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22 janvier 2007 1 22 /01 /janvier /2007 01:30
(CAP)*                                      prononcer « capétoile »

Classes ouvertes 2006-07 >>>> lundi 15 janvier 2007
http://capetoile.over-blog.com/

Modérateurs

Olivier Renouf et Isabelle Rèbre

Participants

Françoise Retel, Florence Vallot, Sophie Cohen, Morgane Lombart, Jehanne Gaucher, Marie-Hélène Verkoven, Raphaelle Guitlis, François Duconseille et Bernard Bloch

Le laboratoire du « bien commun ? »

Nous parlons de la dernière classe où une peinture a été réalisée en commun : ceux qui y ont participé (la majorité des présents) parlent des difficultés et du plaisir de ce travail en commun.

Chacun se rappelle de l'extrême concentration et du silence qui l'a entourée.
 
Françoise émet l’hypothèse que les endroits les plus intéressants étaient ceux faits par un individu et intouchés par d’autres. Morgane et Françoise parlent des difficultés à aller sur certaines zones où elles n’osaient pas mettre leur empreinte. Il y avait quelque chose d'animal dans la façon dont se déroulait cette peinture et la relation aux autres participants. Isabelle remarque que cela lui fait penser à l’histoire du collectif de peintres dans les années 70 qui s’appelait les Malassis et ils réalisaient des fresques collectives en criant : « à mort l’artiste individuel ! »

Françoise pense que l’intervention de Marie-Hélène qui a collé des bouts de papier blanc par-ci par-là comme des pansements, a donné une unité à la composition. Sophie dit que cela a été un « moment commun » et Morgane pense que la prochaine fois, quand quelque chose de fort ensemble se produit, il faudrait que l’un de nous prenne les rennes pour poursuivre le processus.

Tous constatent que la peinture en commun a été un moment fort, renvoyant à l’enfance dit M. et qu’il fut difficile de revenir à la parole. La question est comment reprendre la parole, l’énonciation après du geste et du silence.

Puisque trois des participants ne connaissent pas la peinture, l’idée est lancée d’aller la chercher et d’improviser un pseudo vernissage : les « artistes » se remettent en place devant la peinture dans des gestes, des attitudes qu’ils tentent de retrouver ; les 3 visiteurs découvrent la scène, la peinture et jouent le jeu de ce drôle de vernissage.

Raphaëlle, François et Isabelle sortent un moment et pénètrent à nouveau dans la salle ; les « peintres » sont pieds nus, dans une grande concentration ; une table est dressée avec des verres, du vin etc…
Alors que les 3 visiteurs tournent autour de la fresque, les corps par terre se mettent à bouger lentement, début de chorégraphie, déplacement de corps, jeu de poids… les 3 spectateurs regardent en silence. Isabelle sort puis revient et finit par lancer des verres en plastique sur les plasticiens interrompant la scène: on boit…

Discussion.
 
Ce sont d’abord les 3 spectateurs (ceux donc qui n’avaient pas participé à la fresque) qui donnent leur sentiment :

Francois a trouvé très intéressant de voir ce qu’il se passait entre les participants, visiblement quelque chose de fort, même si le sens des actions demeurait énigmatique. Cette curieuse idée de « mimer » la peinture n’est pas sans intérêt. C’est une posture qui pourrait être reprise sur une plus grande surface, pourquoi pas sur tout un sol, un tapis de danse par exemple, cela pourrait produire un projet chorégraphique à par entière.

Raphaëlle dit qu’elle n’a pas pu jouer le jeu du vernissage, qu’elle ne s’est pas sentie libre de jouer parce qu’elle n’avait pas été accueillie ou été invitée par quelqu’un.

Isabelle dit qu’elle s’est sentie exclue et qu’elle s’est retrouvée dans une position de voyeur assez désagréable car face à des gens qui vivaient une chose entre eux et pour laquelle elle n’avait aucune porte d’entrée ; c’était une histoire qui leur était propre et qu'elle ne pouvait pas partager, ce qui l’a amené à sortir de la salle.

François dit que lui aussi s’est senti en dehors, mais que cela ne lui a pas posé de problème, cela ne l’a pas empêché d’être touché par ce qu’il percevait de la relation forte entre les participants. Peut-être, remarque-t-il, manquait-il dans le dispositif les crânes de papier qui étaient présents au moment de la peinture ? Cet élément plus lisible aurait peut-être pu servir de porte d’entrée à la compréhension de l’action qui se déroulait.

Discussion autour du commun qu’on partage et avec qui ? Le commun dans le groupe et le commun avec l’extérieur…

Peut-être a t-on avancé trop de propositions dit Olivier et que le sentiment d’exclusion vient de la confusion. Qu'il faut peut-être être plus restrictif et précis dans les propositions. Morgane dit son envie d’instaurer entre nous un rituel au début des classes. Quelque chose qu’on inventerait, de physique, qui nous serait propre et qu’on referait à chaque fois pour mieux entrer ensemble dans la séance.

Olivier propose de se mettre en cercle et que chacun vienne à son tour au milieu du cercle faire un geste, qui peut être accompagné de sons, que les autres reprennent. S’inscrit ainsi à plusieurs une phrase que l’on pourra refaire, un peu comme le taï chi.
François met un grand tapis au milieu du cercle, qui devient rectangle.
On y va. Gestes, cris etc…
François replie en partie le tapis puis Isabelle prend des chaises qu’elle met sous le tapis pour en faire une forme de tente.





















La tente devient monstre, François en est une victime coincée entre 2 chaîses. Isabelle reconstruit la tente, puis aligne des chaises. Ça tourne à l’improvisation. Paroles, mime, un gardien du « corps », « depuis combien de temps il est là ? », musique, chant, une porte claque. Des musiciens tournent autour du corps. La lumière s’éteint, la marche continue un moment. On finit dans le noir et le silence.

Quelques mots échangés après, mais là encore, difficile de parler après une improvisation. On parle du mystère que peut générer le caché ( qu’y avait il sous le tapis ?), On évoque la performance de Beuys avec le coyotte. On constate tous la force du silence sur lequel l’improvisation s’est terminée.

Fin de la séance

Les prochains lundis

22, 29 janvier et 5 février
La séance du 5 février, sera consacrée à faire une recension et une sorte de bilan des séances qui auront eu lieu depuis début novembre, dans le but de commencer à approfondir le matériau rassemblé.
Les classes ouvertes sont ouvertes à qui veut. Il suffit d’avoir seize ans révolus, d’adhérer à l’association des Amis de (CAP)*(15 € par an) et de s’acquitter d’une participation de 3 € par séances. Les séances ont lieu dans la salle Lissenko des Studios Albatros, 52 rue du Sergent Bobillot à Montreuil (Métro Croix de Chavaux) et durent 3h : de 20h00 à 23h00.

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Published by Paul Verstraten - dans CLASSES OUVERTES
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