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16 juin 2007 6 16 /06 /juin /2007 23:44
(CAP)*                               prononcer « capétoile »

Classes ouvertes 2006-07                 lundi 11 juin 2007
http://capetoile.over-blog.com/

Modérateurs

Bernard Bloch, Isabelle Rèbre, Olivier Renouf. Prise de notes et compte-rendu : François Duconseille

Participants

Chloë Houbart, Françoise Retel, Antoine de La Morinière, Milly Deniset, Régis Bonvillain, Sophie Cohen, Paule Uzan, Marie-Hélène Gripkoven, Morgane Lombart, Aurélie Miermont, Nils Dinç, Bernard Bloch, Dominique Aru, Isabelle Rèbre, Philippe Lanton, Olivier Renouf, Raphaëlle Giltis, Mathilde Tisse

Le laboratoire du « bien commun ? »

En préambule…

Nous revenons sur la séance précédente, on évoque Berlioz, le grand verre de Marcel Duchamp, mais aussi plus simplement quelques sentiments personnels.

On informe que « Nous autres » a inspiré un opéra à Jean Goury et Jacques Boudon intitulé « I330 » créé à l’opéra de Nantes en 1975.

On revient aussi sur la question de comment faire avec « Nous autres » : est-ce une adaptation, un prétexte ? Le souhait est de ne pas s’en détacher trop vite, de prendre le temps d’en explorer la matière.

Paule constate que ce texte appelle, crée un vide par son absence de contexte connu, on avance en lui sans repère. C’est une écriture elliptique dans laquelle le temps est flottant.

Isabelle revient sur la biographie de Zamiatine
Issu d’une famille aisée, Zamiatine est ingénieur en constructions navales puis professeur à l’Institut polytechnique tout en écrivant. Son indépendance et son refus de soumettre l’art à la politique lui attirent des inimitiés, des tracasseries administratives, des interdits de la censure. La presse le dénonce comme traître en 1929 et il quitte l’URSS avec sa femme en novembre 1931 : " Pour moi, en tant qu’écrivain, être privé de la possibilité d’écrire équivaut à une condamnation à mort. Les choses ont atteint un point où il m’est devenu impossible d’exercer ma profession, car l’activité de création est impensable si l’on est obligé de travailler dans une atmosphère de persécution systématique qui s’aggrave chaque année ", écrit-il à Staline en juin 1931.

Puis Bernard propose de commencer à travailler sur la note 3 à partir du protocole suivant :
1- l’un après l’autre, les participants se placent sur le plateau, debout ou assis, et produisent une série de gestes qui se répètent en cycles jusqu’à ce que tous fassent le même cycle en même temps.
2- Le dernier arrivé prononce une phrase courte et simple à la fin du dernier geste du cycle, « et si je vous demandais de rester avec moi ? ». Puis au cycle suivant toutes les femmes la répètent ensemble.
3- Les hommes à la fin de leur cycle disent ensemble : « Non, mais vous vous rendez compte de ce que vous dites ? Je suis obligé d’être à l’auditorium dans 10 mn »
4- A la fin du cycle suivant, les femmes répliquent : « Tous les numéros sont tenus d’assister au cours d’art et de science »
5- Un des hommes répond une phrase inventée à la fin du cycle suivant puis tous les hommes la répètent
6- Idem, une femme puis toutes les femmes
7- Un homme, tous les hommes
8- Une femme, toutes les femmes
9- Bernard arrête l’action
Fin – Une femme désignée par Bernard « Je connais un médecin au bureau médical. Il est inscrit pour moi. Si je lui demande, il vous donnera un certificat. Alors ? »
















 

Ensuite après un échauffement Olivier propose une recherche sur la situation d’enfermement dans un espace clos ( cellule de moine, chambre, prison) et les différentes positions possibles. Après une expérimentation “ libre ” il construit un espace cellulaire (8 cases) dans lequel chaque participant produira ces gestes simultanément.

Isabelle met alors en place le dispositif suivant à partir du travail dans l’espace


Sur le plateau 2 participants de part et d’autre d’un écran créant paroi (I330 et D503)
Chacun est enfermé dans un espace vide hormis une chaise






Dans la salle 2 groupes d’écrivants, ceux de gauche écrivent les messages de 1330, ceux de droite ceux de D503. Ces messages sont transmis aux 2 participants du plateau par un facteur. Les messages sont lus à haute voix par I33 et D503. Ces messages préparent et annoncent une rencontre entre les 2 protagonistes, cette rencontre n’aura pas lieu.



L’idée est de produire une écriture en interaction avec le jeu des acteurs et d’inventer ce qui peut se jouer dans l’attente de la rencontre entre l’homme et la femme. Chaque écrivain doit écrire une phrase du dialogue en intégrant à son message un mot obligatoire qui est inscrit sur un post it qui lui a été remis. Les mots imposés sont tirés de la note 6. Il s’agit de : ciel, épaule, bouche, maison antique, clair, entendu, vendredi, etc…
La correspondance se construit progressivement.  Echange de phrases assez simples, type texto. Ex : Je m’adresse à vous sous la bouche, cependant, quelque chose est là – J’ai des heures trop vides de vous, je veux les dépenser avec vous –Serait-ce votre épaule là tout contre moi ?

C’est seulement lorsque le premier message a été énoncé que l’écrivain 2 peut écrire la réponse et ainsi de suite. Les écrivains peuvent s’inspirer ou non de ce que produit l’acteur dans sa cellule.
Une musique électronique se diffuse…
Philippe qui fait cette première tentative avec Nil pense que les messages doivent être le plus concrets possibles, sinon l’acteur a du mal à s’appuyer sur quelque chose .

















L’expérience est renouvelée avec 3 couples sur le plateau : 3 femmes à gauche  de la paroi et 3 hommes à droite. Cette fois, chaque acteur a son écrivain  : ce sont des styles de dialogues différents qui se développent.
Certains détenus organisent dans l’espace la disposition des post it et jouent avec cela. Aurélie exprime accueille chaque arrivée de message par un “  Ah ! ” qui introduit un effet comique. De l’intime entre dans le jeu avec les messages reçus par Mathilde qui sont tous signés du prénom Antoine. Bernard se colle les post it sur le corps.
 
Le résultat est plus intéressant que le même exercice avec un seul couple car ici il y a effet de collectivité. Le rythme est aussi plus dense et parfois échos entre les messages.
On regrette à la fin de l’expérience que les message lus ne soient pas parvenus de l’autre côté de la paroi, ce qui prive les acteurs d’une partie du jeu.

Fin de la séance.

Les prochains lundis

18 et 25 juin

Le laboratoire du “ bien commun ? ” est un temps d’expérimentations conçu comme un jeu collectif.
L’expérience de chacun est proposée au groupe, premier public, premier critique ; elle se construit pour et par ces premiers regards, ces premières paroles. La succession des rencontres constitue une communauté de création existant aussi bien dans les actions singulières de chacun de ses membres, que dans la mise en œuvre de/d’un projet(s) commun(s). La seule règle  étant : “ Expérimenter avant de dire ”. C’est à partir de ce qui se met en jeu que se construit la rencontre et s’élaborent les projets.

Depuis le 21 mai 2007, cependant, la règle du jeu s’est quelque peu enrichie. Désormais, le groupe travaille à partir d’un matériau commun : Nous autres, un roman d’Eugène Zamiatine. Il ne s’agit ni de mettre en scène ni d’adapter ce roman, mais de s’en inspirer très librement pour écrire ensemble une manifestation publique dont nous ne connaissons encore ni la forme ni les disciplines artistiques qu’elle mettra en jeu, mais dont nous savons qu’elle se donnera au cours du printemps 2008. 

Concrètement, chaque lundi sous le regard et l’écoute de deux des membres fondateurs de (CAP)*, puis, dès la rentrée, d’un membre fondateur associé à un membre du “ premier cercle ” chacun des participants de la séance vient proposer un “ acte ” aux autres participants, qui eux-mêmes peuvent (ou non) rebondir sur la proposition.  L’acte s’empare indifféremment de tous les supports possibles (texte, images, corps, sons, espaces…), sa validité réside dans ce qui le constitue comme fragment potentiel de l’écriture d’un projet commun désormais inspiré par Nous Autres. Les actions menées dans le laboratoire sont systématiquement captées sur un support audiovisuel ou textuel. Une mémoire de l’atelier se constitue, permettant le travail d’analyse et de critique, puis l’élaboration progressive du projet final.

Les classes ouvertes sont ouvertes à qui veut. Il suffit d’avoir seize ans révolus, d’adhérer à l’association des Amis de (CAP)*(15 € par an) et de s’acquitter d’une participation de 3 € par séances. Les séances ont lieu dans la salle Lissenko des Studios Albatros, 52 rue du Sergent Bobillot à Montreuil (Métro Croix de Chavaux) et durent 3h : de 20h00 à 23h00.

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Published by François Duconseille - dans CLASSES OUVERTES
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