de la séance, nous proposons d’explorer des thèmes dégagés du roman « Nous autres » en lien avec la problématique du « Bien commun ». L’acte s’empare indifféremment de tous les supports possibles (texte, images, corps, sons, espaces…), sa validité réside dans ce qui le constitue comme fragment potentiel de l’écriture d’un projet commun. Par la captation vidéo, la prise de notes et de photographies et la rédaction systématique de comptes-rendus, une mémoire de l’atelier se constitue, permettant le travail d’analyse et de critique, puis l’élaboration progressive du projet final.

Les prochains rendez-vous >>>>> attention >>>> nouvel horaire >>> 19h30 > 22h30

Prochains rendez-vous le 26 novembre
Puis les 10, 17 décembre pour préparer les trois journées des 19, 20 et 21 décembre (session trimestrielle)

Rappel

Les classes ouvertes sont ouvertes à qui veut. Il suffit d’avoir seize ans révolus et d’adhérer à l’association (20 € par an). Les séances ont lieu dans la salle Lissenko des Studios Albatros, 52 rue du Sergent Bobillot à Montreuil (Métro Croix de Chavaux) et durent 3h : de 19h30 à 22h30.

Les archives des Classes ouvertes sont consultables sur le blog : http://capetoile.over-blog.com/

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Published by François Duconseille - dans CLASSES OUVERTES
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