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25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 22:03
(CAP)*                               prononcer « capétoile »

Classes ouvertes 2006-07           lundi 24 septembre 2007
http://capetoile.over-blog.com/

Pilotes

François Duconseille et Isabelle Rèbre
Mails : f.duconseille@cegetel.net, irebre@club-internet.fr

Participants

Françoise Retel, Sophie Cohen, Marie-Hélène Gripekoven, Morgane Lombard, Dominique Aru, Bernard Bloch, Laure Pierredon, Chloé Houbart, Philippe Dormoy, Marie Mézière, Caroline Misbach, Marie Mainardis, Paule Uzan, Antoine de La Morinerie, Thierry Gary, Régis Bonvillain, Marie-Dominique Dhelsing, Philippe Lanton, Cybèle Calvat, Karen Ramage, Sandra Aliberti, Nicolas Gonzales, Millie Deniset

Chantier « Nous autres »

1) tour de table sur la séance précédente
> Chloé trouve que le projet est en train changé que les règles en sont différentes. Elle questionne le caractère collectif de la création. Elle s’est sentie écrasée.

> Marie-Hélène exprime sa difficulté récente dans le projet, qu’elle sent trop précis, mal à l’aise dans un dispositif de jeu, elle qui n’est pas actrice. Elle regrette que les choses soient trop calées à l’avance.

> Thierry intervient pour dire que le cadrage est nécessaire et souhaitable à cette étape, car il y a autant de projets que d’individus. Il l’apprécie par rapport à quelque chose qui “ allait dans tous les sens ” l’année dernière

> Antoine remarque que des éléments de la première séance avaient en partie déjà été travaillés précédemment et qu’il n’y avait pas là un tel bouleversement, pas matière à se sentir oppressé

> Dominique rappelle que la séance du 17 était la première d’un nouveau temps de travail allant vers une présentation publique. Nous sommes à la recherche d’un équilibre.

> Philippe L. dit que ce que nous cherchons à faire est extrêmement difficile, nous allons être confrontés à des vérités multiples et constate que de “ l’en commun ” existe dans ce qui se partage dans les classes ouvertes. C’est pour lui cette expérience du partage des vérités multiples, qu’il n’y a pas une vérité (harmonie ?)  et c’est le cœur de la recherche. Peut-être au bout du compte  serons-nous tous “ frustrés ” de n’avoir pu développer ce que nous pensons être notre propre vérité.

> Marie-Dominique trouve qu’il est essentiel que le point de vue des porteurs de séances soit mis en commun, énoncé pour que chacun se situe dans le cadre du projet. Ils ont la responsabilité du regard, de l’analyse de la séance. Pour elle il n’y a pas d’inquiétude à avoir pour juin, tant la matière explorée est dense et riche.

> Bernard évoque ses découvertes de la séance du 17
        - le sens produit par le passage de la frontalité de la ligne à 4 à une disposition
        plus compacte et plus complexe des personnages (avec circulation de « S » à l’arrière)
        - le sens produit par le décollement du texte de l’acteur (voix off)
        Il continue son intervention en disant que la matière sur laquelle on travaille pour inventer cette             écriture commune c’est « nous ». Que la question alors n’est pas celle de la performance, il nous             faut sortir de la pensée de la performance.

> Morgane dit combien cette séance l’a nourri durant la semaine et que des liens se sont créés notamment par à la vue de documentaires rendant hommage au mime Marceau.

> Paule évoque le « Portrait de Dorian Gray » qu’elle a à l’occasion relu.

> Isabelle lit l’interview imaginaire entre Bergman et Antonioni sur le gros plan de visage. Et évoque au regard de la dernière séance ce qui lui semble une piste intéressante à creuser : le tableau vivant et le travail sur la lenteur

2) lecture de l’entretien entre Emmanuel Lévinas et Nemo sur le visage (in “ Éthique et infinie ”) : pour Lévinas, le visage est lié à l’éthique. Il s’impose à nous comme un “ tu ne tueras point ”.

3) échauffement dirigé par Laure puis reprise de l’exercice de la séance du 17 « marche / aimantation / regards / visages » cette fois-ci sans consigne, laissant chacun prendre le temps de la découverte de l'autre à sa façon

4) reprise de la marche et de l’exercice précédent en demandant aux participants de former des couples. Après la rencontre et l’observation du visage de l’autre, chacun écrit ce qu’il a ressenti de "l'apparition du visage de l'autre", de "la trace que le visage laisse en vous après la rencontre". Ecriture du souvenir, de l’après rencontre.





















6) restitution de ces textes dans le dispositif
- le visage décrit face caméra filmée en gros plan > l'image projetée sur l'écran
- celui qui a vu le visage face spectateur devant l'écran, puis marchant de profil
- texte décrivant le visage à l’écran lu par une voix off
















 

Remarques de fin de séance

> il a été apprécié de prendre le temps d’aller au bout d’une seule question. Dominique dit que l’impression de malaise, de pression vient souvent de ne pas avoir le temps d’aller au bout d’un exercice.

> richesse des points de vue très différents
        - description
        - regard plus pénétrant
        - plusieurs regards sur un même visage

> on remarque que la position du voyeur/spectateur s’estompe au fur et à mesure. La gêne laisse place à autre chose, on découvre un autre rapport au visage

> importance de la découverte du texte en direct par celui qui est regardé. Ce qui transforme un dispositif formel en un moment d’émotion que l’on ne peut reproduire, le film le conserve (un travail de postsynchronisation des textes permettrait d’en faire un documents exploitable)

> Les visages connus se transforment, deviennent comme des masques différents, des paysages dans lesquels on circule. La matière que l’on observe se détache de notre connaissance de ces visages

> Bernard y a vu la galerie de portraits de « Nous autres »

> Le son du texte lu était trop faible, il faudrait qu’il soit amplifié pour être à l’échelle
du gros plan projeté sur l’écran.

> Antoine signale la définition accessible (site gallica de la bnf) du mot « visage » dans le grand Larousse du XIXème à la page 1110 > http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2053661/f1112.chemindefer
il recommande aussi à ceux qui possède le Littré de s’y référer.
Visage – ( vi-za-je -- le vieux français vis, encore conservé dans l’expression vis-à-vis, face à face, tête à tête, représente le latin visus, vue, action de voir, qui, au moyen âge, peut-être sous l’influence de l’allemand gesicht, visage, de sehen, voir, a pris la valeur du latin vultus)…

Point de vue des porteurs de séance

Comme tout le monde l’a souligné à la fin de la séance, ce travail sur le portrait /gros plan dans sa durée et sa multiplicité est une porte possible pour  rentrer dans le sujet de Nous autres. Il fait apparaître une humanité, une diversité qui fonctionne grâce à la variété des visages. et des regards.
Isabelle est restée à cette phrase de Lévinas lu en début de séance où le visage s’impose comme un “  tu ne tueras point ”. Mais comment travailler cela ?  Ce qui est venu aussi du même coup associée à cette phrase, c’est l’image, celle du visage mourant , le gros plan de la Jeanne d’Arc de Dreyer. Peut-être une piste pour le chantier « souffrance et représentation de la souffrance » ?
Le choix du dispositif alliant jeu en direct et image du visage projeté était pour nous une façon de capter l’émotion de la rencontre en 2 individus, comme une expérience scientifique sur du vivant, d’où la contrainte forte, trop forte pour certains. Ce dispositif a, à notre sens, très bien fonctionné et a permis ce travail sur les micros mouvements du visage pris par l’émotion. Nous souhaitions travailler sur cet infime, pari difficile pouvant engendrer des frustrations d’acteurs. Le résultat obtenu nous semble probant et dégage de vraies pistes exploitables (dispositif jeu+images de la séance du 17 et film de la séance du 24)

Rebonds et pistes

> multiplier des points de vue différents sur un même visage ( ce qui s’est produit involontairement lors de la séance où 3 personnes ont écrits sur un même visage)

> pousser plus loin ce dispositif mais en travaillant à mettre en lumière le regard du regardeur pour souligner la réciprocité du regard ( Philippe)

> déplacer légèrement le vidéoproj pour conserver l’ombre du corps de l’un sur le visage projeté de l’autre. ( Marie-Dom)

> si on renouvelle le dispositif, comment garder la découverte provoqué par la découverte du texte écrit sur soi ? en écrivant à chaque fois de nouveaux textes

> Thierry souligne l’opposition intéressante entre la vie qui se dégage du visage en gros plan découvrant son portrait énoncé et la marche un peu formelle, très lente du regardeur.

> les visages en gros plans apparaissent comme des masques, séparés du corps. Sensation de ne pas reconnaître les autres que l’ont connaît, comme si leur visage se mettait à exister de façon autonome.(Bernard)

Classes ouvertes / chantier « Nous autres » / rappel de fonctionnement

Depuis le 21 mai 2007, le groupe travaille à partir d’un matériau commun : Nous autres, un roman d’Eugène Zamiatine. Il ne s’agit ni de mettre en scène ni d’adapter ce roman, mais de s’en inspirer très librement pour écrire ensemble une manifestation publique dont nous ne connaissons encore ni la forme ni les disciplines artistiques qu’elle mettra en jeu, mais dont nous savons qu’elle se donnera en juin 2008.
 
Concrètement, chaque lundi sous le regard et l’écoute de deux des membres fondateurs de (CAP)*, auxquels peuvent se joindre sous forme de « rebonds » des participants de la séance, nous proposons d’explorer des thèmes dégagés du roman « Nous autres » en lien avec la problématique du « Bien commun ». L’acte s’empare indifféremment de tous les supports possibles (texte, images, corps, sons, espaces…), sa validité réside dans ce qui le constitue comme fragment potentiel de l’écriture d’un projet commun. Par la captation vidéo, la prise de notes et de photographies et la rédaction systématique de comptes-rendus, une mémoire de l’atelier se constitue, permettant le travail d’analyse et de critique, puis l’élaboration progressive du projet final.

Les prochains rendez-vous >>>>> attention >>>> nouvel horaire >>> 19h30 > 22h30

1, 8, 15, 22 octobre
12, 19, 26 novembre
10, 17 décembre + 19, 20, 21 décembre (session trimestrielle)

Rappel

Les classes ouvertes sont ouvertes à qui veut. Il suffit d’avoir seize ans révolus et d’adhérer à l’association (20 € par an). Les séances ont lieu dans la salle Lissenko des Studios Albatros, 52 rue du Sergent Bobillot à Montreuil (Métro Croix de Chavaux) et durent 3h : de 19h30 à 22h30.

Les archives des Classes ouvertes sont consultables sur le blog : http://capetoile.over-blog.com/

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Published by François Duconseille - dans CLASSES OUVERTES
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