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12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 23:49
(CAP)*                               prononcer « capétoile »

Classes ouvertes 2006-07             lundi 8 octobre 2007
http://capetoile.over-blog.com/

Pilotes

Bernard Bloch, Philippe Lanton. 
mails : ber.bloch@club-internet.fr, lecartel@tiscali.fr

Participants

Françoise Retel, Thierry Gary, Régis Bonvillain, Sophie Cohen, Marie-Hélène Gripkoven, Aurélie Miermont, Nil Dinç, Caroline Misbach , Dominique Aru, Isabelle Rèbre, Olivier Renouf, Philippe Pommier, François Duconseille, Sandra Aliberti, Chloë Houbart, Antoine de la Morinerie, Françoise Gendreau, Millie Deniret, François Sardi, Caroline Misbach, Marie Mézière, Marie-Dominique Dhelsing.

Chantier « Nous autres »

En préambule…Retour sur la séance précédente et, plus généralement sur les trois premiers lundis pilotés par Isabelle et François et qui étaient centrés sur Masque et visage – Transparence et opacité. Nombreux sont les participants qui expriment leur satisfaction à propos de ce travail…

Objet de la séance.
Philippe et Bernard ont choisi pour la première des trois séances, de recentrer la recherche sur le texte même de Zamiatine. Ils vont donc proposer une traversée condensée du premier tiers de Nous autres, les treize premières notes. 
Bernard et Philippe commencent par lire deux pages de « Logique de la Sensation », tirées du livre sur l’œuvre de Francis Bacon commentée par Gilles Deleuze. Ces deux pages, qui s’appuient beaucoup sur une évocation de La recherche… de Proust, s’articulent autour de la mémoire imaginaire, du relation passé - présent et de la figure en littérature et en peinture chez Proust et Bacon. Elles sont extraites du chapitre : Couples/triptyques.

Ce texte de Logique de la Sensation de Gilles Deleuze / Francis Bacon qui évoque les concepts de : Figure, Figures accouplées, Triptyque sont mises en relation avec l’objet de la recherche des trois séances à venir :   Affect/ Affectation/ Désaffection/
                                    Triangle, Trinité, Triangulation
                                    Souffrance et Représentation.

« Il appartient donc à la sensation de passer par différents niveaux, sous l’action de forces. » Gilles Deleuze

Mise en place du dispositif imaginé.

1. Les 21 participants font un échauffement. Marche désordonnée dans l’espace à différentes vitesses, sans s’arrêter, en se frôlant, sans s’attarder sur les visages des autres, en s’attachant à sentir la présence de l’autre plutôt que de la penser. Cette promenade qui fait référence aux Heures personnelles de Zamiatine est, par la suite, perturbée par des chutes et évanouissements des corps sur signal de Philippe.

2. Les 21 se divisent alors en trois vagues de 7, assises sur trois rangées face au plateau. La première est constituée de personnes en shorts et T-shirts ( jambes et bras nus ) : ce sont les CORPUS. La 2eme vague est constituée de SCRIBES. La 3eme vague, de LECTEURS.
Pendant les explications concernant la première vague, données par Philippe, Bernard place au sol sur le plateau les premières phrases des 13 premières notes de Nous autres – une feuille par note. La longueur des extraits choisis variant entre cinq lignes (note 10) et 25 (note 13)

3. Une musique robot ive, techno, répétitive, envahit l’espace sonore. Les Corpus, eux, envahissent le plateau, commençant une ballade solitaire sans but évoquant les heures personnelles de Zamiatine. Les corpus lisent silencieusement les treize notes déposées au sol…Chacun des 7 corpus choisit alors la note qui lui parle le plus et la garde en main tout en continuant la ballade.

4. Musique. Les scribes envahissent à leur tour le plateau. Ils croisent, frôlent, lors d’une nouvelle ballade les corpus, puis finissent chacun par choisir son corpus, formant alors un couple corpus/scribe. Les scribes lisent alors la note choisie par leur corpus, en extraient une phrase qui leur convient et, avec un feutre, l’écrivent sur le corps –jambes, bras, cou- du corpus. Pendant l’écriture sur les corps se crée une relation, un mouvement, souvent une tendre amicalité. L’écriture en mouvement sur le corps du corpus évoque irrésistiblement la caresse/lutte amoureuse qu’évoque Deleuze dans son texte sur Bacon. On a un peu le sentiment que chacun trouve son chat… On pense à la relation entre D 503 et O 90 pendant leur Heure sexuelle du début du roman. 









5. Musique. Les lecteurs  à leur tour envahissent le plateau, croisent successivement les couples ou figures accouplées qui se baladent ( corpus + scribes ). La ballade en duo devient alors petit à petit une danse. Chaque duo a son propre rythme, sa singularité. Les scribes, en côtoyant les duos  en profitent pour essayer d’entendre, de capter la phrase choisie par le scribe qu’il chuchote lors de chaque rencontre avec un lecteur. Les lecteurs peuvent aussi essayer de déchiffrer cette phrase sur le corps des corpus. Ensuite chacun des lecteurs choisit un duo et s’y « intègre. », faisant ainsi évoluer la ballade des heures personnelles des figures accouplées (duos) vers des triptyques (trios.) Une nouvelle ballade s’organise, le lecteur a pu entre temps lire, pour lui tout seul, la note choisie au préalable par le corpus.

6. Le choix des duos par les lecteurs sera long et difficile. Mais une fois ce choix accompli, cette longue séquence donnera des ballades, accouplements, triangulations très singulières et très différentes pour chaque triptyque : travail dans l’espace, portées des corps, travail au sol, trios fragmentés ou au contraire fusionnels, différences rythmiques etc…Le tout donnant une forte impression d’harmonie joyeuse et désordonnée.

7. Musique. Maintenant il s’agit de sonner la fin de la récré, le temps de la singularité est passé, il s’agit de revenir à la Norme, à l’organisation…Sur un signal de Philippe et Bernard – qui jouent ici un peu le rôle de S, l’ange gardien du roman -, les trios sont convoqués à tourner en cercle par ligne de 3 dans l’espace. Sur un claquement de main du S Philippe, chaque lecteur d’un trio lit à haute voix le texte complet de chaque note. Puis, à la fin du texte, les trois membres du trio chutent, s’évanouissent au sol. Dès qu’un trio s’effondre les « autres » se remettent en marche jusqu’à épuisement du stock.
Il est remarquable que, alors que les trios ont chacun trouvé une grâce, une homogénéité dans leur danse, une connivence, la lecture progressive des textes et les écroulements successifs produisent un sentiment d’épuisement, d’écrasement même. Toute cette liberté conquise semble anéantie par la force du texte, par la coercition exercée par les deux S. Une image surgit, celle de trios errant au milieu des cadavres d’une explosion atomique.

8. Musique. Bernard choisit un trio au sol, et l’invite à sortir de la salle avec lui. Les autres trios restent au sol. Une fois dehors, Bernard lira à chaque trio, à tour de rôle, la note 40, ultime note du texte de Zamiatine. Lorsqu’un trio revient dans la salle il s’assoit dans le public et un autre trio sort et ainsi de suite. A chaque fois, le texte est lu dans une intention différente par le S Bernard. Rappelons que la note 40 raconte l’écrasement de la rébellion et la victoire totale sur la dissidence. Elle raconte aussi la camisole chimique, le décervelage dans lequel on a définitivement enfermé l’auteur des notes : D 503 ainsi que tous les numéros récalcitrants. Durant tout ce temps Philippe est devenu un S ( surveillant ) dont l’ombre balaye les corps au sol…Tout est rentré dans l’ordre. Chacun baigne à nouveau dans un bonheur uniforme. Plus rien n’arrive !

Fin du processus expérimental

Remarques de fin de séance / rebonds et pistes

Nous nous asseyons en cercle. Tout le monde semble assez troublé par l’expérience que nous avons tentée. Ni Philippe ni moi n’ont eu la présence d’esprit de prendre des notes. Ce qui fait que le compte rendu des « rebonds » sera très parcellaire.
Dominique est la première à prendre la parole pour dire qu’elle avait trouvé tout cela fort agréable. Ce qui est loin d’être le point de vue de tous. François évoque une traversée cauchemardesque. L’impression d’avoir été forcé de ressentir, d’avoir subi l’injonction : RESSENS ! Peut-être est-ce de l’ambiance du monde parfait, total de Nous autres qu’il parle.
Il y avait en effet quelque chose de l’ordre de la manipulation dans tout cela. Mais il s’agissait une manipulation qui incluait les « manipulateurs » dans la manip, dans l’histoire. « Comme si, petit à petit, sans l’avoir prévu, nous étions effectivement devenus, Philippe et moi, deux S, deux gardiens comme dans le roman » (deux S, ça fait SS, remarque François… !)
Quant à Thierry, il a vécu l’expérience comme une tentative, réussie selon lui, de rendre compte de la substance du roman de Zamiatine.

> Il est fait référence à la grande diversité de ce que proposaient les duos, puis les trios. A leurs singularités. Aucun trio ne ressemblait à un autre et ils avaient tous une très forte personnalité.
> La façon dont les trios étaient sexuellement constitués, même si les différences étaient très sensibles pour les spectateurs, n’enlevait rien à la force d’évocation de chacun des trios.
> Plusieurs d’entre nous évoquent le grand plaisir ressenti aussi bien pour le corpus que pour le scribe, au moment de l’écriture de la phrase choisie, sur le corps. Sensualité, danse amoureuse, chorégraphie de la caresse.
> On regrette ici et là que les différentes phases de l’expérience n’aient pas été plus longues. Il fallait en effet du temps pour que les duos, puis les trios se forment, se ressentent.
> Certains regrettent que la musique ait été trop présente, même si tout le monde convient qu’elle a été essentielle pour la mise en place de l’Humeur commune, du bien commun…
> Puis, une fois les trios formés, ce sentiment assez général que chaque trio oubliait complètement les autres. Les trios se suffisant à eux-mêmes, personne ne gênait personne, mais personne ne se souciait des autres trios. Tout était complet (total ?) dans chaque triangle. Il y avait pour le coup une affectation/affection parfaite à l’intérieur de chacun des trios. Chaque trio/triptyque évoluant à côté les uns des autres, sans s’affecter mutuellement.
> C’est peut-être au moment où les trios ont été priés de sortir pour subir la lecture de la note 40 que la desaffectation/desaffection a eu lieu. Comme un réveil brutal à la dure réalité totalitaire, comme une chute.
Encore que certains ont vécu la révélation de la note 40 comme la suite logique de ce qui a précédé…

Pour finir enfin, cette proposition de rebond de Chloë :
Le propos de Zamiatine, la sensation du travail de lundi (la manipulation)me donne envie de travailler avec des marionnettes (grandeur nature ou même un peu plus grandes que nous), ou bien nos corps à nous que les uns et les autres manipulent à vue…

Classes ouvertes / chantier « Nous autres » / rappel de fonctionnement

Depuis le 21 mai 2007, le groupe travaille à partir d’un matériau commun : Nous autres, un roman d’Eugène Zamiatine. Il ne s’agit ni de mettre en scène ni d’adapter ce roman, mais de s’en inspirer très librement pour écrire ensemble une manifestation publique dont nous ne connaissons encore ni la forme ni les disciplines artistiques qu’elle mettra en jeu, mais dont nous savons qu’elle se donnera en juin 2008.
 
Concrètement, chaque lundi sous le regard et l’écoute de deux des membres fondateurs de (CAP)*, auxquels peuvent se joindre sous forme de « rebonds » des participants de la séance, nous proposons d’explorer des thèmes dégagés du roman « Nous autres » en lien avec la problématique du « Bien commun ». L’acte s’empare indifféremment de tous les supports possibles (texte, images, corps, sons, espaces…), sa validité réside dans ce qui le constitue comme fragment potentiel de l’écriture d’un projet commun. Par la captation vidéo, la prise de notes et de photographies et la rédaction systématique de comptes-rendus, une mémoire de l’atelier se constitue, permettant le travail d’analyse et de critique, puis l’élaboration progressive du projet final.

Les prochains rendez-vous >>>>> attention >>>> nouvel horaire >>> 19h30 > 22h30

15, 22 octobre
12, 19, 26 novembre
10, 17 décembre + 19, 20, 21 décembre (session trimestrielle)

Rappel

Les classes ouvertes sont ouvertes à qui veut. Il suffit d’avoir seize ans révolus et d’adhérer à l’association (20 € par an). Les séances ont lieu dans la salle Lissenko des Studios Albatros, 52 rue du Sergent Bobillot à Montreuil (Métro Croix de Chavaux) et durent 3h : de 19h30 à 22h30.

Les archives des Classes ouvertes sont consultables sur le blog : http://capetoile.over-blog.com/

ANNONCES

à l'Espace 1789, 2/4 rue Alexandre Bachelet, Saint-Ouen
tel 0140115023
du lundi au vendredi de 10h à 12h et de 14h à 17h30
samedi et dimanche de 14h30 à 18h

 
DESIRREALITES
artistes contemporains d'Afrique du Sud
 
PIETER BADENHORST, ROGER BALLEN, LIEN BOTHA, WILLIAM KENTRIDGE, MOSHEKWA LANGA, THANDO MAMA, SAM NHLENGETHWA, PENNY SIOPIS, ANDREW TSHABANGU, NONTSIKELELO «LOLO» VELEKO, , SUE WILLIAMSON



























Dans le cadre de la Coupe du Monde de Rugby et de l'accueil des Springboks en Seine-Saint-Denis,
le Conseil général est à l'initiative avec ses partenaires d'une saison culturelle
aux couleurs de l'Afrique du Sud et de sa création contemporaine, qui se déploie sur tout le territoire. C'est ainsi que l'association l'Oeil en Cascade a organisé cette exposition de plasticiens sud-africains en partenariat avec le Conseil général, la Ville de Saint-Ouen et l'Espace 1789.
 
commissariat : l'Oeil en Cascade - scénographie : François Duconseille
exposition réalisée avec l'aide du Conseil général de la Seine-Saint-Denis
et avec le concours de la Ville de Saint-Ouen, l'Espace 1789,
l'Institut Français d'Afrique du Sud (IFAS),
la Goodman Gallery (Johannesburg), the Photography Gallery (Cape Town),
Momo Gallery (Johannesburg), Afronova (Johannesburg) et Art and paper Gallery (Johannesburg), Cadrex (Paris), Toros Lab (Paris)

Nomad
présente du 10 au 21 octobre 2007 
SILENCES
au Théâtre du Lierre 22 rue du chevaleret 75013 Paris.
mercredi, vendredi, samedi 20h30, jeudi 19h30, dim 15h
relâche lundi et mardi, 
réservation : 01 45 86 55 83




























composition musicale, livret : Valérie Joly
mise en scène : Philippe Dormoy
Interprètes :
Landy Andriamboavonjy, Valérie Joly, Francine Romain (voix),
Kaori suzuki (danse).
Scénographie: Yves Collet
Lumières : Laïs Foulc et Gildas Plais
Bande sonore : Laurent Sellier
Régie son : Maxime Fabre
 traduction des landays : André Velter
 poème "au silence va le chant" : Michel Thion

« Silences » tire son inspiration de poésies chantées collectées en Afghanistan (le suicide et le chant, S. B Majrouh, gallimard).
Bouleversée par cette écriture de l’oralité et de la résistance,
Valérie Joly a écrit en forme d’écho un long poème chanté croisant l’épique et le contemporain . Une partition mêlant différentes vocalités, composée pour trois voix de femmes dont les diverses nationalités d’origine ouvrent l’imaginaire de la scène. Un rituel contemporain est inventé ici pour interroger et convoquer les figures masculines afin de recomposer un nouveau lien.
Le chant, vif et rebelle, comme une parole offerte, un dévoilement, devient acte social et sonne comme un éclat de rire .« Silences » n’est pas une plainte, c’est un magnifique chant d’espoir, celui de la bouche qui ne se ferme pas, celui du silence qui parle : paroles de femmes qui s’envolent pour ne pas mourir muettes.

Production et diffusion : NOMAD  01 48 51 71 10
Producteur délégué pour la sonorisation : la Muse en Circuit
Coproductions : Scène nationale de Vandoeuvre les Nancy, Centre André Malraux, La Muse en circuit
Avec le soutien de l’ADAMI et de la SPEDIDAM, la ville de Montreuil, le Grain Théâtre de la Voix.
Création le 30 Novembre 2005 au festival des 38° rugissants (Grenoble-St Egrève)
  

Renseignements
Chargée de diffusion : Laurence Dune
 Tél : 01 43 60 72 05 - Fax : 01 43 60 70 12 - ldune@free.fr
NOMAD
Contact Valérie Joly Tél. 01 48 51 71 10 - val.m.joly@wanadoo.fr

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Published by François Duconseille - dans CLASSES OUVERTES
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