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22 avril 2007 7 22 /04 /avril /2007 11:53
(CAP)*                               prononcer « capétoile »

Classes ouvertes 2006-07                 lundi 02 avril 2007
http://capetoile.over-blog.com/

La prochaine classe ouverte n’aura lieu que le 30 avril.

Modératrice

Dominique Aru assistée de Bernard Bloch

Participants

Chloë Houbart, Françoise Retel, Christine Gagnepain, Philippe Lanton Marie-Hélène Verkoven.

Le laboratoire du « bien commun ? »


> Rappel et discussion sur la séance du 26/03.

 - Françoise fait état d’une satisfaction sur la séance précédente, qui semble être partagée par tous les présents. La continuité de la séance est saluée par tous, notamment la relation riche qui s’est instaurée entre le travail du corps et celui du texte.
On apprécie le fait d’avoir pu revenir sur le texte de Beckett à deux reprises. Ce qui a permis de lui donner le temps de mûrir pour chacun des participants.
Il y a eu notamment une relation très productive entre le texte de Beckett et les photos de Roman Vishniac.

- Chloë souhaite cependant que le travail se développe. Que nous cessions d’accumuler de la « matière ». Il y a, à son sens, risque d’inflation de matériau. Accrochons-nous à certaines « trouvailles », à une « matière » et tirons-en le fil. Nous commençons à nous connaître, ce qui pourrait nous permettre d’aller plus loin dans la construction d’objets communs.

- Françoise n’est toujours pas impatiente de passer la phase du glânage de matière…

- Chloë insiste alors sur la nécessité absolue d’un regard extérieur lors d’une impro. Elle exprime son réel sentiment de malaise lors de l’impro du 26/03, quand l’absence de regard extérieur lui a tant pesé qu’elle a préféré sortir de l’impro.

- Marie-Hélène, qui n’avait pourtant pas été présente le 26/03, a le sentiment d’avoir participé à la classe ouverte grâce au compte-rendu qui en a été réalisé, notamment le CR sonore.

- Françoise n’a pas de proposition pour aujourd’hui, mais elle n’a pas cessé d’y penser et de travailler la séance précédente pendant toute la semaine. Quoi qu’elle fasse !...

Proposition de Philippe

Philippe propose au groupe un texte d’Eugène Zamiatine Nous autres. Un roman dont il nous lit les quinze premières pages. Zamiatine est un écrivain russe de science fiction, mathématicien, ingénieur. Né en 1884, il quitte l’Union soviétique au début des années trente, en butte au Stalinisme, et meurt à Paris en 1937.

Le texte qui se présente sous la forme d’une quarantaine de notes, dont le personnage principal se nomme D 503. Il rencontre notamment deux femmes : O 90, avec laquelle il a une relation strictement sexuelle, et I 330, avec laquelle se construit une relation amoureuse. Ce type de relation est interdite dans ce monde totalitaire. L’amour étant le paradigme de la subversion. Dans l’univers décrit par Zamiatine, tout est transparent, les bâtiments sont en verre. Seuls les moments consacrés à l’hygiène sexuelle peuvent être secrets. On les appelle les heures sexuelles.

L’en commun, semble nous dire Zamiatine est précisément ce qui nous échappe…

Première improvisation

Elle est muette et durera environ 20 minutes.
Bernard interprètera le rôle de D 503, Chloë celui de 0 90, la femme tarifée, Christine celui de I 330, l’amour subversif, François celui de S l’homme dans la norme et Marie-Hélène celui du gardien de tout ce petit monde. Le tout sur une musique composée par François Sardi, collaborateur des spectacles de Philippe.
Une véritable histoire muette est en train de se construire. Sans début ni fin comme le monde totalitaire de Zamaitine. Comme si les personnages se connaissaient depuis toujours. Le personnage de S, l’homme normal, pourtant le moins impliqué dans les histoires trop humaines des autres, est central. Le gardien, lui, délimite placidement l’espace, il marque les limites que les autres ne doivent franchir à aucun prix.
D 503, touché par l’amour de I 330 redevient animal. 0 90, dont la bouche ronde, comme son nom, fait des bulles vers les autres, tous les autres…

Deuxième improvisation

Elle durera 15 minutes et des bribes de textes seront prononcés.

Les personnages restent les mêmes, mais des photos sont éparpillées sur le sol. Elles sont censées provenir d’un lointain passé avant que le monde ne soit devenu total, normé. Un sixième personnage a été rajouté : R 113, poète, ami de D 503 interprété par Philippe.

Les photos produisent sur les personnages des réactions très violentes de dégoût, de peur.

Commentaires

I 503, en vient presque, dans une danse / étreinte inspirée par la photo qu’elle contemple, à assassiner 0 90.
Photos impossibles pour les uns, insupportables pour les autres, ultimes et uniques sources de sentiments pour d’autres…
Pour R 113, une photo bleutée qu’il montre à tout le monde, représente l’amitié retrouvée.
S, lui, se trouve bien dans le monde tel qu’il est. Le monde d’avant, encombré d’affects, de sentiments et de désirs, lui semble dégoûtant et nul.
Quant au gardien, sa fonction bien précise lui permet au moins d’être.

Les photos

Proposées par Dominique, elles ont été désolidarisées de leur légende. Nous les lisons après l’impro et apprenons qu’elles sont tirées du supplément du Monde : Le monde 2 (dont tous s’accordent à dire du mal !).

- Photo d’une très vieille femme : voyeurisme de la souffrance et du malheur d’autrui
- Un homme renfermé devant une vieille armoire : il s’agit d’Edouard Michelin, les secrets de famille
- La femme douce dans une lumière de la même eau : C’est le fille d’un dignitaire nazi
- Le mécanicien buriné et sympathique : un vétéran des mers du Sud
- La photo bleue qui ressemble à un sexe de femme : un morceau de tôle trouée dans un bâtiment en destruction.

La photo que regardait Chloë (la vieille femme) lui rappelait un saoudien qu’elle a croisé dans un atelier-théâtre qu’elle dirigeait. « Sourcils drus,yeux clairs et pétillants, cheveux crépus et nez rentré. Mâchoire carrée. »
Il était là pour apprendre le Français. Cet homme mutique lui faisait peur sans qu’elle sache pourquoi et elle lui a demandé de le prendre en photo.
Cette violence qu’elle évoquait en paroles est à mettre en rapport avec la violence provoquée chez D 503 (joué par Bernard).

Deuxième lecture

Riches de ces deux improvisations, nous écoutons les deux notes suivantes du texte de Zamiatine. La 6 et la 7.
Où l’on découvre que la liberté et le crime ont partie liée. Confirmation de nos intuitions inconscientes : l’amour délivre de l’Etat, mais ouvre la voie au crime…        
 
 

 









Les prochains lundis

30 avril, 7, 14, 21 mai

Les classes ouvertes sont ouvertes à qui veut. Il suffit d’avoir seize ans révolus, d’adhérer à l’association des Amis de (CAP)*(15 € par an) et de s’acquitter d’une participation de 3 € par séances. Les séances ont lieu dans la salle Lissenko des Studios Albatros, 52 rue du Sergent Bobillot à Montreuil (Métro Croix de Chavaux) et durent 3h : de 20h00 à 23h00.

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Published by François Duconseille - dans CLASSES OUVERTES
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