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18 novembre 2006 6 18 /11 /novembre /2006 05:53
(CAP)*          (prononcer « capétoile »)
Classes ouvertes 2006-07                                  
lundi 13 novembre 2006
Modérateurs
François Duconseille et Olivier Renouf
 
Participants
Bernard Bloch, Jehanne Gaucher, Régis Bonvillain, Béatrice Duport, Philippe Dormoy, Paule Uzan, Florence Vallot, Chloé Houbart, Marie Mézière, Laure, Marie-Hélène Verkoven, Sophie Cohen…
 
Pratique
> Le blog du « bien commun? » est ouvert, il a été créé par Paul Verstraten l’ami de Paule Uzan, on l’en remercie.
 
> un classeur est disponible pour recueillir les textes et documents que vous souhaitez mettre en partage, pensez à faire des photocopies.
 
Le laboratoire du « bien commun ? »
> Rappel et discussion sur la séance du 6 et principalement sur la proposition d’Olivier, il est évoqué le trouble qu’a produit cette expérience pour la plupart des participants. Marie parle de la mémoire très diffuse du texte qu’elle n’a pu entendre, Paule évoque la gêne ressentie par le fait d’être doublement touchée (physiquement et émotionnellement). On parle aussi de la violence produite par la dichotomie entre l’action de s’occuper du corps de l’autre et de ce que le texte disait. Le texte passait par la sensation, nous étions très (trop) perméables, comme en état de rêve….
d’où les questions :
-          où est le rêve dans le bien commun ?
-          comment rêver ensemble ?
-          comment partager un rêve ?
C’est le sentiment de discontinuité produit par l’expérience proposée par Olivier qui amène au rêve. Il est aussi question des corps et des corps démembrés des victimes comme pouvant être nos propres corps, « l’autre est beaucoup de moi-même ». L’attentat surgit en effet comme une irruption du réel dans la réalité quotidienne. « Cela pourrait arriver à chacun de nous, n’importe quand » dit Philippe. La mort brutale comme surgissement du réel dans la réalité banale fait aussi partie de ce bien (mal ?) commun. Cette expérience a aussi produit un sentiment de densité des corps en présence.
 
> François évoque ce que cela interroge sur la place du spectateur, sur la façon dont le dispositif génère une perception du texte très particulière, immersive (si vous avez Acrobat Reader, vous pouvez consulter le dossier du colloque ESAD-Mouvement sur la place du spectateur ici)
 
> Marie M parle du collectif de Mathilde Tiss qui travaille sur la perception sensorielle.
 
> Béatrice évoque Le maître fou de Jean Rouch, film présentant un rituel de possession dans la brousse du Ghana, durant lequel les participants rejouent des parades coloniales anglaises et s’exorcisent ainsi de la présence des chefs coloniaux, s’exorcisent d’un « mal commun ».
 
> Bernard lit un extrait de L’enfant criminel de Jean Genet, et évoque la délicate question de l’attitude à avoir face à la jeunesse délinquante. Il revendique le fait de reconnaître aux délinquants leur désir du mal. La punition assumée, comme reconnaissance de la transgression, créant au moins une échelle de valeur commune entre le délinquant et la société (bien commun ???) qui peut être bénéfique.
 
> Philippe D présente Peines de mort – histoire et technique des exécutions capitales de Martin Monestier, qui suscite une discussion passionnée sur la question de la peine de mort et de la façon dont les exécutions publiques « produisent » du bien commun, ou tout au moins de « l’en commun ». D’où toutes les variations du sens du mot « bien ».
 
> Marie M évoque Raphael, dernier jour de Gregory Mac Donald histoire d’un homme qui vend sa mort pour faire vivre ses proches
 
> Béatrice souhaite que l’on n’oublie pas le rôle du pouvoir dans l’usage fait du spectacle de la violence et de la mort
 
> Marie M présente sans le lire L’histoire du communisme raconté aux malades mentaux de Mattei Visniec (une lecture sera proposée prochainement)
 
> Olivier propose une mise en corps autour de la marche, à la recherche d’un corps commun au groupe
 
> la séance se termine par une lecture assis de l’extrait de Eureka street de Robert Mc Liam Wilson, lu le 6 en mouvements et en action
 
Commentaires
> le debriefing de la séance précédente est nécessaire, mais doit être limité dans le temps pour ne pas trop empiéter sur les propositions de la soirée
 
> les propositions de chacun ne doivent, si possible, pas se limiter à la livraison d’une idée ou d’un texte. Elles sont à penser et à préparer pour créer un « événement » sensible et éviter que l’échange se limite à un débat d’idées sur un objet présupposé mais pas encore éprouvé
 
Tentatives de définitions du « bien commun ? » (à compléter au fur et à mesure)
> l’énergie qui circule entre les corps (cf proposition Olivier du 6) > la « fête » en arrière fond
> l’autre comme une partie de soi-même
> une densité de présence des corps
> ce qui nous appartient et que l’on partage
> à quoi peut bien ressembler un rêve commun 
 
Le lexique du « bien commun ? » (à compléter au fur et à mesure)
Un bien, le bien, bene, un lieu commun, un lieu public, la place, le forum, la ville, la chaise, la commune, les communs, le commun des mortels, commun, la communale, l’école, la classe (morte, cf. T. Kantor), la table, les bains-douches (le bain commun), le bitume, le trottoir, les chaussures, l’enfance, le langage, la mort (le lot commun), la pluie, la gravité (universelle), ce qui « est à tout le monde », les transports en commun, ce (ceux) qui s’oppose(nt) à la société (le diable, la pollution, les délinquants)…
 
Bibliographie et documentation
Eureka street de Robert Mc Liam Wilson (1996)
Un enfant de Thomas Bernhard
Façons d’endormis – façons d’éveillés d’Henri Michaux (éd. l’Imaginaire Gallimard)
La classe morte de Tadeusz Kantor
Mal vu, mal dit de Samuel Beckett (éd. De Minuit)
Le design d’exclusion – photos de Marc Pataut
La bible
L’histoire du communisme raconté aux malades mentaux de Mattei Visniec
Les villes invisibles d’Italo Calvino
La ville, la rue et le commencement de la politique. Le monde rêvé de Chloé par Michel Agier
Le maître fou de Jean Rouch
L’enfant criminel de Jean Genet
Peines de mort – histoire et technique des exécutions capitales de Martin Monestier
Raphael, dernier jour de Gregory Mac Donald
 
Mémoire – traces
> François (enregistrements sonores de discussions + photos)
 
Règle du jeu (rappel)
Le laboratoire du « bien commun ? » est un temps d’expérimentations conçu comme un jeu collectif. L’expérience de chacun est proposée au groupe, premier public, premier critique ; elle se construit pour et par ces premiers regards, ces premières paroles. La succession des rencontres constitue une communauté de création existant aussi bien dans les actions singulières de chacun de ses membres, que dans la mise en œuvre de/d’un projet(s) commun(s). La seule règle  étant : “ Expérimenter avant de dire ”. C’est à partir de ce qui se met en jeu que se construit la rencontre et s’élaborent les projets.
Concrètement, chaque lundi sous le regard et l’écoute de deux des membres fondateurs de (CAP)*, chacun des participants de la séance vient proposer un « acte » aux autres participants, qui eux-mêmes peuvent (ou non) rebondir sur la proposition. L’acte s’empare indifféremment de tous les supports possibles (texte, images, corps, sons, espaces…), sa validité réside dans ce qui le constitue comme fragment potentiel de l’écriture d’un projet commun. Les actions menées dans le laboratoire sont systématiquement captées sur un support audiovisuel ou textuel. Une mémoire de l’atelier se constitue, permettant le travail d’analyse et de critique, puis l’élaboration progressive du projet final.
 
Il est possible d’utiliser de la vidéo ou du son, sous réserve de nous prévenir à l’avance pour que l’on prévoit le matériel nécessaire.
 
Les prochains lundis
Novembre : 20 ; décembre : 4, 11, 18
Les classes ouvertes sont ouvertes à qui veut. Il suffit d’avoir seize ans révolus, d’adhérer à l’association des Amis de (CAP)*(15 € par an) et de s’acquitter d’une participation de 3 € par séances. Les séances ont lieu dans la salle Lissenko des Studios Albatros, 52 rue du Sergent Bobillot à Montreuil (Métro Croix de Chavaux) et durent 3h : de 20h00 à 23h00.

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Published by François Duconseille - dans CLASSES OUVERTES
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