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22 juin 2007 5 22 /06 /juin /2007 13:59
(CAP)*                               prononcer « capétoile »

Classes ouvertes 2006-07                 lundi 18 juin 2007
http://capetoile.over-blog.com/

Modérateurs

Dominique Aru, Olivier Renouf. Prise de notes et compte-rendu : Isabelle Rèbre.

Participants

Françoise Retel,Mathilde Risse; Thierry Gary, Régis Bonvillain, Sophie Cohen, Marie-Hélène Gripkoven, Morgane Lombard, Aurélie Miermont, Nil Dinç, Caroline Misbach , Dominique Aru, Isabelle Rèbre, Philippe Lanton, Olivier Renouf,

Le laboratoire du « bien commun ? »

En préambule…

Nous parlons de la séance précédente et la revisitons rapidement pour les absents. Plusieurs personnes ont trouvé l’exercice d’écriture intéressant et souhaiteraient le poursuivre en l’améliorant sur certains points, ( problème de mauvaise audition des phrases prononcées).

Sophie utilise à plusieurs reprises le mot « contamination » en parlant des deux dernières séances où plusieurs couples/personnes jouent dans des espaces délimités mais à proximité les uns des autres. Cela produit un effet très curieux entre les acteurs car aucune relation avec l’autre n’est recherchée et pourtant il se produit quelque chose de l’ordre de la  contamination , « malgré soit ».

On se souvient de la proposition de Philippe d’écrire les messages qu’un personnage serait sensé écrire alors que dans l’exercice nous avons travailler sur les messages qu’il reçoit ( travail sur l’écoute et l’interprétation)

Morgane a trouvé intéressant d’écrire pour quelqu’un d’autre. dans cette forme d’écriture spontannée une relation à deux se construit.  Quelqu’un fait remarquer que dans cet exercice, il s’agissait même d’une relation triangulaire entre chaque côté de l’écran et les écrivains. Pourquoi pas orchestrer les échanges comme une musique par l’intermédiaire d’un chef d’orchestre ? A voir…

Enfin, pour finir : la présence de l’écran – empêchement de la vision- était-elle vraiment nécessaire ou serait-il plus intéressant de travailler uniquement avec des murs imaginaires ?

La séance du jour commence avec un Travail de corps avec Olivier

Travail sur l’ouverture des bras, du dos en prenant conscience des appuis.

Puis déplacement dans l’espace en « tenant » une personne par les yeux.
Idem mais on se déconnecte et re-connecte par le regard au cours d’un déplacement libre en restant concentré sur trois choses les pieds le dos et le regard.

Musique est tirée du spectacle « la chambre d’Isabella » de Jan Lauwers  puis une autre de Gotan project

On poursuit le déplacement par couple en se tenant par les yeux mais en changeant  de niveau  dans l’espace. Seuls trois couples cette fois occupent la scène.

Enfin, on passe du regard au touché : deux personnes s’avancent l’une ver l’autre et entrent en contact par le dos. Elles restent ainsi un long moment et se séparent à nouveau, l'idée est de passer du regard au regard du toucher  qu'est le point de  contact.

Dominique introduit du texte dans le travail  et propose le dispositif suivant :
Deux lecteurs extérieurs prennent en charge les dialogues : l’un pour I ; l’autre pour D.
Sur le plateau, des couples s’approchent, entre en contact par un endroit du corps, restent collés,  puis se séparent. Dans le rapprochement, travail sur l’aimantation : deux aimants s’attirent mais se repoussent aussi.

Le dialogue qui suit est lu en trois temps ( avancée /rencontre/séparation) :
(Sur un tango de Carlos Gardel)

I.
Allo ? Vous êtes chez vous ? C’est parfait.
Attendez-moi au coin de la rue.

Nous irons ensuite…
Vous verrez bien où

D – Vous savez parfaitement que je vais maintenant à mon travail.

I – Vous savez parfaitement que vous ferez comme je vous dis.
Au revoir, dans deux minutes…

II.
D – Il y a beaucoup de brouillard

I Tu aimes le brouillard ?

D - Je déteste le brouillard, j’en ai peur

I Donc, tu l’aimes. tu en as peur parce qu’il est  plus fort que toi, tu le détestes parce que tu en as peur et tu l’aimes parce que tu ne peux le soumettre à ta volonté. On ne peut aimer que l’indomptable.

III.
I -Je savais…je te connaissais

I Eh bien ange tombé, vous venez de vous perdre ?
Non, n’ayez pas peur.
Allons, au revoir. Vous rentrerez seul.

-
Le résultat est très intéressant pour l’effet de distanciation produit : les personnages sont libérés du texte et peuvent être entièrement à leur état.
On tente différentes choses :  temps d’approche plus ou moins tendu par le regard, changement de l’endroit du touché ( main sur le visage, etc…).
Il est intéressant de jouer sur cette idée de l’aimant  c’est à dire qu’il y ait effet d’attirance physique et non intention d’une approche. Car du coup on est vraiment dans quelque chose de physique d’où toute psychologie est absente.
Le principe de la voix off, qui détache la voix du corps est aussi à explorer : Produit un décalage et parfois un trouble sur l’auteur du dialogue.





















Nous finissons la séance par une lecture collective de la note 13.
Dominique dit qu’un autre chantier à explorer dans cette note est le passage du « tu » au « vous ».
Elle a filmé les échanges. A voir et surtout expérimentation à poursuivre… 

Les prochains lundis

La prochaine classe ouverte aura lieu  le  25 juin prochain, ce sera la dernière de l’année. Reprise en septembre.

Le laboratoire du “ bien commun ? ” est un temps d’expérimentations conçu comme un jeu collectif.
L’expérience de chacun est proposée au groupe, premier public, premier critique ; elle se construit pour et par ces premiers regards, ces premières paroles. La succession des rencontres constitue une communauté de création existant aussi bien dans les actions singulières de chacun de ses membres, que dans la mise en œuvre de/d’un projet(s) commun(s). La seule règle  étant : “ Expérimenter avant de dire ”. C’est à partir de ce qui se met en jeu que se construit la rencontre et s’élaborent les projets.

Depuis le 21 mai 2007, cependant, la règle du jeu s’est quelque peu enrichie. Désormais, le groupe travaille à partir d’un matériau commun : Nous autres, un roman d’Eugène Zamiatine. Il ne s’agit ni de mettre en scène ni d’adapter ce roman, mais de s’en inspirer très librement pour écrire ensemble une manifestation publique dont nous ne connaissons encore ni la forme ni les disciplines artistiques qu’elle mettra en jeu, mais dont nous savons qu’elle se donnera au cours du printemps 2008. 

Concrètement, chaque lundi sous le regard et l’écoute de deux des membres fondateurs de (CAP)*, puis, dès la rentrée, d’un membre fondateur associé à un membre du “ premier cercle ” chacun des participants de la séance vient proposer un “ acte ” aux autres participants, qui eux-mêmes peuvent (ou non) rebondir sur la proposition.  L’acte s’empare indifféremment de tous les supports possibles (texte, images, corps, sons, espaces…), sa validité réside dans ce qui le constitue comme fragment potentiel de l’écriture d’un projet commun désormais inspiré par Nous Autres. Les actions menées dans le laboratoire sont systématiquement captées sur un support audiovisuel ou textuel. Une mémoire de l’atelier se constitue, permettant le travail d’analyse et de critique, puis l’élaboration progressive du projet final.

Les classes ouvertes sont ouvertes à qui veut. Il suffit d’avoir seize ans révolus, d’adhérer à l’association des Amis de (CAP)*(15 € par an) et de s’acquitter d’une participation de 3 € par séances. Les séances ont lieu dans la salle Lissenko des Studios Albatros, 52 rue du Sergent Bobillot à Montreuil (Métro Croix de Chavaux) et durent 3h : de 20h00 à 23h00.

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Published by François Duconseille - dans CLASSES OUVERTES
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