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31 mars 2007 6 31 /03 /mars /2007 08:31
(CAP)*                      prononcer « capétoile »

Classes ouvertes 2006-07                      lundi 19 mars 2007
http://capetoile.over-blog.com


Modérateur

François Duconseille assisté d’Olivier Renouf

Participants

Thierry Gary, Chloé Houbart, Françoise Retel, Sophie Cohen, Anne Brissier, Laure Pierredon, Raphaelle Gitlis, Paule Uzan, Christine Gagnepain, Mathilde Riss

Le laboratoire du « bien commun ? »

Françoise a apporté la photographie de Madeleine, cette petite fille déportée et disparue un temps de sa mémoire. Elle nous la confie pour que l’histoire de Madeleine soit connue et pour que « tout ce qui permette de faire vivre cette mémoire soit fait », la voici ainsi que le texte que Françoise a écrit pour accompagner cette photographie

Quand j’écrivais mes souvenirs de guerre, je me suis étonnée de me remémorer des noms que je croyais avoir complètement oubliés ; il s’agissait des noms de rues ou bien celui de personnes. C’est ainsi que je retrouvais les noms des copines ; pourtant je n’arrivais pas à me souvenir du nom de cette copine, à ma gauche en classe de quatrième, elle qui fut arrêtée au printemps de l’année 1944. Je me suis dit alors que ma mémoire allait travailler et que cet oubli allait lui même disparaître, mais le temps passait et ce nom me fuyait toujours. C’est alors que j’ai eu l’impression de participer à cet anéantissement qui avait mené cette copine à Auschwitz.

J’ai d’abord pensé que je pourrais retrouver son nom grâce au mémorial de la Shoah en connaissant son lieu d’arrestation de l’époque… en vain. Puis avec l’aide du minitel, j’ai eu l’idée d’écrire à un vieil ami (…) qui devait connaître la famille de ma copine car il habitait à l’époque dans le même petit immeuble sue les quais de la Corrèze. Pierre Roubinet m’a répondu par retour de courrier. Ma copine de classe s’appelait Esther Messer, mais j’ai du la connaître sous le nom de Madeleine car elle avait abandonné son prénom trop biblique. Sa sœur se prénommait Sarah.

Je suis allée au mémorial de la Shoah. J’ai trouvé son nom inscrit sur le mur avec ceux des déportés de l’année 1944. Elle est partie avec sa mère et sa sœur de Drançy, le 29 avril 1944 par le convoi 72. J’ai pu lire le nom de Messer pour des déportés arrêtés en 1942 et 43, étaient-ce des membres de sa famille

Dans les bureaux du mémorial on m’a donné la photo d’Esther, de Sarah et de leur mère Anna, probablement prise quelques années avant leur déportation, sans doute avant guerre.


Nous faisons le traditionnel tour de table sur la séance précédente et parlons sur l'improvisation avec les photos, à partir du film sarabande de Bergman.

Françoise explique être repassé la deuxième  fois  pour dire qu'elle n'aimait pas les photos et les gens qui posent qui lui font penser à " qui reposent" comme dans les cimetières "ici repose"
re-pause ? dit François?

Thierry se pose la question de la pertinence de l'exercice après ce qui s'était passé et trouve que ce n'était pas évident pour des non comédiens, ce n'est pas l'avis de tous

Chloé dit plutôt qu'elle ne s'est pas sentie confortable car le temps manquait pour développer quelque chose

Françoise explique qu’elle a été confrontée à une coïncidence troublante et bouleversante : au dos de  la photo était écrit l"1941 en remontant la cannebière "et que la dernière photo de son oncle était aussi en 1941 à la cannebière avant d'être déporté. Elle ne pu en parler sur le coup.
 
Raphaëlle demande qui avait apporté les photos .

Thierry explique à nouveau l'exercice proposé (c.f compte-rendu du 19 mars)

Cela évoque à Raphaëlle le film de Jean Eustache " Les photos d'Alix"
c'est un film sur une femme qui s'appelle Alix et commente des photographies qu'elle a faites, mais petit à petit  il y a un décalage entre ce qui est dit et ce que l'on voit. Il y a comme un glissement imperceptible dans la folie. C'est un film intéressant sur ce qu'on retient, un questionnement sur le spectateur, sur ce qu'on lui fait " gober". Dans un autre film d'Eustache "une sale histoire" il y a une séquence racontée par quelqu'un qui n'est pas comédien et ensuite les mêmes mots exacts dits par Michael Lonsdale avec son style clinique et l'on assiste à deux histoires totalement différentes.
On  revient au rapport de photo et de la réalité objective?

Chloé : « la photo pose la question de ce qu'on voit et ce dont elle témoigne » elle parle d’une expo où l'on voyait des photos d'enfants très beaux, en s’approchant on pouvait lire en commentaire en bas de l’image toute l’horreur des meurtres qu'ils avaient commis car c’étaient des enfants soldats… trouble.

Laure : "les photos sont trompeuses comme cette photo d'un jeune noir qui court les bras levés mais qui en fait vient de recevoir une balle dans le dos".

Christine : nous sommes dans le siècle de l'image et l'on a encore du mal à décrypter
Une image  peut –être manipulé pour toutes les fins possibles. On peut les décoder par le cadrage; un  détail raconte une chose, un gros plan une autre, plus le cadre s'agrandit encore autre chose... On ne peut plus prendre pour argent comptant les  photos.

Laure revient sur l'improvisation de la semaine précédente et pense qu'on est là dans un état de recherche, on fait des brouillons, parfois c'est à côté de la plaque d'autre fois on touche plus juste. Chacun et aussi libre de rebondir.

François dit  justement qu'on a été sage de  se donner  du temps, et précise que le rôle du modérateur est celui qui est en retrait et accueille les propositions pour organiser les séances, il peut proposer une mise en route physique pour basculer dans les actes., et qu'en mai, nous referons une mise au point pour décider des orientations.

Tour des propositions:
Laure apporte des extraits de « l'Innommable » de Beckett (voir pièce jointe) car pour elle, la peur, la solitude font partie du bien commun : la solitude face à la peur. Elle  aurait envie de mettre en parallèle « Euréka street » et Beckett. Dans « l'Innommable » il y a des verbes, du rythme qui appellent la physicalité.

Chloé veut bien continuer sur les portraits :elle a une photo, mais elle est encore dans l'appareil.

Beaucoup s'accordent à reconnaître que  la séance d'écriture du rêve individuel sur une photo en commun était riche et fertile. ( du mécano + le protocole). François propose que le travail autour des photos soit une des" figures" possibles du B.C

Sophie a une photo

Chloé demande à Françoise si elle veut que l'on fasse quelque chose avec la photo d'Esther  Messer qu'elle a apportée. Françoise raconte l'histoire de cette photo à ceux qui n'étaient pas là (c.f pj+ CR du 19/03-)

François propose deux pistes de recherches : Beckett puis le rêve à partir de la photo de Sophie

Olivier organise un échauffement où il est question de ne jamais s'arrêter toujours être occupé à quelque chose, prendre l'action, le geste d'un(e) autre : sorte d'imitation contamination, agitation

Premier « set » , « L’innommable » de Beckett
Laure introduit le texte qu’elle a en partie découpé 1 groupe lit entourant un autre groupe qui improvise sur les consignes précédentes + l'écoute du texte + utilisation du souffle

Pour 2e set: on intervertit les groupes et enlève le son au groupe physique pour mieux entendre le texte, les lecteurs sont regroupés, ils improvisent aussi différentes manières de dire.

3e set: rêve du personnage photographié
Même configuration  un groupe sur le plateau l'autre fait le rêve commun tout en étant influencé par les actions physiques du groupe mouvant. Raphaëlle intervient musicalement avec la guimbarde.
François enregistre le tout.
































 Roman Vishniac


Les prochains lundis

2 avril >>> 23, 30 avril

Les classes ouvertes sont ouvertes à qui veut. Il suffit d’avoir seize ans révolus, d’adhérer à l’association des Amis de (CAP)*(15 € par an) et de s’acquitter d’une participation de 3 € par séances. Les séances ont lieu dans la salle Lissenko des Studios Albatros, 52 rue du Sergent Bobillot à Montreuil (Métro Croix de Chavaux) et durent 3h : de 20h00 à 23h00.

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Published by François Duconseille - dans CLASSES OUVERTES
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